DE LA FORCE , TROISIESME VERTU
Préface.
Les deux vertus précédentes reiglent l'homme en compagnie et avec autruy : ces deux suivantes le reiglent en soy et pour soy, regardent les deux visages de la fortune, les deux chefs et genres de tous accidens , prospérité et adversité : car la force l'arme contre l'adversité, la tempérance le conduit en la prospérité : modèrent les deux parties brutales de nostre ame , la force reigle l'irascible , la tempe-
' Ce n'est pas un petit mérite que de plaire aux grands. (Horace, Episl. XVII, V. 35.)
^ Il ne faut pas paroilic les craindre ou les fuir. On a l'air de blâmer celui dont on évite la présence. (SÉinèque. Ep. xiv. )
rancela concupiscible. Toutes ces deux vertus pourroient estre comprinses et entendues par ce mot de constance , qui est une droicte et equable fermeté d'ame pour toutes sortes d'accidens et choses externes, par laquelle elle ne s'esleve pour la prospérité, ny ne s'abaisse pour l'adversité, nec adversis frangitur nec prosperis œstuat ' .