CHAPITRE II
L'histoire de la salipyrine ne date que de 2 ans. Ce sont les Allemands qui les premiers et presque les seuls l'ont étudiée.
ILest vrai qu’un Italien, Randozza (1),réclame la priorité pour ses recherches. Il à, dit-il, expérimenté la salipyrine de mai 1888 à mars 1889 dans la clinique du professeur Feletti. Mais comme il n’avait pas reconnu à ce médicament des propriétés supérieures à celles de ses composants et qu'au contraire, à dose égale, il obtenait des effets moins prompts et moins sûrs, il n’a pas voulu publier alors ses résultats.
Guttmann (2), qui le premier en Allemagne, expérimenta le nouveau médicamment tire de ses observations les conclusions suivantes :
1° La salipyrine abaisse la température. Mais pour atteindre ce résultat il faut une dose journalière de 6 gr. donnés d’heure en heure. :
Voici du reste son mode d’administration : première dose de 2 grammes, puis d’heure en heure quatre doses
(1) Gaz. degli Ospitali, 1890.
(2) Berl. klin. Wochensch, 1891,
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de 1 gramme. La température minima s’observe après que 3 ou 4 grammes ont été pris. Ensuite la température remonte; cependant il lui faut 4 ou 5 heures pour atteindre sa hauteur initiale. En même temps que baisse la température, le pouls diminue de fréquence.
2 La salipyrine produit des effets heureux dans le rhumatisme articulaire aigu : diminution de la douleur et du gonflement des articulations dont la mobilité revient peu à peu. Elle ne protège pas contre les récidives.
3° Elle réussit également dans le rhumatisme chronique et dans la sciatique rhumatismale.
4 Son emploi n’amène point de phénomènes d’intolérance fâcheux. Dans un seul Cas, il a observé un érythème médicamenteux, et cependant beaucoup de ses malades ont pris journellement pendant une, deux semaines et plus des doses de 6 grammes.
Enfin pour lui la salipyrine répond aux mêmes indications que l’antipyrine ou le salicylate de soude. |
Oscar Kollmann (1) à obtenu également d’heureux résultats dans le rhumatisme. Il a trouvé dans ce médicament un antipyrétique puissant et résolvant. Contrairement à Guttmann, il croit qu’en règle générale la dose de 6 grammes est trop forte ; même avec des doses de 3 grammes il a vu se produire des symptômes alarmants. En tous cas, avant de se risquer à employer des doses trop élevées, il est prudent d’éprouver la susceptibilité individuelle. De l'étude des symptômes qui se produisirent chez un de ses malades dont nous rapportons l’observation dans notre dernier chapitre, Kollmarin conclut que l’action
(1) Münch. med. Wochenschirft, 1891.