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de la salipyrine est dûe à une excitation des nerfs vasomoteurs et de leur centre,
Argo (1) fait de la salipyrine le plus bel éloge. Ce médicament a, d’après lui, sa place marquée bien avant l’antipyrine et le salicylate de soude qu’il est appelé à détrôner. En 15 minutes il apaise des hémicranies ; à. la dose de 1 à 3 grammes par jour, il guérit rapidement les coryzas, le rhumatisme aigu, le rhumatisme chronique et la goutte. Mais où son influence se montre surtout efficace, c’est dans l’influenza. Avec Mosengeil il en fait le spécifique de cette affection; et même, il déclare que la salipyrine, ordonnée dès le début d’une attaque de grippe, a sur elle une action « inhibitrice ». Ces résultats merveilleux qu'Argo a obtenus dans l’influenza sont contredits par le docteur Witting (2). Celui-ci soumit 80 grippés au traitement par ce.« spécifique » sans effets remarquables. Le salicylate de soude s’est même montré bien supérieur.
Notons en passant que cet auteur reconnaît pourtant à la salipyrine une action favorable sur le rhumatisme. Dans trois cas, où lesalicylate de soude et le salol avaient été administrés sans succès, la salipyrine amena la guérison.
Hennig (3), qui lui a consacré le plus long travail, lui reconnaît des effets merveilleux. Il recommande le mode d'administration suivant qu'il a été amené à appliquer à la suite d’études comparatives faites avec le salicylate de soude. Il donne la salipyrine dans l’après-midi entre trois et cinq heures à la dose d’un gramme à des
(1) Thér. Monatsh., 1892.
(2) Thér. Monatsh., 1892.
(3) Deut. med. Wochenschrift, 1891.
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intervalles variant d’un quart d'heure à une heure. La dose journalière est de trois à huit grammes.
Dans quelques cas, dès que le malade a pris un à deux grammes du médicament, on a une diminution de température de quelques dixièmes; si la dose est de quatre à six grammes, l’abaissement est de 1°à 2+C. : il fut de 2°3 dans un cas où l’on avait prescrit huit grammes. La chûte de la température est proportionnelle à la dose : le minimum survient environ deux ou trois heures après l'ingestion de la dernière dose, mais ne persiste guère plus de deux heures. Puis la fièvre reparaît, mais atteint rarement sa hauteur primitive.
A côté de cette action antithermique il obtient, avec des doses suffisamment fortes et données à intervalles relativement rapprochés, une influence très heureuse sur les articulations. La tension et la douleur diminuent, les mouvements reviennent peu à peu, en même temps le gonflement disparaît. Il a constaté que, dans certains cas, à la suite de l’administration de fortes doses pendant plusieurs jours consécutifs, il se produisait des sueurs très abondantes, quoique moins fortes qu'avec le salicylate de soude.
Dans le plus grand nombre d’observations, les symptômes aigus disparaissent en 6, 12, 24, 48, 72 heures; mais pour éviter les récidives il est bon de continuer le traitement pendant huit ou quinze jours en diminuant progressivement les doses.
En somme, Hennig est si convaincu de la spécificité de la salipyrine dans le rhumatisme aigü, qu’il met sur le compte d’une erreur de diagnostic les cas où elle échoue.
Il a obtenu également d'excellents effets dans les formes
de rhumatisme chronique et même dans les affections goutteuses.
Voici la conclusion de son travail : « Après une comparaison loyale avec les autres médications semblables, jJ'affirme que la salipyrine est, dans le traitement des affections rhumatismales, la meilleure du groupe des préparations salicylées. »
Les propriétés rhnumatismales de ce médicament sont également vantées par le D' Trachtenberg (1), médecin de l’hôpital d’'Helsingfors. Il rapporte le cas d’un malade atteint de polyarthrite rhumatismale aigüe et traité sans succès pendant deux mois et demi par tous les moyens imaginables ; salicylate de soude (8 grammes par jour), antipyrine, salol, acétanilide, phénacétine, injections sous-cutanées d’eau phéniquée à 1/100, colchique, bromure de sodium, enveloppements ouatés, frictions avecl’onguent mercuriel et l'essence de térébenthine sur les jointures malades, cataplasmes, compresses chaudes. Malgré tout, fièvre, douleurs et symptômes articulaires persistaient et le malade s’affaiblissait de plus en plus. Alors on essaya la salipyrine eton administra cinq cachets de 1 gramme par jour. Dès le lendemain on eut une amélioration frappante : fièvre, douleurs et gonflement articulaire avaient notablement diminué et, pour la première fois depuis 10 semaines, le malade avait passé une bonne nuit Au bout de huit jours de traitement tous les symptômes avaient disparu, mais les articulations, par suite de leur immobilité prolongée, avaient conservé de la raideur. Le massage et la salipyrine administrée de temps en temps,
(1) Semaine médicale, 1892. J. MATHIEU. r
à la dose journalière de 2 gr. 50, eurent raison de cette rigidité.
En résumé, à part Randozza, tous les auteurs qui ont employé ce médicament lui reconnaissent une influence considérable sur les affections rhumatismales.