ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Des localisations de la tuberculose génitale, celle de la trompe est de beaucoup la plus fréquente. Sur 119 cas rapportés par Spœæth, la statistique montre que 103 fois les trompes étaient atteintes par le processus tuberculeux, en somme dans 86, 5 °4 des cas. Dans 29 cas, les trompes étaient le siège unique de l'affection, soit 16 °/,, 66 fois les trompes et l'utérus étaient atteints de tuberculose (53,8 p. 100), 5 fois les trompes, l'utérus et l'ovaire (4,2 p. 100).
Vermeil réunissant ses observations avec celles de Brouardel nous présente 94 cas de tuberculose génitale. La trompe était prise 5r fois, soit 19 fois seule, 11 fois avec l'ovaire, 7 fois avec l'ovaire et l'utérus, 13 fois avec l'utérus, r fois avec l'ovaire el le vagin.
Les lésions de l'ovaire sont rares : il en existe néanmoins plus de 200 cas dans la science (Aconci, Wolff, Guillemir, Schottlander).
Très importante, à notre avis, est la question de la fréquence de l'envahissement concomitant de l'utérus dans
les salpingites tuberculeuses, cette notion ayant autant
de valeur au point de vue clinique qu'au point de vue opératoire. Russel de Baltimore estime que, si on trouve de la tuberculose de l’endosalpinx, on est en droit de penser que l'utérus lui aussi est atteint de tuberculose et qu'à l'inverse si l'on trouve à la curette de la tuberculose de l'utérus, on peut conclure à celle des annexes. I faut agir selon lui, dans les deux cas, comme on agit avec une tumeur maligne et enlever l'utérus avec les an- HCXxXeS.
De Massia croit « qu'il est fréquent de trouver l'utérus développé, présentant les lésions de la métrite chronique, comme dans la plupart des pyosalpinx. Quant aux lésions spécifiques, on peut déjà, au simple examen de la trompe, affirmer presque sûrement si l’utérus est pris. Lorsque les lésions tuberculeuses de la trompe dépassent en effet les deux tiers externes, il y a bien des chances pour que l'utérus soit pris. Dans une observation, cette continuation des lésions d'un organe à l'autre était des plus nettes et l’on voyait parfaitement, par transparence sous le périloine, les petits foyers caséeux qui criblaient la partie interne dè la trompe envahir l'utérus ».
On sait que, dans son traité de Gynécologie, Pozzi déclare que, pour les inflammations vulgaires, salpingite el métrite sont choses connexes et que qui dit métrite dit salpingite ou mieux métrosalpingite. Dans les cas de salpingile tuberculeuse, on peut rencontrer un certain degré de métrite banale, vulgaire. C’est ainsi que dans une observation de M. Pollosson, à côté de deux trompes nettement tuberculeuses, l'utérus enlevé n'est atteint que d'endométrite glandulaire. Mais fréquemment l'utérus
est atteint lui aussi de tuberculose. Meyer sur 57 cas de