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tuberculose tubaire signale l'entérite de l'utérus dans 25 pour 100. Pour Cornil, la tuberculose de la muqueuse utérine est parallèle à celle de la trompe.
La muqueuse utérine peut être infectée, soit isolément, soit en même temps que la trompe, par voie sanguine. Il est très vraisemblable que l'utérus est infecté secondairement par les produits tubaires qui viendraient s'écouler à la surface. La tuberculose est ainsi une affection descendante et on peut admettre une phase de début dans laquelle la participation de l'utérus n’a pas encore eu lieu. Cette intégrité de l'utérus peut encore relever de l'oblitération de l’orifice interne de la trompe et de la formation d'un pyosalpinx tuberculeux fermé. Quoiqu'il en soit, nous devons tenir pour certain le fait anatomopathologique suivant: l'intégrité de l'utérus dans un certain nombre de salpingites tuberculeuses. L'utérus est pris le plus souvent secondairement, par voie descendante, tandis que dans la blennorragie, au contraire, infection ascendante, l'envahissement de l'utérus est la première élape obligatoire de l'infection annexielle, C'est ce qui divise les salpingiles en deux groupes ; un groupe présente ce caractère particulier, c’est que les lésions se localisent dans l'ovaire et dans la trompe, sans avoir au : préalable atteint la muqueuse utérine, au moins dans la plupart des cas. Dans les autres inflammations de la trompe, au contraire, les lésions suivent en général une marche ascendante, envahissant la muqueuse ulérine el quelquefois la muqueuse vaginale avant d'atteindre Ha muqueuse tubaire.
Dans les observations de la clinique de M. Polosson,
l'utérus a été enlevé quatre fois; il a élé examiné deux
pe
fois, trouvé une fois tuberculeux, une fois atteint d’endométrite glandulaire ; dans un cas, la muqueuse fut détruite avec le thermo-cautère, au cours de l'intervention, comme cela se pratique dans le procédé par hémisection; dans le quatrième cas, il ne se présentait que des fibromes, sans lésions de bacillose.
Il est fréquent de trouver à l'autopsie de malades mortes de tuberculose pulmonaire ou méningée l'utérus atteint de tuberculose en même temps que les trompes; c'est le cas de quatre observations de Braye, de deux malades citées par Beuvignon, d'une malade de Mlle Gorovitz, d'une malade de Brouardel. Delbet, Spœth, Faure Miller, Adenot rapportent des cas analogues. Beyea rapporte l'observation d’une femme de 23 ans, ayant de la leucorrhée fétide et profuse depuis trois ans et atteinte de tuberculose chronique diffuse de la portion vaginale du col, des trompes et conclut à une marche descendante de l'affection. Penrose et Beyea publient le cas d'une américaine de 30 ans et atteinte de tuberculose primilive fibreuse chronique avec calcification de la trompe droite (lésions presque exclusivement localisées aux deux liers externes) de kyste de l'ovaire droit, de tuberculose fibreuse secondaire de la muqueuse utérine d'origine salpingienne et tuberculose péritonéale secondaire.
Nous devons en revanche à l’obligeance de M. le docteur Device trois observations de tuberculeuses dont l'autopsie montra, à côté d'annexes transformées en matières caséeuses, un utérus absolument sain. 1l en est de même de la malade de M. Bret dont nous rapporterons plus loin l'observation. D'autre part, l'utérus a été trouvé sain, à
l'autopsie de tuberculeuses, par Beuvignon, par MY Go-
rovitz, par Dudefoy chez une femme morte de méningite tuberculeuse. Lovrich enlève parune hystérectomie vaginale totale deux annexes tuberculeuses et un utérus sain chez une femme de 47 ans. Kundrat, dans trois hystérectomies vaginales, a trouvé trois fois l'utérus indemne. alors que les annexes étaient nettement tuberculeuses.
Comment expliquer maintenant l’électivité de la tuberculose pour les trompes? D'abord, il semble que la forme contournée de leur cavité, leur situation horizontale dans l'abdomen, prédisposent à la stagnation des sécrétions. Sous l'influence de l'irritation produite dans la cavité tubaire par la présence des germes, la muqueuse s’enflamme et l’ostium uterinum s'oblitère. Les produits virulents, n'ayant plus d'autre issue que l'ouverture du pavillon, s’écoulent dans le péritoine qui réagit. Des adhérences se forment et ainsi se trouve constituée une cavité close, condition éminemment favorable à la culture des organismes pathogènes. Il faut, en outre, rappeler qu'il faut faire une grande part dans cette prédisposition aux inflammations antérieures, si fréquentes au niveau des trompes, et en particulier à la gonococcie.
Le plus souvent, les deux trompes sont atteintes. M. Daurios, sur 20 observations, n’en cite que » où une seule trompe était tuberculeuse; encore sur ces 5 cas, y en avait-il 3 où furent notées des lésions ne paraissant pas tuberculeuses, mais nécessitant néanmoins la castration.
La statistique de Schramm donne 79,4 */, de salpingites bilatérales. Pour Martin, la bilatéralité est plus fréquente dans la salpingite tuberculeuse que dans toutes les autres prises en bloc. En contradiction avec Rosthorn qui a tou-
jours trouvé leslésions bilatérales, Terrillon fait de l'uni-
Épioes
latéralité des lésions un bon signe devant faire songer à la bacillose.
« La salpingite tuberculeuse peut être unilatérale, caractère qui existe souvent pour les organes génitaux de l'homme, épididyme ou testicule, au moins pendant une certaine période. Or nous savons que la salpingite ordinaire, inflammatoire, simple ou blennorragique, est toujours double. Les lésions varient d'intensité ou d'abondance d'un côté à l'autre, mais elles sont toujours doubles. Cette absence de bilatéralité de la lésion tuberculeuse méritait d’être signalée, car elle pourra servir à établir, dans quelques cas, la nature tuberculeuse du processus, quand on aura constaté qu'un seul côté est atteint par la maladie ».
Dans les 4 observations de la clinique de M. Pollosson, la lésion a été 5 fois bilatérale, 4 fois unilatérale ( 3 fois trompe droite, 1 fois trompe gauche). Dans les observa- Lions que nous avons recueillies, nous avons trouvé 50 fois une lésion bilatérale des trompes, 7 fois la trompe droite prise seule, 4 fois seulement la gauche. Fréquemment les deux trompes ne sont pas atteintes au mème degré. Il est fréquent de voir une trompe atrophiée ou atteinte de salpingite catarrhale simple, quand l'autre est nettement tuberculeuse.
Nous avons rencontré plusieurs cas de pyosalpinx véritable avec ostium abdominal parfaitement fermé. Kleinhaus et Martin ont attiré l'attention sur l'absence de fermelure du pavillon dans certains cas de salpingite tuberculeuse : nous ne l'avons jamais rencontré dans les observations de la clinique. Dans une observation de Beuvignon, ils’'agit d'une femme de 21 ans à l'autopsie
de laquelle on trouva un pavillon qui s'épanouissait en
ANT Er
arrière de l'utérus et complètement ouvert. Beuvignon rapporte également le cas d'une femme de 26 ans, dont le pavillon était libre ouvert et laissait écouler à la pression de la matière tuberculeuse. Dans toutes nos autres observations, nous trouvons l'orifice abdominal complètement fermé.
Le volume de ces pyosalpinx est parfois si considérable qu'ils rendentdifficile un diagnostic avec un kyste de l'ovaire. Nous y reviendrons à propos du diagnostic. Le développementénorme de ces pyosalpinx denature tubereuleuse a été signalé par les classiquesetl'on rapporte partout lescas d'Aran (pyosalpinx remontant jusqu'à l'ombilic) et de Steemann (tumeur contenant 2! de pus). Il est facile d'ailleurs de comprendre que seules ces formes torpides d’inflammation puissent permettre à une trompe d'acquérir de pareilles dimensions.
Nous avons rencontré, dans un certain nombre d'observalions et en particulier dans celles de Bouilly, citées par Mie Gorowitz, de nombreux exemples de pelvi-péritonite tuberculeuse que rien dans leur évolution, ni dans l'aspect du pus, ne pouvait faire distinguer d’une collection gonococcienne ou streptococcienne.
Dans plusieurs observations de Penrose ct Bevea, à l'ouverture du ventre, on ne voyait aucune lésion du péritoine et les lésions annexielles ne différaient en rien des salpingites gonoccocciennes ; le microscope seul à permis de faire le diagnostic.
Hegar et Alherthum ont fait des nodosités isthmiques salpingiennes une caractéristique de la tuberculose ; aucune des observations de la clinique ne nous a permis de
constater l'existence de la forme en chapelet de Hegar.
en
Dans un seul de nos cas (obs. 1v), «les portions isthmiques de la trompe étaient dilatées, noueuses, débordant les cornes utérines de manière à les recouvrir, comme nous ne l'avons jamais vu dans les salpingites blennorragiques,
dans lesquelles les lésions portent surtout sur la portion
ampullaire ».
La trompe est en général augmentée de volume et par suite de l'oblitération de son pavillon, elle est devenue kystique. Lorsque le péritoine qui la recouvre n'est pas semé de granulations caractéristiques, elle peut dès lors ressembler absolument à une trompe atteinte de quelque infection banale et c'est l'ouverture simple de sa cavité qui permet de reconnaître au plus simple examen les lésions microscopiques de la tuberculose. Tantôt elle est remplie d'un pus granuleux, mal lié, peu homogène, tantôt d'un pus verdâtre et crêmeux, car on sait que les collections froides peuvent revêtir ces deux apparences. La paroi irrégulière, loinenteuse, recouverte d'une couche puriforme plus épaisse et plus condensée, ressemble à s'y méprendre à celle d'un abcès froid. Ces formes peuvent acquérir de grandes dimensions, ce sont de véritables abcès froids de la trompe, qui ne diffèrent en rien de ceux qui se développent ailleurs.
Dans certains cas, la cavité de la trompe contient non pas du pus, mais des fongosités accumulées en masses inégales, plus ou moins compactes, parfois opaques et résistantes, parfois filamenteuses et presque translucides, et qui rappellent exactement les fongosités articulaires ou synoviales, ce sont de véritables salpingites fongueuses. .
Quelquefois aussi, les lésions cavitaires sont peu accen-
tuées, la trompe est épaissie, avec des foyers caséeux
intiltrant ses parois en différents points, avec des hypertrophies, des ulcérations, de véritables petites cavernes, qui reproduisent ici les lésions fréquentes dans les tissus tuberculeux.
Autour des organes malades, il se produit un travail
d'organisation spécial. Le lissu nouveau et induré qui les entoure en les unissant aux parties voisines devient épais, dur, fibreux et tellement résistant qu'on ne péul le détruire qu'avec la plus grande difficulté. Quand on veut enlever ces parties allérées adhérentes au bassin, on ne peut y parvenir qu'en déchirant ce tissu, en le dédoublant et souventen empiétant sur les enveloppes des trompes et des ovaires. Aussi peut-on difficilement enlever les abcès tuberculeux de ces organes sans les rompre avant l’ablalion totale. Parfois même on est obligé de renoncer à leur extirpation. C'est lecas d'une observation de Terrillon,oùil fut impossible d'enlever la trompe gauche à cause des adhérences qu'elle avait contractées avec les parties voisines. Il y a là un caractère assez différent de celui que l'on rencontre dans les autres salpingites, où la décortication et la séparation des organes malades avec les paroïs du bassin est ordinairement facile, le tissu inflammatoire qui sert d'union étant peu épais et peu induré.
Au point de vue histologique, Merletti qui, sur 172 cas de tuberculose génitale, a rencontré 157 salpingites tuberculeuses distingue trois formes :
a) une forme à périsalpingite b) une salpingite interstitielle c) une endosalpingite.
. Il nous semble qu'au point de vue anatomo-pathologi-
que, nous ayons à distinguer deux grandes formes :
1° une forme de périlonile luberculeuse, > une forme salpingienne proprement dite.
La première forme, de péritonite tuberculeuse à localisation prédominante au* niveau du petit bassin, plus fréquente chez la femme que chez l'homme. est bien connue depuis les travaux de Brouardel. de Poncel et Pic. de Bouill, Mais à côté de cette forme, il existe une forme plus limitée (périsalpingienne. interstitielle, muqueuse) qui passe plus facilement inaperçue.
Dans la forme à périsalpingite, nous pouvons distinguer trois cas, selon qu'il s'agit d'une collection séreuse. suppurée, ou d'une forme fibreuse, Dans le premier cas. le point de départ peut passer complètement inaperçu. Il peut être certain : c'est la trompe et il s'agit de tuberculose : c'estle cas de nos observations I et VIT.
Comme exemple de périsalpingite suppurée où pelvipéritonite, nous avons notre observation IX.
Enfin. comme {ype de périsalpingite fibreuse, citons notre observation IT où nous trouvons sur le péritoine des nodules crétacés de la grosseur d'une lentille et des adhérences des trompes avec l'appendice.
A côté de cette forme périsalpingienne., il est une forme caractérisée par la présence de noyaux instertiliels et c'est le cas de notre observation Vil.
Signalons enfin la forme à endosalpingile caractérisée par la présence. soit de tubercules simples, soit de caséum.
Dans tous ces cas, tantôt le pavillon est ouvert et l'on se trouve en présence de petites trompes, tantôt il est fermé et l'on à affaire à de gros prosalpinx tuberculeux.
\ un autre point de vue, on distingue avec William
une forme aiguë et une forme chronique, et au point de
vue des lésions trois formes : miliaire, chronique diffuse el chronique fibreuse. Cette dernière représenterail un mode de guérison possible admis par Martin.
Avant de elore ce chapitre d'anatomie pathologique, nous tenons à signaler avec M. Violet que « la tuberculose détermine souvent nne hyperplasie telle dans les épithéliums avoisinants que, histologiquement, le diagnostic de tumeur maligne s'impose. Steemann, Orthmann, Landau et Rhemstein, Wolff, Martin ont publié des figures dans lesquelles des productions épithéliales apparaissent au-delà de la musculeuse, sans qu’on puisse voir de quelle façon ces néoformations épithéliales à disposition kvystique se relient aux villosités tubaires. Pour Martin elles proviendraient plutôt de la transformation de l'endothélium péritonéal. C'est ainsi que nous possédons des préparations de salpingites pour lesquelles l'évolution clinique el l'aspect macroscopique des lésions (purulence) plaidait pour une inflammation, voire même pour de la tuberculose, et à la vue desquelles M. Paviol à porté le diagnostic d'épithélioma de la trompe: »
La tuberculose de l'ovaire accompagne assez souvent celle de la trompe, dans la plupart des cas, cet organe est difficilement reconnaissable, perdu qu'il est dans les fausses membranes. On a décrit de vastes abcès caséeux de la glande ; mais il ne serait pas impossible que dans quelques autopsies anciennes où lon décrit des poches purulentes, ovariennes, énormes, allant s'ouvrir dans les organes voisins, Ou ait pris pour l'ovaire le tiers externe de la trompe. Même quand l'ovaire n'est pas tuberculeux, il est rare qu'il soit sain el n'ait pas subi au moins la
dégénérescence scléro-k\süique.
Nous ne voulons pas insister sur les différentes lésions que l'on peut rencontrer à l'autopsie de femmes atteintes de tuberculose de la trompe. Les ganglions Iÿmphatiques sont généralement envahis sur une étendue variable et plus ou moins dégénérés. ;
La tuberculose urinaire coïncide assez rarement avec la tuberculose génitale chez la femime. à l'inverse de ce qui se passe chez l'homme. Les deux appareils sont en effet indépendants chez elle d'un bout à l'autre.
L'intestin présente assez souvent des lésions tuberculeuses, soit granulations de la séreuse qui le recouvre, soit lésions plus profondes. D'ailleurs, la tuberculose peut s'étendre de l’un à l’autre organe, par contiguité et aboutir à la production d’une fistule tubo-intestinale qui se fait le plus souvent au niveau du rectum, quelquefois au niveau du cœreum.
On peut constater quelques granulations méningiennes.
Quant aux poumons, on peut y rencontrer depuis la tuberculose miliaire aiguë jusqu'à l'énorme caverne, avec
tous les stades intermédiaires.
SYMPTOMATOLOGIE
L'évolution tuberculeuse peut se traduire dans la trompe par des signes physiques et fonctionnels différents et variables suivant les cas.
Il est une première forme, où la lésion tuberculeuse passe inaperçue, où on ne songe pas à elle, où on est surpris de la rencontrer à l'autopsie de malades paraissant avoir succombé à d'autres maladies. Ces malades ont accusé de la céphalalgie, de la diarrhée, de l’inappétence; de la fièvre, de l'abattement, en un mot l'appareil symptomatique d’une maladie générale infectieuse. Suivant la prédominance des symptômes, on diagnostique fièvre typhoïde, pneumonie, méningite, tuberculose pulmopaire, mais pas un instant l'attention n’est attirée sur les organes génitaux. C'est à cette forme que nous pouvons rapporter les trois observations de tuberculeuses que nous devons à l'obligeance de M. Devic.
A côté de cette forme aiguë, il en existe une autre subaïque ou plus ou moins chronique. A. Martin fait des troubles menstruels la première et la plus importante des manifestations de l'infection bacillaire des trompes. «Il
te
en est de même, ditil, que dans l’envahissement de lendomètre. Les règles sont abondantes et douloureuses ; elles devancent sur le moment attendu. En même temps, surviennent des douleurs, soit du côté malade, soit des deux côtés. Les douleurs sont-elles Hiées à l'infection tubaire ou à la réaction concomitante du péritoine, il est difficile de le dire. Mais ce qui appartient à la réaction périlonéale, ce sont les troubles de l'intestin et des fonclions rectales; ilen serait de même de l'ascite qui serait la compagne habituelle de toute localisation de la tuberculose sur les trompes ou le péritoine. Les grandes élévalions de température sont rares à cette phase du début ». Il est difficile d'assister à la période du début des malades atteintes de salpingites tuberculeuses elil s'écoule en moyenne de trois à six mois avant qu'elles se présentent à l'examen.
Dans la plupart de nos observations, le début a été à peu près constamment le même : par des phénomènes de péritonite tuberculeuse. Beaucoup de ces malades ont eu un accident brusque, douleur de l'abdomen, très vive, vomissement, ballonnement du ventre, diarrhée, symp- (ômes qui s’amendent facilement, mais qui obligent la malade à garder le lit un mois ou deux, avec des températures avoisinant 38°. Le début de l'affection peut être moins aigu ; chez une malade de la clinique (obs. VID) il datail en apparence de huit jours ; en fait, la malade se plaignait de douleurs dans le bas-ventre depuis plusieurs mois.
Le début peut se manifester par des modificalions au niveau des règles. Tantôt, celles-ci manquent complète-
ment. C'est le cas d'une malade de 20 ans, dont l’obser-
= il
valion est rapportée par Cousyn, absolument aménorréique. Chez la matade de l'observation V de la clinique, les règles deviennent irrégulières et douloureuses après son mariage et à partir de ce moment, l'affection évolue.Une malade de M. Devic présente de l'aménorrhée depuis dix mois; c'est, ilest vrai, une tuberculeuse à la dernière période el il est difficile de dire, s’il faut rapporter celle aménorrhée à ses lésions tubaires ou à son affection principale. Nous savons en outre qu'il existe des formes qui se traduisent uniquement par des mélrorragies et c'est sur elles que M. Vincent a récemment attiré l'attention, dans une communication à la Société du Médecine de Lyon, intitulée : « Des Métrorragies comme signe prémoniloire de la tuberculose pulmonaire ». Ce sont là des formes que l'examen histologique des produits de curelage permel de diagnostiquer. Sont-ce là des tuberculoses génilales débutant par le fond utérin? Sont-ce des cas dans lesquels les lésions annexielles n'étaient pas cliniquement appréciables? Marlin a complètement renoncé à l'existence de ces hémophtysies utérines admises par tous les classiques comme premier signe de tuberculose génitale (Congrès de Rome 1902) ».
Chez la plupart des malades de la clinique, nous avons eu affaire à des métrorragies lardives. Nous ne serions pas éloignés de croire avec Veit que c'est plutôt à un envahissement de l'utérus etde l'ovaire qu'il faut rapporter le symptôme métrorragie. Les lésions tubaires n'en détermineraient qu'autant qu'elles « plongeraient » el entreliendraient ainsi la congestion de l'utérus. Deux des observations de la clinique plaident en ce sens. Notre ma-
lade de l'observation VI n’a pas eu de métrorragies lors de
Rae CE
sa première poussée répondant à l'infection de sa trompe gauche, qui fut enlevée à la première intervention. Trois mois après, elle revint avec des pertes sanglantes, incessantes. Ce sont des pertes que rien n'arrête, ni le repos, ni les injections chaudes. À l'opération elle a surtout de l'ovarite. Telle est aussi l'histoire de notre malade de l'observation IV. On intervient pour ses douleurs. Ovaire et trompes sont enlevés tour à tour. Il lui reste son utérus. Trois mois après, elle revient pour des hémorragies abondantes.
Les indications fournies par les pertes blanches ne sont pas les moins importantes. Malheureusement on constale dans la plupart des observations une fâcheuse confusion ; les uns parlent de leucorrhée, de pertes blanches, les autres de pertes jaunes, les autres de pertes purulentes, sans attacher, à ces différentes espèces d'écoulement toute l'importance que nous croyons devoir leur attribuer. Dans ce qu'on appelle vulgairement les pertes blanches, il faut distinguer les écoulements leucorrhéiques et les écoulements purulents. Il est évident que, si nous avons affaire à une malade disant n'avoir jamais eu de pertes blanches, la distinction devient inutile. Dans le cas contraire, il est nécessaire de faire préciser à la malade «s'il s'agit de glaires empesant seulement le linge ou de pertes tachant le linge en jaune ». Comme moyens de contrôle des dires de la malade, nous avons l'examen des sécrétions, soit direct à la vulve, soit au spéculum, ou mieux par la mise en place d’un tampon de ouate.
« Les écoulements blancs ne sont pas constants, ils sont même rarement signalés dans les observations el n'ont
que peu atliré l'attention. IIS sont loin cependant d'être
sans valeur. Ce qui explique peut-être la rareté apparente de ce symptôme, c'est que généralement on ne le regarde que comme un signe banal. en rapport avec la faiblesse de la malade et que rarement on recherche dans l'état local sa cause elle-même. Dans les cas où l'écoulement blanc à été signalé, on le décrit toujours comme un peu opaque, jaunâtre, doué d'une odeur désagréable, rappelant un peu l'odeur des écoulements cancéreux. Dans l'observation de Boivin, l'écoulement était vert pistache. Il en était de même dans l'observation de Pelvet et de Tyler Smith. » Voilà ce qu'écrivait Brouardel en 1865. Signalons déjà cette coexistence d’un écoulement vert pistache et d'une tuberculose utérine tres nette, constatée à l'autopsie.
Daurios insiste dans sa thèse sur l'importance de la leucorrhée. Selon lui, elle à une importance énorme et c’est elle qui amène le plus souvent les malades à consulter le médecin. « En questionnant ces malades, on apprend que depuis un temps variable elles ont de la leucorrhée, alors que jamais elles n’en avaient eu auparavant, ou bien elles tiennent leurs flueurs blanches de longue date, mais depuis quelques mois elles les ont vu se modifier d'aspect et de quantité. Cet écoulement esten général très abondant, blanchâtre au début, jaunâtre un peu plus lard, mais ne s'accompagnant jamais de douleurs à la miction ».
Dans les observations 1, 3 et de la Clinique, nous avons affaire à des malades qui n'ont jamais présenté de pertes blanches et qui n'en avaient point à l'entrée. Dans ces trois cas, il nous a élé impossible d'apprécier l'état de la muqueuse utérine, l'utérus ayant été laissé en place,
mais celte absence de pêrtes blanches est tout à fail en
re
faveur de son intégrité. Chez les trois autres malades en particulier, chez celle dont nous avons pu examiner histologiquement la muqueuse utérine, les pertes élaient purulentes, très abondantes, tachaient le linge en vert el les injections ne parvenaient pas à les modilier.
Dans l'observation ; de la clinique, il s’agit d'une malade de 17 ans n'ayant jamais présenté de pertes blanches et dont l'ablalion des annexes droites amena une guérison rapide : son utérus était probablement indemne. Dans l'observation 9, la malade âgée de 28 ans n’a jamais eu d'écoulement ; on lui enlève son utérus (fibromateux), et ses trompes ; on ne constate aucune lésion tuberculeuse de l'utérus. Dans deux observations de Braye, deux malades, avant présenté un écoulement purulent et fétide, succombent à la tuberculose pulmonaire ; à lautopsie, on trouve des lésions de tuberculose nettement caractérisées au niveau de Futérus. Beuvignon cite le cas d'une malade dont l’ablation des annexes amena la guérison el qui n'avait jamais eu de pertes blanches. Il rapporte celui d'une femme morte de méningite tuberculeuse, dont la tuberculose utérine, constatée à l’autopsie, expliquait évidemment lécoulement sanieux et jaunâtre qu'elle avait présenté durant sa vie.
M'e Gorovilz publie l'observation d'une femme de »o ans, morte de tuberculose pulmonaire, ayant eu des perles purulentes et à l'autopsie de laquelle on trouva l'utérus atteint par la bacillose.
Delbet rapporte le cas d'une femme de 3 ans, ayant eu un écoulement purulent: on lui enlève ses deux trompes el ses deux ovaires el on n'’oblient qu'une guérison
opéraloire; quelques mois plus. tard, on constate au
DE Th
toucher de petites tumeurs dures au-dessus du ligament de Poupart. Orthmann, Knauer rapportent l'observation de deux femmes, ne présentant pas d'écoulement, qui guérirent par une simple ablatioén des annexes. Faure Miller cite le cas d'une femme, atteinte de tuberculose pulmonaire, dont la tuberculose utérine constatée à l'autopsie était bien en rapport avec un écoulement fétide qu'on avait signalé pendant sa vie. Beyea rapporte lobservalion d'une malade de 23 ans, ayant eu un écoule ment muco-purulent; on lui pratique l'ablation des trompes et l'amputalion du col: celui-ei était nettement tuberculeux. Dans deux ou trois autres observations de Penrose et Beyea, nous trouvons rapportée l'histoire de malades qui guérirent par la simple ablation des annexes: elles n'avaient pas eu de leucorrhée. Kundrat cite le cas d'une femme de 31 ans, n'ayant jamais eu d'écoulement, à laquelle on pratiqua l’hystérectomie vaginale : l'utérus n'élait pas tuberculeux. Une autre femme de 56 ans, dont il rapporte l'observation. a bien présenté un écoulement, mais celui-ci n'est ni fétide, ni purulent ; on lui fait l'hystérectomie vaginale et on trouve un utérus absolument indemne de tuberculose. Il nous faut done admettre la coexistence fréquente de la tuberculose utérine et des écoulements purulents. Toutes les fois que lutérus sera envahi par le processus tuberculeux, nous pensons qu'il se traduira par un écoulément nettement purulent. M. Adenot rapporte bien le cas d’une fille de 17 ans atteinte d’une légère leucorrhée et à l’autopsie de laquelle on trouva une vaste ulcération tuberculeuse de l'utérus. Il est difficile d'admettre qu'une tuberculose de
l'utérus déjà si avancée que M. Adenot la déclare pri