PASSE
que chez une femme qu'on a lieu de supposer de bonne foi, on ne trouve aucun commémoratif de grossesse ou de blennorragie, lorsque surtout on a affaire à une vierge, la nalure tuberculeuse d'une lésion tubaire devient très probable. Cependant, il ne faut pas admettre théoriquement que toute lésion salpingienne, survenue chez une vierge, devrait être tenue pour tuberculeuse ; car il existe un cerlain nombre decas d'annexites d'origine intestinale.« Moins fréquentes que ne l'indiquent les cas où l’on trouve Île bactérium coli, vu que ce micro-organisme peut n'infecter que secondairement une annexite préexistante, elles existent ct Barnsby, dans sa thèse, a parfaitement mis au point ces rapports des lésions appendiculaires el salpingiennes. » (Jamin et Violet).
Trouve-t-on dans l'ensemble des symptômes que nous avons décrits, c'est-à-dire métrorragies, pas de pertes purulentes, début avec légère réaction péritonéale, sans grande élévation de lempérature? L'examen révèle til une annexile uni ou bilatérale survenue chez une vierge,. le diagnostic s'impose ?
Toute tuberculose antérieure ou concomitante devra faire soupçonner une salpingite de même nature, mais il ne faudra pas oublier que la tuberculose ne vaccine pas contre le gonocoque.
À un âge avancé, le diagnostic avec les lésions néoplasiques peut présenter des difficultés. On sait combien sont fréquentes les observations de tuberculose du col simulant le cancer ; comme cette tuberculose du col s'accompagne fréquemment de lésions de même nature au niveau des annexes, le diagnostic de la lésion tubaire
se trouve lui aussi erroné. « Les antécédents tuberculeux
en
de la malade, écrivent MM. Jamin et Violet, l'examen positif des autres organes, l'existence d'une phase aiguë à un moment donné, un léger mouvement fébrile feront incliner plutôt vers la tuberculose. La présence de ganglions dans les aines, les douleurs, la constatation de masses solides flottantes, sont en faveur du néoplasme. Le toucher vaginal et rectal pourra, dans l'un et l'autre cas, donner d'excellents renseignements. Dans les deux cas, on pourra sentir dans le Douglas des nodosités péritonéales; mais dans la tuberculose, ces nodosités sont petites et multiples et aussi plus superficiellement dures. Dans le néoplasme, ces nodosités sont isolées, plus volumineuses, dues surtout à la pression entre deux doigts. »
Nous avons relevé dans cinq observations de la Clinique de M. Pollosson une absence complète de pertes purulentes. Nous avons dit que les pertes purulentes sont le plus souvent liées à l’envahissement de l'utérus. Meyer signale l'intégrité de l'utérus dans 15 cas sur 57. Si notre signe se trouvait confirmé, nous aurions pu diagnostiquer une annexile tuberculeuse, de par le fait de l'absence des pertes purulentes. « La blennorragie, en effet, est une infection qui se fait par voie muqueuse, ascendante. Dans les annexites gonoccocciennes, les pertes purulentes existent toujours ou ont existé à un moment donné. La tuberculose, au contraire, est surtout une affection descendante et péri-salpingienne. Même les grandes classes des pyosalpinx blennorragiques fermés ont toujours laissé suffisamment de métrite concomitante pour donner des pertes purulentes. La valeur de ce
signe est d’ailleurs suffisamment connue dans le diag-
nostic entre les lésions tubaires el celles de lovaire. L'on sait combien ilest difficile de dire, d’après le toucher et le palper combinés seuls, si une masse laléroulérine est ovarienne ou tubaire, et dans bien des cas seule l'anamnèse orientée dans ce sens peut vous faire faire un diagnostic. » (Jamin et Violet).
Le diagnostic d'avec un kyste de l'ovaire n'est pas loujours facile et dans nombre de cas l'erreur à été commise. Nous avons discuté ce diagnostic dans le cours des observalions de M. Pollosson. Les deux affections peuvent du reste coexister: c'est le cas d'une malade de Doleris, dont l'observation est rapportée par Consyn, âgée de 20 ans, complètement aménorréique. Dans deux observations de Beuvignon, on fait Le diagnostic de kyste de l'ovaire. Dans une autre observation de Beuvignon, on fait le diagnostic, chez une femme de 55 ans, de kyste de l'ovaire compliqué d'affection organique du petit bassin, alors qu'il s'agissait de trompes tuberculeuses et d'un utérus fibromateux. Orthmann fait le diagnostic de kyste de l'ovaire bilatéral chez une femme de 2 ans, alors qu'il s'agit d'une salpingite suppurée bilatérale. Le diagnostie est donc parfois très difficile. D'une façon générale, nous pouvons dire, avec M. le Professeur Pollosson, qu'un kyste de Fovaire est plus gros, que ses parois sont plus minces et qu'il semble plus tendu que dans le cas d'une salpingite bacillaire. La température n'est pas un moyen infaillible de diagnosic, car elle ne manquera jamais dans les cas de kystes de l'ovaire infectés.
Enfin, dans tout cas suspect, on fera, s'il y a lieu, l'examen bactériologique et l'inoculation des sécrétions utéri-
nes. La découverte du bacille ou la production de tuber-
cules chez le cobaye, permettra d'affirmer la tuberculose. Malheureusement, si.la présence du bacille de Koch dans l'écoulement est évidemment pathoegnomonique, il s'agit alors d'une tuberculose trop ancienne, puisque l'utérus n'est habiluellement pris qu'après les trompes. La maladie est alors trop étendue, pour que l'ablation seule des annexes puisse donner un résultat heureux et durable.
Riche conclut de la façon suivante: «Dans certains cas, le diagnostic pourra être posé ferme; dans d’autres, il sera très probable: les probabilités peuvent aller en diminuant jusqu à rendre ce diagnostic impossible.
1° Chez toute femme de salpingite dont les sécrétions utérines donnent des inoculations positives ou laissent voir le bacille, le diagnostic sera certain.
2° Il sera très probable, si nous rencontrons une salpingite chez une vierge ou chez une femme n'ayant eu ni grossesse, ni blennorragie, mais présentant ou ayant présenté des manifestations tuberculeuses.
3° Si chez une femme tuberculeuse ayant eu une grossesse ou une blennorragie, nous constatons une salpingite dure et bosselée, nous serons en droit de soupconner la tuberculose des trompes.
h° Enfin, une femme, non tluberculeuse pulmonaire, ayant dans ses antécédents une grossesse ou une blennorragie, pourra avoir unesalpingite bacillaire, sans que rien ne nous aulorise à supposer celle nature à l'affection. »