TRAITEMENT
Aran concluaitàl'abstention systématique dansles affections utérines des tuberculeuses, en vertu de sa théorie du balancement. Pourtant ses contemporains n imilaient pas sa pratique, et Becquerel était d'un avis contraire.
La tuberculose génitale peut guérir spontanément. Les anciennes lésions tuberculeuses des trompes qu'on rencontre sur des femmes mortes d’une autre affection, et chez qui tout processus inflammatoire a depuis longtemps disparu, suffiraient à en faire la preuve.
Dans les affections génitales de la femme, le traitement médical, longtemps seul employé, soulageait souvent, mais ne guérissait jamais. Beaucoup de ces invalides ont été rendues à la vie active parle traitement chirurgical. Mais, quand il s’agit de tuberculose, le premier doit toujours accompagner et continuer le second, seulement ce n'est plus le traitement médical de la salpingite, c’est celui de la tuberculose. Outre le repos le plus complet qui formerait la base du traitement local, les vésications, les révulsifs sur la paroi abdominale trouveront ici leur indication.
Nous ne voulons pas insister sur le traitement général
qui est celui de toutes les tuberculoses. La suralimentation
sous (outes ses formes. l'emploi de l'huile de foie de morue, de la lécithine et des médicaments qui semblent exercer une action nocive au développement du bacille tuberculeux, créosote, gaïacol, enfin et surtout le séjour à la campagne, de préférence dans les pays d'altitude, formeront la base du traitement.
Nous ne reprendrons pas ici la discussion sur l'opportunité de l'intervention opératoire chez les tuberculeux. Dans les cas de foyer isolé, l'accord est fait depuis longtemps. Nous ne pouvons mieux faire que de rapporter les paroles de Trélat à la Société de Chirurgie (1883):
«Lorsque chez un tuberculeux, l’une des localisations aggrave l'état général, il faut, si c'est possible, supprimer cette localisation par une opération radicale. Si, au contraire, ce sont les lésions viscérales qui dominent la scène, il faut s'abstenir de toute opération; la répartition de ces influences est toujours délicate, souvent difficile, parfois trompeuse. »
S'agit-il de l’utérus? Sippel, Bulius, Selheim, Walther se contentent d’un curettage et du traitement de la cavité utérine parles préparations iodoformées. Tous ces auteurs ont obtenu de bons résultats au point de vue vital. Ces résultats sont-ils aussi bons, au point de vue fonctionnel et au point de vue des grossesses ultérieures ?
En revanche, Dœderlein, Pozzi, Schaula et Fehling sont partisans de l'intervention radicale d'emblée. On ne peut jamais affirmer, même après un examen clinique approfondi, que les trompes sont absolument indemnes au moment de pratiquer le curettage d’un utérus tuberculeux. Or, on sait l'influence désastreuse que les manœuvres
opératoires, et surtout l'abaissement de l'utérus, peuvent
avoir sur des trompes atteintes de salpingites banales. Pourraitil en être autrement avec des trompes tuberculeuses? Maisle plusgravereproche qu'on aitfailau curettage employé dans le cas qui nous occupe, c'est de favoriser la généralisation de la tuberculose, en éréant à l'infection de multiples portes d'entrée, sur une surface aussi riche en lymphatiques et en vaisseaux sanguins que l'endomètre.
Au point de vuede la tuberculose annexielle, deux cas peuvent se présenter; les lésions sont unilatérales on bilatérales.
La conduite à tenir dans le premier cas est simple. Cousyn recommande le procédé suivant : « le fond de l'utérus élant reconnu, on le saisit avec une pince de Museux et on l'élève, puis on aborde la corne utérine malade, on sectionne le pédicule et on rejette les annexes en haut et en dehors; on les décolle petit à petit par dessous en les renversant vers le haut, car il faut se souvenir que c'est presque toujours en haut el en dehors que s'établissent de solides adhérences avéc les anses intestinales. Les annexes étant enlevées , les vaisseaux qui saignent liés, on ferme le péritoine par un surjet au catgut.»
Pour les lésions bilatérales, les uns se contentent de l'exérèse des organes apparemment malades, font la salpingectomie, d'autres préconisent la castration totale d'emblée. Pour Faure, tout foyer de tuberculose développé dans les annexes doit être extirpé largement. Voilà, pour lui, le principe de loute thérapeutique efficace. Si les lésions annexielles sont graves ou bilatérales, il conseille de sacrifier l'utérus inutile, infécond, peut être
malade. « IH ne sert qu'à entretenir indéfiniment les phé-