MIRE
26 juillet 1904. Depuis samedi, la malade accuse des douleurs spontanées très vives ; elle les localise à la parlie inférieure, du côté droit de l'abdomen, dans la fosse iliaque droite, avec irradiations dans la région lombaire et sensation de constriction abdominale. Le ventre est manifestement augmenté de volume et tendu. I y a une voussure manifeste de la région hypogastrique et de lhypochondre droit el en même temps une saillie anormale de la partie sous ombilicale de l'abdomen. À la palpation, sensation de tension et de résistance très accusée dans ces points; de plus, douleur à la pression très localisée au point de Mac Burney el dans toute la région cœæcale. La palpation profonde de la région hépatique et de l’épigastre ne réveille pas les douleurs, mais donne une sensation de tension manifeste.
A la percussion, matité sur une hauteur de 3 travers de doigt au dessous du rebord costal droit ; malité dans la partie interne du triangle épigastrique. Matité dans la région cœcale et même dans la partie inférieure de la région hypogastrique. Le foie ne semble pas néanmoins augmenté de volume.
En résumé, les modifications de l'abdomen sont les suivantes : voussure, lension des parties molles au niveau de l’hypochondre droit et dans la fosse iliaque droite ; douleur à la pression dans une région ayant pour centre le point de Mac Burney; pas de vomissements, pas de diarrhée, selles quotidiennes et normales.
Pas d'épanchement dans la plèvre droite; à l'extrême base droite, obscurilé de la respiration.
28 juillet 1904. — La malade est apyrétique depuis hier. Jusqu'ici la température s’élait maintenue entre 38 et 39. En 24 heures, elle est redevenue normale; les douleurs abdominales ont disparu; la palpation du ventre ne provoque aujourd'hui aucune douleur. La pression profonde au point de Mac-Burney est absolument indolore. Cependant le ventre reste tendu; on a une résistance manifeste de la paroi dans la fosse iliaque droite et, à la percussion, la matité se prolonge au-dessous du rebord costal sur une étendue de cinq travers de doigt. Il ne semble pas cependant que cette zône de matité réponde à un développement anormal ou à un abaissement du foie. La langue est blanche, saburale, humide, Les signes pulmonaires
de l’entrée persistent.
2* séjour : du 17 août au 17 septembre 1904.
Diagnostic : Pneumothorax.
La malade est sortie le 8 août, se sentant bien. Depuis quelques jours, elle a perdu l'appétit et ses forces, Elle ne tousse ni ne crache davantage.
À son entrée, la température est de 37,8; la malade semble avoir beaucoup maigri.
À l’auscultation, à gauche, dans la fosse sus-épineuse, respiration caverneuse et ràles caverneux ; dans la moilié inférieure de ce poumon, pluie de ràles humides, bulleux, inspiratoires.
A droite, dans la fosse sus-épineuse, râles humides inspiraloires.
En avant sous la clavicule gauche, râles humides après la toux ; à droite, souffle caverneux et râles éclatants.
16 septembre 1904. — La malade a quitté l'hôpital pendant deux jours pour déménager. A sa rentrée, elle est un peu plus oppressée qu’à sa sortie et à l'examen des poumons, on constate à la base gauche à la percussion de l’exagération de la sonorité avec diminution des vibrations. De ce côté, on entend à l’auscultation : fosse susépineuse, souffle caverneux intense, mais accompagné de fort peu de râles; dans la fosse sous-épineuse, les râles augmentent et donnent du gargouillement; à la partie inférieure de la fosse sous-épineuse et jusqu’à la base, on entend un souffle amphorique intense sans tintement métallique et à ce niveau on constate aisément un bruit d’airain, "4
17 septembre 1904. — Hier soir la malade à eu une éruption très nette d’urticaire à la face, aux bras et sur la poitrine.
19 septembre 1904. — La malade est morte avant-hier soir à minuit sans rien présenter d’anormal.
Autopsie. — Poids des organes :
Cœur. 200.
Poumons : droit 770. gauche. 960.
Rate. 1/0.
Reins ; droit 135. gauche. 130.
Foie. 1150.
Pyopneumothorax occupant la moitié inférieure de la cavité pleu-
rale gauche. Siège de la perforation ; milieu de la face antérieure du lobeinférieur à 3° environ du point de réflexion de la plèvre pariétale sur le poumon.
Poumon gauche infiltré dans sa totalité de groupes de nodules caséeux, la plupart en voie de ramollissement. La partie supérieure du poumon est occupée par une vaste caverne à prolongements multiples, anfractueux ; la plupart de ces cavités sont superficielles, ne sont limitées en certains points que par une épaisseur de plèvre de quelques millimètres.
Le poumon droit est infiltré dans sa presque totalité, sauf la base (tiers du lobe inférieur) ; nodules caséeux très confluents et petites cavernules du sommet.
Adhérences fibrineuses reliant en une masse unique l’appendice, le cœcum, la trompe et l'ovaire du côté droit. Les parois de la trompe sont épaissies. Elle forme un cordon induré, moniliforme dans ses parois, et présente une infiltration caséeuse très nette. Autour de ces organes, on trouve une collection purulente qui plonge dans le petit bassin.
L'utérus, indépendant, ne présente pas de lésions tuberculeuses.
OBSERVATION LIX (Spæth., thèse, Strasbourg, 1885).
Marie K.., 26 ans. Antécédents tuberculeux. Bonne santé dans l'enfance. Réglée à 13 ans, d’une façon régulière, Douleurs de reins fréquentes.
À 20 ans, a eu un enfant, mort à 6 mois de convulsions. Grossesse et suites de couches normales, la malade avait souvent de violentes hémorragies. Il y a 3 ans, la malade fut soignée à l'hôpital pour une pérityphlite et guérie au bout de 14 jours; depuis ce moment, il subsiste de la constipation.
Depuis deux mois, le volume du ventre de la malade s’est accru ; douleurs violentes dans les reins. Il y a huit jours, frisson et ensuite fièvre. Règles régulières. Pas de douleurs de tête. Toujours constipée.
Reçue à la Clinique, en avril 1884 : Assez grande femme, un peu amaigrie ; le matin apyrétique ; le soir, 38; pouls, 80, calme et régu-
lier, Langue chargée. Muqueuses assez bien colorées.
Rien de particulier aux poumons. Pointe du cœur dans le 4 es-. pace : à la pointe et dans les gros vaisseaux, bruits anémiques.
Rien du côté du foie, ni de la rate. Matité splénique petite. .
Ventre très proéminent, mais mou, matité dans les parties décli. ves. Fluctuation assez nette. La matité se déplace dans les changements de position de la malade. |
A l’examen, portio (museau de tanche), assez long. Fond de l’utérus attiré à droite et en arrière, entouré et fixé par de vieilles adhérences, Périmétrite chronique du côté droit et périentérite. Urines sans albumine..
Température, le soir, 38, 6. Insomnie à cause de violentes douleurs des reins.
g V. — Violentes douleurs dans le ventre. Respiration courte et superficielle. Toux sèche. En arrière à droite du thorax, matité jusqu’à la pointe de l’omoplate ; le même, obscurité du murmure vésiculaire.
À l’examen interne, tous les organes du bassin sont descendus à cause de la pression de l’ascite ; corps de l'utérus attiré à gauche el à droite; en arrière, un corps ovale, sensible et très élastique se laisse sentir. Exsudat dans toute la cavité abdominale ; ovaire droit manifestement enflé (menstruation commençante).
Température, le soir, 39, r. Insomnie à cause de violentes douleurs de reins.
17 V. — Ponction de la moitié droite du thorax; on relire un liquide en petite quantité contenant des cellules lÿmpbhatiques, des globules sanguins et quelques grandes cellules rondes avec un très grand noyau ovale.
Comme la malade allait plus mal de jour en jour et qu’elle perdait des masses verdâtres, on décida une laparotomie: toilette, narcose. Un liquide d’abord clair, puis jaune s'écoule, Péritoine très épaissi, hyperémié. Sur son feuillet pariétal, comme sur l'intestin, noyaux blanchâtres qui ne donnent pas l’aspect de vrais tubercules, mais plutôt de dépôts de péritonite chronique.
Les deux trompes transformées en tumeurs épaisses, en forme de vers. L’utérus est délivré péniblement de ses adhérences et on enlève les deux trompes. Les parois sont épaissies, surtout au niveau du pavillon. Dars leur lumière, on trouve un contenu qui rappelle
une tumeur maligne, mais la séreuse montre nettement en certains points la disposition en cellules géantes et cellules épithélioïdes à la périphérie. Tubercules dans la musculaire. Muqueuse ulcérée.
Dans le courant du mois de mai, pleurésie ; liquide jaunâtre, un peu trouble, qui se reproduit plusieurs fois.
\ la fin de mai, diarrhée tenace qui fait songer à la tuberculose intestinale. Dans le courant de juin, pertes purulentes, très fétides, par le vagin dans lesquelles on ne trouve pas de bacilles de Koch.
Mort de septicémie le 20 juillet.
À l'autopsie, utérus enveloppé d'adhérences : ulcérations sur le côté gauche de l'utérus, petits noyaux au niveau de la muqueuse, nombreux et ramollis.
Tuberculose pulmonaire en évolution.
OBSERVATION LXI (Kelly, John, Hopk. Plosp. Rep. Baltimore 1890. Vol. Il, p. 201)
YUBERCULOSE DE LA TROMPE DE FALLOPPE ETDU PÉRITOINE.