TUMEUR OVARIENNE
Ablation des ovaires et de la trompe de Fallope avec drainage suivie de guérison. Démonstration du bacille tuberculeux dans les coupes de
la trompe par M. Howard.
Bu... 42 ans, mariée à 19 ans et avait eu 8 enfants; le plus âgé à
17 ans et le plus jeune 5 ans. Elle avait eu après son 6° enfant une fausse couche à 4 mois qui succéda à l'extraction d'une dent sans anesthésie. Son dernier enfant demanda un travail laborieux ayant nécessité l'application d'un forceps faite après 48 heures de travail inutile. Depuis cette époque, la malade s'est mal portée. La mensitruation se produit tous les 16 jours. Elle est abondante, parfois presque jusque la syncope. Elle à passé la plupart du temps couchée au lit. - I y a un an, elle remarqua pour la première fois une petite tumeur dans le bas-ventre du côté gauche. Cette tumeur augmenta jusqu'à l'époque actuelle, où l'on sent une masse distincte aussi grosse qu'une tète d'adulte située au. fond de l'aine gauche.
Elle se plaint maintenant de douleurs dans les reins et dans le dos. Elle prend des pleurésies chaque hiver et tousse constamment.
Sa mère est morte à 4o ans d’une hémoptisie. Un des enfants est mort à 15 mois avec des convulsions. Les autres sont vivants et en bonne santé.
L'examen de l’urine ne montre rien d’anormal et on ne trouve pas de bacille tuberculeux dans les crachats.
Opéralion — 18 octobre 1889 : Après antisepsie ordinaire, l’abdomen fut ouvert par une ineision de 4 c/m et environ 1 1. de sérosité jaune s’échappa et se coagula au contact de l'air.
La tumeur, un kyste multiloculaire ovarien gauche, fut ponctionnée, transfixée avec des ligatures en soie, sectionnée et enlevée, après séparation d'avec de nombreuses adhérences très serrées avec le fond de l’utérus. L'ovaire droit était aussi gros qu'un citron, la trompe soudée sur sa surface externe était couverte de’ tubercules miliaires. Le péritoine pariétal et viscéral, ainsi que la grosse tumeur, étaient aussi parsemés de tubercules. L’intestin grêle en était tapissé en beaucoup d’endroits. Un tube de draînage en verre fut mis dans le pelvis à la partie inférieure de l’incision et celle-ci fut suturée.
Le jour suivant, l’abdomen était plat, une grande quantité de sérosité sanguinolente fluide avait coulé du drain. La malade vomissait fréquemment. On lui ordonna néanmoins une nourriture fortifiante. Le 2° jour, l'écoulement avait cessé et le drain fut enlevé. L'état général était excellent. Le 19° jour, elle quitta le lit,
L'examen microscopique des crachats était encore négatif. Pas de signe de tuberculose pulmonaire en évolution. Adhérences pleurales. La malade fut soulagée et n’eut pas de rechute.
Examen anatomo-pathologique. — L'ovaire gauche contient un grand kyste multiloculaire de la grosseur d’une noix de coco, avec un contenu clair, gélatineux. Un des petits kystes du milieu contient une. petite excroissance papillomateuse.
Sur l'ovaire droit, il y a un kyste simple de la grosseur d’un petit citron et sur la paroi interne de ce kyste on trouve aussi deux petiles excroissances papillomateuses.
A chacun de ces spécimen, des portions de la trompe étaient adhérentes. Les trompes de Fallope sont. trois fois plus grosses et
plus dures qu'à l’état normal. Leur enveloppe péritonéale est soudée avec celle des ligaments larges par de très petits tubercules miliaires.
Des coupes de trompes durcies dans l’alcool montrent une infiltration intense de petites cellules particutièrement nette sous l’épithelium qui est en partie détruit. La lumière de la trompe est dilatée etles petits cryptes de la trompe sont remplis en partie de détritus granuleux, de pus et de cellules épithélioïdes. L’infiltration de pelites cellules s'étend à travers la couche des fibres musculaires circulaires, la détruisant entièrement. Immédiatement sous le péritoine, elle est moins marquée. IL y a d'innombrables tubercules, généralement miliaires, dans cette infiltration de petites cellules. D’autres tubercules sont formés par la réunion des petits. Dans toutes ces néoformations, il y a de nombreuses cellules géantes typiques et des cellules épithélioïdes.
Quelques-uns des tubercules sont plus récents. Dans quelques-uns, il n’y a pas de caséification. Dans les plus gros, ily en a un peu.
Des coupes de la trompe colorées à la fuchsine phéniquée, examinées pour la recherche des bacilles tuberculeux, les montrent en petit nombre dans le voisinage des cellules géantes ; environ un bacille peut-être dans chaque coupe.
Les tubercules les plus avancés, et dans lesquels la caséification commence, s'étendent à l’intérieur des trompes. Cela montre que les trompes étaient le début de la maladie. De ce point, l'infection s’étendit et envahit le péritoine avoisinant,.