‹ De la salpingite tuberculeuseChapitre 33 sur 44 · OBSERVATION LXII · texte numérisé non relu

OBSERVATION LXII

(Amer., Journ., of. Obst., 1894. — Penrose et Beyea)

R. W. américaine, 36 ans, célibataire, couturière, entrée à l’hôpital en novembre 1893. Premières règles à 12 ans, toujours régulières jusqu’en janvier 1893, toutes les trois semaines et durant en moyenne 2 à 3 jours. De janvier à mars 1903, hémorragies utérines presque continues (tous les ou 3 jours), mais depuis ce moment jusqu’au 1° septembre, absence des règles.

Le 1°* septembre, elle commença de nouveau à perdre et l’hémorragie fut si abondante que la malade dut garder le lit. Elle aurait eu une hémorragie toutes les trois semaines et des pertes légèrement colorées dans l'intervalle.

Vers le milieu d'avril 1893, elle commence à se plaindre de douleurs dans la fosse iliaque gauche, le dos et les cuisses et du 15 avril au 5 juin, elle est confinée au lil par des douleurs dans la fosse iliaque gauche. Trois semaines avant l’entrée, douleurs moindres et amélioration énorme. En mai, cystite aiguë, douleurs dans la région hypogastrique, mictions fréquentes et douloureuses. Après un mois de traitement, les symptômes diparaissent à peu près, mais de temps à autre mictions fréquentes et douloureuses, surtout la nuit. Elle a de pénibles maux de tête et à l’entrée à l'hôpital, elle est très anémique.

Légère leucorrhée, selles régulières. La malade a toujours été délicate et incapable de tout travail pénible. Elle a eu les maladies habituelles de l'enfance : scarlatine, pneumonie il y a 10 ans, fièvre typhoïde il y a 4 ans. Etant énfant, elle fut sujette à tousser jusque 4 ans.

Comme antécédents héréditaires, père et mère vivants. mère atteinte de ramollissement cérébral. Cinq sœurs et quatre frères vivants, Deux sœurs malades, une de mal de Bright, une de cardiopathie ; toutes les autres sœurs sont délicates, une ayant eu une tumeur blanche avec ostéite du fémur.

L'examen vaginal montre une augmentation de volume de l'utérus et une petite masse kystique dans la région ovarienne gauche. Les annexes sont adhérents. On trouve des streptocoques dans l’écoulement précédant l'opération.

Laparotomie 23 novembre : Kyste de la taille d’une boule attaché à l’ovaire gauche. Deux trompes fermées, agrandies, de la taille d’un petit tube à culture et adhérentes de partout.

L’utérus contient dans sa paroi antérieure un petit flbrome sousmuqueux. Kyste, trompes et ovaires sont enlevés avec une difficulté considérable. Rupture du kyste. On fait des préparations avec le contenu tubaire pendant l'opération; on ne trouve aucun bacille.

Pas de draînage. Convalescence sans incidents. Pas de tempéra-

NT Re

ture au-dessus de 100° F. et normale constamment jusqu'au 6 décembre; alors ascension à ro2°, 6 F. La malade se plaint de maux de tête et de sensation de malaise général. On remarque du sang dans les urines plusieurs fois après l'opération. La température reste irrégulière avec ascension vespérale et chute le matin, jusqu'en février.

A l'examen intra utérin, on sentit un polype intra utérin de la taille d’une noisette à travers l'orifice externe. Le polype fut enlevé et la convalescence s'effectua sans symptômes graves jusqu'à la sortie de l'hôpital le 12 Février.

La plaie abdominale, après réunion par première intention, trois semaines après l'opération, s’ouvrit sans suppuration marquée et guérit très lentement par bourgeonnement.

Examen du sang fait ro jours après l'opération montre les globules rouges réduits à 50 °/,, l'hémoglobine à 45 °/. Au début de janvier, globules rouges 80 */,, hémoglobine 75 °/.

Elle quitte l'hôpital très améliorée ; anémie presque disparue.

Examen de la poitrine pratiqué plusieurs fois pendant le séjour toujours négatif, aucun signe de tuberculose.

Examen macroscopique des pièces. — Trompes et ovaires des deux “côtés, le Kyÿste ayant été déplacé. Trompe gauche tortueuse, longue

de 10 c/m., adhérences épaisses détruisant son péritoine ; augmen= lation générale de volume, surtout au niveau du tiers externe. Orilice abdominal fermé. Consistance dure. Hypertrophie de la couche musculaire. Lumière oblilérée sauf au 1/3 externe, contenant une petite quantité de pus épaisou de caséum; macroscopiquement, aucun. tubercule miliaire à la surface de section. Mésosalpinx complèlement obliléré, ovaire en rapport immédiat avec la trompe. Adhérences de l'ovaire augmenté de volume ; à la coupe. follicules peu développés.

La trompe droite environ de la même taille et longueur que la gauche ; adhérences épaisses et.dures. Lumière intacte. Orifice abdominal fermé. Ovaire analogue à celui de gauche. Mésosalpinx oblitéré. Aucun tubercule à la surface péritonéale des trompes et de l'ovaire, ni à la coupe macroscopiquement.

. Polype de la grosseur d’une noix, très dur, fibreux.

Examen microscopique. — Coupe au tiers moyen. Toute la muqueuse est infiltrée de tubercules miliaires innombrables, à tous les stades de développement. Lumière de la trompe droite apparente. Caséification de toute la muqueuse. Même état à gauche, mais lumière oblitérée et caséification plus marquée. Le plus grand nombre des tubercules miliaires présente des cellules géantes typiques et de la caséification au début, d’autres simplement des cellules épithélioïdes. En aucun endroit à gauche et en quelques endroits seulement sur la trompe droite, épithélium cylindrique normal. Quand il existe, il est toujours en rapport avec la paroi musculaire et forme une paroi d’une cavité pleine de pus. Le plus grand nombre des tubercules est entouré d’une infiltration de cellules rondes, quelquefois transformée en tissu fibreux. Au-dessous de la muqueuse, séparée dela musculeuse et rarement dans la musculeuse elle-même, on voit parfois de petits abcès multiples entourés d’une infiltration de cellules rondes. Musculeuse hypertrophiée et infiltrée de cellules rondes. A la surface, périsalpingite chronique.

. Aux deux extrémités, caséification plus marquée, nulle aux extrémités utérines. Conclusion : début au tiers externe.

. Quelques tubercules dans le parovarium et dans le mésosalpinx. Les ovaires sont transformés en tissu tuberculeux. Tubercules dans l'ovaire gauche. Présence du bacille. Rien à l'utérus: polype fibreux, sans caractère de tuberculose. ,

Conclusion : Tuberculose miliaire chronique latente de la trompe de Fallope, localisée à la muqueuse, sauf à l'extrémité utérine.

Tuberculose chronique miliaire du parovarium et du mésosalpinx.

Petit fibrome sous-muqueux de l'utérus.

Cette femme est une personne très respectable et sur laquelle on ne peut trouver aucune indication de rapprochement sexuel. Ce semble être un cas de tuberculose diffuse primitive de la trompe de Fallope, ayant débuté dans sa partie externe.

TE

Page 1