‹ De la salpingite tuberculeuseChapitre 38 sur 44 · OBSERVATION LXXIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION LXXIV

(Kundrat, — Archiv. für Gynacologie 1402.)

J. V.. reçue le 0 octobre 1900. Agée de 31 ans. Quatre accouchements normaux, deux avortements, dont voici la succession 1887 un accouchement normal, 1888 un avortement, 1890, 1801, 1896 un accouchement normal, 1899 un avortement. Règles toujours régulières, durant 6 ou 8 jours, sans douleurs. Depuis le dernier accouchement assez laborieux, la malade n'a pas eu une bonne santé. Des douleurs apparurent deux mois après cet accouchement, douleurs violentes et tirantes dans le bas ventre. De temps en temps,

des élévations de température. Règles comme auparavant. Depuis

le dernier avortement, les douleurs sont devenues très fortes: le plus souvent de la fièvre. La malade est très affaiblie, Règles lousours régulières et non douloureuses, absolument comme avant la maladie. Jamais de flueurs blanches Pas d’antécédents. N'a jamais été malade, Les enfants vivent el sont bien portants. Le mari jouit d'une excellente santé. à

Examen le 21 octobre 1900. Constitution el nutrition mauvaises. Organes internes normaux. Urines claires, sans sucre, ni albumine. Pas d'ascite.

Ulérus bien mobile. un peu liré en arrière. Erosion de la « portio ». Trompe gauche épaissie à son extrémité abdominale, l'ovaire un peu gros facile à senlir à côlé.

Rien d’anormal ne se laisse nettement sentir au niveau des annexes droites. Sur le ligament utéro sacré gauche, on sent un petit noyau. Comme l'examen sous anesthésie laisse entrevoir de grandes modificalions des annexes, on se décide à une cœliotomie vaginale.

Il y a de nombreuses adhérences dans le Douglas. Vers la portion isthmique des deux trompes, des noyaux inflammatoires se laissent constaler ; à ce niveau, les adhérences avec le péritoine sont encore plus intimes. Du côté du périloine, on ne sent que quelques noyaux plus pelils et épars. Les orifices du pavillon sont ouverts. La muqueuse est à ce niveau très rouge el enflammée. Les ovaires sont un peu gros.

On décide alors l’extirpalion lotale. Suites normales. Au 4° jour, simple élévation thermique jusqu’à 37, 6. Guérison le 16 octobre 1900.

La malade se (trouva bien jusqu’en mars 1901 ; aucune élévation de lempérature, aucune douleur, bon aspect. À la fin de mars, se produisirent de petites élévations lhermiques et de pelites douleurs sourdes dans la région de la vessie. On fit le diagnostic de cyslite dont l'étiologie, malgré des recherches cystoscopiques et HiCrOSCOpiques très minulieuses, demeura inconnue.

æœänen des pièces. Ulérus long de g c/m, épais de > c/m. Muqueuse du col recouverte d’une pelite quantité de mucosités. Muqueuse de l’ulérus très énflammée. La surface recouverte d’une masse visqueuse purulente. Si on enlève cetle masse par le lavage, ce qui n'est pas lres facile, la muqueuse se montre colorée en jaune en

quelques endroits avec de petits points rouges. Ces modifications comimencent 1/2 c/m au dessus de l’orifice cervical, laisse le fond libre en haut, en arrière et en avant. De la paroi de l'utérus, rien de particulier.

Les trompes montrent toutes deux des modifications assez semblables. Des deux côtés. des noyaux isthmiques de la grosseur d’une noisette. Le reste est de la grosseur d’un crayon. Le pavillon est ouvert, cependant les pavillons sont enflammés, leurs muqueuses colorées en bleu rougeâtre.

Une coupe à travers un noyau isthmique nous montre la lumière de la trompe un peu augmentée, un peu excentrique et attirée en bas : tout autour de celle-ci, sous la séreuse,de plus petites cavités. À la pression, il ne s'écoule ni liquide, ni masses caséeuses.

Les ovaires présentent la dégénérescence kystique.

Microscope. Muqueuse de l’utérus remplacée en grande partie par un tissu qui est bien caractérisé par de nombreux tubercules épithélioïdes et des cellules géantes. Le stroma de la muqueuse montre la formation d’une endométrite interstitielle, avec de nombreuses cellules rondes. À la partie supérieure du fond, où nous n'avions pu découvrir aucune lésion macroscopique, nous avons simplement une muqueuse atteinte d’endométrite avec un épithélium normal et des glandes normales. A ce niveau, on ne peut voir que quelques rares tubercules isolés.

Au niveau @es trompes, l’épaississement est dû à celui de la musculature et à la vérité de la couche circulaire qui entoure la lumière excentrique de la trompe, aussi bien que de la couche externe qui se compose de faisceaux musculaires en croix et plexiformes. La couche musculaire externe est infillrée de nombreux tubercules épithélioïdes avec des cellules géantes. Entre les faisceaux musculaires, une infiltration de petites cellules. La couche circulaire est libre.

Ovaires libres de tuberculose.

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