‹ De La Saponaire et De La SaponineChapitre 4 sur 11 · AGE · texte numérisé non relu

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Il fallait ensuite la débarrasser du suint (oisurov). Aristote, dans son traité des couleurs, nous explique comment se faisait cette opération. On se servait de lessive, c'est-à-dire d’une eau qu’on faisait filtrer auparavant à travers les cendres de bois; puis on la souméttait à l’action de l'urine ayant subi un commencement de putréfaction et on la foulait dans ee liquide, soit avec les mains, soit avec les pieds (3). C’est pour cela, dit un auteur latin, que ces ouvriers ne sont point sujets à la goulte.

L’urine de chameau était employée de préférence (Cameli… urinam fullonibus utilissimam esse tradunt) mais comme elle était assez rare, des baquets placés dans les carrefours des villes étaient destinés à recueillir l'urine humaine (4).

Quand la laine ou l’étoffe avait passé par le bain d'urine, on la faisait dégorger en la lavaut à grande eau; on achevait ensuite de lui donner le dernier degré de propreté dans un bain ou lon faisait bouillir le crpoubioy; ainsi que nous l'enseignent également Théophraste, Dioscoride et Hesechyus.

et linge qu’on apportait dans la boutique de son père. Car ce Calemus prétend (par calomnie) que Cicéron était fils de foulon.

(3) mali, sura echai, disaient les Grecs — «argutari pedibus », dit le grammairien Nonius-Marcellus.

(4) C'est sur cette urine que Vespasien préleva un impôt, el comme son fils Titus s’en plaignait : flairez cette pièce d'argent, lui dit un jour l’empereur, flairez, mon fils, et dites-moi si elle sent mauvais ?

— Non, répondit Titus. — C'est pourtant le produit de l'urine.

On connaît sans doute ce propos que Gallien rapporte d'un

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Une odeur infecte se dégageait des fouleries (1) et Martial, qui n’a pas toujours un style bien galant, dit en parlant à une vieille femme : « qu'elle aura beau se parfumer, que jamais elle ne pourra éviter qu’on ne la sente d'aussi loin que la tinette d’un foulon, »

Enfin les foulons nettoyaient aussi les vêtements; et, dans ce temps, où l'on avait coutume de manger à demi-couché sur des lits, où il était de bon ton, dans les repas de cérémonie, de se verser sur la tête des huiles parfumées, ils ne devaient pas manquer d'ouvrage. Mais la répugance qu'inspirait leur métier avait rejailli sur eux et ils s'en vengeaient par une honnêteté fort équivoque. Pour toutes ces raisons, ils ne pouvaient se recruter que dans la lie du peuple; et, si nous jugeons de leur langage habituel par ce que nous en ont laissé entrevoir les auteurs, nous serons suffisamment édifiés. Ainsi toutes les actions obscènes étaient exprimées par des termes consacrés au métier des foulons, et tous les écrivains anciens s'accordent à remarquer l'abus que les Grecs et les Romains faisaient de l'emploi de ces expressions. Julius Polux nous apprend que le mot « fullon » servait à Rome pour désigner les pédérastes, et l'eau sale et dégoûtante qui s’écoulait du lavoir des fouleries étant appelée r5ux, on ne désignait homme qui n’approuvait pas qu'on traitât les maladies d’après l'inspection des urines. C’est à un foulon, et non à un médecin, disait-il, qu’il appartient de juger la qualité de l'urine.

(1) Des lois spéciales régissaient les foulons ét leurs établissements. — Un article du code romain défend même au légataire d'une maison dont il n’a que l’usufruit, de la louer à un foulon à

cause des dégradations et dela dépréciation que cela entraînerait. Loque Marius. 3

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pas différemment à Athènes une courtisane usée, avilie. Nous pouvons donc hardiment conclure à l’étymologie que j'ai indiquée.

Cela établi, est-il nécessaire de prouver que le struthion des Grecs est bien la radicule des Latins? Je ne le pense pas; je vais, néanmoins, réfuter en quelques mots ceux qui ont cru voir dans le chapitre de Pline la description de deux plantes différentes.

En général, ce qu’on peut reprocher à tous les auteurs qui ont écrit sur cette question, c’est que décidés, avant tout, de prouver que notre saponaire n’est autre que le struthion, ils n’ont cherché à montrer que les points ressemblants, au lieu de s'attacher auparavant à bien établir le type de la plante décrite par le savant naturaliste latin.

Saumaise dit formellement qu’il y avait dans les boutiques des fouluns à Rome une certaine plante qu'ils appelaient « Radix lanaria» et il ajoute : «Je suis aussi sûr que Pline a confondu celle-ci avec Le piérov Xuptaxov, que je le suis que j'écris ces lignes». Voilà certes un écrivain convaincu.

Ameilhon, cet autre érudit dont personne ne conteste la valeur, ce bibliophile qui a passé sa vie à déchiffrer les anciens manuscrits et de qui Dacier a dit que c'était un chercheur infatigable se passionnant pour la vérité, se range à l'avis de Saumaise. Mais à la fin de son important travail sur cette question, cet homme qui montra plus d’une fois dans sa vie qu’il savait renoncer à des opinions préconçues s’aperçoit que pour prouver sa manière de voir sur la radicule, il vient de violer la

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