‹ De La Sarcomatose CutanéeChapitre 14 sur 68 · PET QE · texte numérisé non relu

PET QE

Le cas de Kübner se rapproche du type Kaposi par le développement des vaisseaux quiest considérable, par l'intéerité relative de l’épiderme et du corps papillaire. Mais il en diffère par les faits suivants : l’origine était au moins autant hypodermique que dermique, les cellules étaient fusiformes dans la plus grand partie des tumeurs, dans le reste elles étaient rondes. Un des faits les plus importants notés dans cet examen est que la formation cellulaire suivait: 1° le trajet des vaisseaux ; 2° le trajet des faisceaux conjonctifs ; 3° les follicules pileux normaux; 4° les glandes sudoripares normales. Kübner a fait cette remarque que le sarcome primitif de la peau ne différait en rien histologiquement des sarcomes cutanés secondaires qu'il avait eu occasion d’examiner.

Ici se place maintenant le cas que j'ai observé dans le service de M. Hallopeau; l'examen histologique a été fait par M. Gilbert, médaille d’or des hôpitaux, que je ne saurais trop remercier ici. Je transeris textuellement la note qu'il n'a remise; je suis persuadé qu'après l'avoir lue, on restera convaincu de la complexité de l'étude des sarcomes cutanés et de l'insuffisance des quelques examens histologiques annexés aux observations que j'ai relevées et traduites intégralement :

« L'examen histologique .a porté sur une nodosité sarcomateuse du volume d’un pois, sur un point de la peau saine en apparence, et sur une nodosité qui après avoir atteint les dimensions d’une grosse noix, était alfaissée, et n'avait laissé d’autre trace de son existence qu'une élevure pigmentée.

« l°Coupes pratiquées sur une nodosité sarcomateuse du volume d’un pois.

Sur des coupes faites perpendiculairement à la surface de la peau, l'on peut reconnaitre que la néoplasie s’est développée simultanément dans le derme et dans l’hypoderme. Elle est constituée par des agglomérats cellulaires de forme et de volume variables, qui tantôt sont nettement délimités et tantôt se fondent insensiblement avec les parties voisines. Les éléments qui constituent ces agglomérats sont partout vivaces et bien colorés par les réactifs (Fig. ? a). Quelques-uns sont ovalaires, la plupart sont arrondis; ils offrent en moyenne le diamère des leucocytes; ils renferment presque toujours un seul noyau relativement volumineux, contenant de fines granulations, au milieu desquelles on peut discerner une ou deux granulations plus volumineuses. Parmi et agglomérats sarcomateux, les uns sont pauvres en vaisseaux, les autres contiennentdes capillaires dilatés et sont gorgés de globules sanguins. (Fig. 2, c. c.) Ces capillaires ectasiés ont des parois normales; sur quelques points ils sont rompus et ont ainsi permis l’extravasation des éléments du sang.

« Traitées par le pinceau, ces coupes montrent par places au sein des amas cellulaires un fin réticulum.

« Préparées par le procédé de Gram, elles ne laissent point voir le micro-organisme décrit par Auspitz et Rindfleisch dans le mycosis fongoïde. Colorées par une s0lution aqueuse de violet de méthyle 5 B additionne d'huile d’aniline, décolorées dans l’alcool absolu, éclair-

— 66 — | cies par l'essence de girofle, et montées dans le baume âe Canada, elles apparaissent privées de bactéries.

«Les différents éléments de la peau sont indemnes ou peu altérés. L'épiderme est normal aussi bien dans son corps muqueux que dans la couche cornée. Les glandes sudoripares et les glandes sébacées, les follicules pileux et leurs musclesannexes, sont sur un très grand nombre de points complètement entourés par des amas néoplasiques, mais ils ne semblent en aucune façon modifiés dans leur structure.

« Les éléments du derme et de l’hypoderme sont sim= plement dissociès par les cellules néoplasiques qui à la périphérie d’un certain nombre d’agglomérats s’insinuent entre les faisceaux conjonctifs qu’ils séparent ou entre les vésicules adipeuses qu'ils isolent les unes des autres (Fig. ?, b. b.). Les vaisseaux sanguins de la peau paraissent, ainsi que les. glandes appeler autour d'eux la pullulalion sarcomateuse. Ils sont pour la plupart entourés d’un manchon plus ou moins épais de cellules rondes et ovalaires.

« 2° Coupes faites sur un point de la peau sain en apparence.

« L'on peut saisir dans cescoupesles phases initiales du processus sarcomateux. Au pourtour des glandes sudoripares (Fig. 1, f.etc.c.), des culs-de-sac sébacés et des follicules pileux (Fig. 1, a.), ainsi que le long des vaisseaux sanguins se montrent de nombreuses cellules néoplasiques. Dans les interstices des faisceaux conjonctifs du derme et de l’hypoderme (Fig. 1, d. d.), existent des trainées sarcomateuses qui offrent la mêmestructure que

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les agglomérats précédemment étudiés. La peau est donc altérée tout entière et les nodosités sarcomateuses ne répondent qu'à un maximun de lésions.

« 3 Coupes pratiquées sur une nodosité sarcomateuse en voie de disparition.

« L'hypoderme et le derme contiennent encore des amas Sarcomateux, Mais ceux-ci sont peu volumineux, et séparés les uns des autres par d’épaisses bandes de tissus conjonctifs (Fig. 3). L’épiderme et ses annexes sont inaltérés. Entre les faisceaux connectifs dermiques et hypodermiques (Fig. 3, e. e.), dans la tunique adventice des artérioles (Fig. 3, c.) et au sein des amas sarcomateux (Fig. 3, f.) sont déposées d'innombrables granulations pigmentaires. Ces granulations sont contenues dans le protoplasma des éléments cellulaires ou placées dans leurs interstices. Elles présentent les caractères microchimiques du pigment hématique.

Réflexions. — Les coupes que nous avons faites de la peau saine en apparence nous ont montré que les agolomérats sarcomateux prennent - principalement naissance au pourtour des glandes sudoripares et sébacées, des follicules pileux et des vaisseaux, c’est-à-dire au contact immédiat des parties vraiment actives de la peau. Procèdent-ils des cellules fixes du tissu conjonctif, ou des cellules migratrices? Existe-t-il une relation entre leur développement et le nombre peu élevé des leucocytes du sang? Ce sont là des questions que nous sommes tenus de laisser actuellement sans réponse.

«Les agglomérats primitivement distincts ne tardent pas à se réunir et à constituer des nodosités visibles à

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œil nu. Les capillaires sanguins qui les alimentent se dilatent et même se rompent. Parvenue &insi à Papouée de son développement la néoplasie mérite la désionation complexe mais significative de sarcome globocellulaire lymphadénoide angiomateux.

« Par quel mécanisme les nodosités s’affaissent-elles et marchent-elles vers la guérison ? Les éléments qui les constituent sont-ils repris par les vaisseaux et transportés en d’autres points du corps pour y constituer des nodosités nouvelles : le fait parait vraisemblable. Quoi qu’il en soit, au niveau des points guéris, l’on ne trouve plus entre les faisceaux conjonctifs du derme et de l’hypoderme que quelques cellules rondes vestiges des agolomérats anciens, et que des débris d’hématies reliquat du sang épanché ».

Je crois devoir placer ici le cas que M. E. Besnier à publié dans les Annales de dermatologie sous le titre suivant : € Sur un cas de tumeur de la peau à évolution clinique analogue à celle du cancer (cancer clinique) et à détermination histologique ambiguë, participant des caractères du lymphadénome et du granulome. »

Je reconnais bien volontiers avec mon excellent maitre, que l’évolution clinique de ce cas ne ressemble en rien à l’évolution du sarcome primitif de la peau; en se basant sur cette évolution clinique, il était d’ailleurs impossible de classer cette tumeur dans un groupe quelconque connu. À cet unique point de vue, le cas de M. E. Besnier ne servirait à mon sujet que pour le diagnostic; mais ce cas étant accompagné d’un examen histologique très complet et très soigné dû à M. Chambard,

me parait aujourd’hui, pouvoir être rapproché de la note de M. Gilbert : sauf la quantité de pigment observée chez notre malade, l’analogie entre les deux cas est à peu près parfaite. Or chez notre malade le diagnostic chnique de sarcome généralisé s’imposait avant tout examen histologique; ne devrait-on pas admettre alors que le cas de M. E. Besnier était un sarcome? et cela d'autant mieux qu'il me semble, qu'entre le granulome, le lymphadénome et le sarcome parvi-cellulaire, les différences anatomo-pathologiques ne sont pas considérables.

S'il en était ainsi, si le cas de M. Besnier rentrait dans le sarcome, il serait au point de vue anatomique la transition naturelle qui m’amènerait au dernier type que je veux décrire, c’est-à-dire, le sarcome globo-cellulaire simple hypodermique. Je sais bien qu’il restera toujours cette profonde différence que dans le fait de M. Besnier les tumeurs s’ulcérèrent et que dans les cas que je vais étudier, comme dans les précédents, cette complication ne se produit guère; mais j'envisage ici surtout le côté histologique de la question.

Sarcome globo-cellulaire simple hypodermique.

Trois observations me paraissent rentrer dans ce groupe : celle de Gairdner, celle de Dauchez-Legendre, et la mienne (obs. XX). Le cas de Dauchez-Legendre ne peut servir à une description histologique : les auteurs se sont bornés, en effet, à mentionner que les tumeurs de leur malade «étaient constituées en majeure partie par de petites cellules rondes et embryonnaires, séparées par des cellules fusiformes, et que dès lors ces tumeurs furent considérées comme des sarcomes ».

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