‹ De La Sarcomatose CutanéeChapitre 16 sur 68 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Nous serons bref sur le diagnostic des sarcomes cutanés généralisés, car nous ne pouvons reproduire ici les développements dans lesquels nous venons d’entrer et qui permettent de l’établir.

On pourrait à la rigueur diviser ce diagnostic en clinique-et en anatomique. On doit, en effet, pratiquer presque toujours l’examen histologique des productions morbides quand on soupçonne l'existence d’un sarcome, je dirais même dans toute tumeur de la peau quelle qu’elle soit : OT nous avons vu que cet examen histologique peut présenter parfois de réelles difficultés d’interprétation.

Nous laisserons cependant complètement de côté ce point particulier, car nous lPavons déjà traité au chapitre où nous avons exposé l'anatomie pathologique du sarcome idiopathique généralisé primitif de la peau, et nous y reviendrons en cherchant la place que l’on doit assigner au mycosis fongoïde dans le cadre pathologique. J] suffira si l’on désire plus de détails à cet égard de consulterles ouvrages d’histologie et d’yreleverles caractères différentiels qui permettent de distinguer au microscope le tissu sarcomateux vrai des carcinomes, des fibromes, des myômes, etc.

Nous n’envisagerons donc ici la question du diagnostic qu'au point de vue purement clinique.

Nous allons passer en revue les diverses tumeurs des téguments avec lesquelles on pourrait être tenté de

confondre les sarcomes idiopathiques multiples de la peau.

Ce sont d’abord des productions assez faciles à éliminer telles que les cysticerques, la morve, les gommes syphilitiques et scrofuleuses, le lupus, la lèpre, les nodosités rhumatismales, les névromes, les chéloïdes, asphyxie locale des extrémités. Puis viennent des néoplasmes d’un diagnostic plus délicat : tels sont les fibromes, les fibro-lipomes, les myômes, les adénomes, le carcinome et pour beaucoup d'auteurs le mycosis fongoïde.

1° Les cysticerques de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané, forment des tumeurs plus ou moins nombreuses, d’une grosseur très variable, mais ayant le plus souvent les dimensions d’un pois ou d’une noisette. Elles sont d'ordinaire plus globuleuses, plus élastiques que les tumeurs sarcomateuses, parfois même elles sont fluctuantes ; cependant elles peuvent avoir la même consistance qu’elles et être confondues avec ces néoplasies surtout lorsqu'elles siègent dans le tissu cellulaire souscutané. À leur niveau, la peau ne subit jamais de changement de coloration ce qui permet toujours de les différencier du sarcome quand elles sont intra-dermiques. Elles en diffèrent également par leur évolution beaucoup plus lente et surtout par ce fait qu’une ponction exploratrice permet dans l'immense majorité des cas d’en retirer un liquide caractéristique. Inutile d'ajouter qu’en cas de doute, la biopsie tranchera toujours la question.

2° Les symptômes généraux de la morve, son étiologie, les caractères même des lésions cutanées qu’elle produit sont tellement différents de ceux des sarcomes

qu’il n’est, ce nous semble, nullement besoin d’insister sur le diagnostic différentiel de ces deux affections.

3°Les gommes syphilitiques ont une évolution beaucoup plusrapide quelestumeurs sarcomateuses : sous-cutanées,elles grossissen trapidement, finissent par intéresser la peau qui rougit, s’enflamme, puis s’ulcère; intra-cu: tanées elles sont d'ordinaire un peu moins volumineuses que les précédentes mais évoluent en un laps de temps encore plus court. Leur nombre d’ordinaire assez restreint, leur coloration assez spéciale, parfois même leur mode de groupement, les douleurs périodiques dont elles peuvent s'accompagner, leur consistance ferme au début, puis de plus en plus molle, leurs ulcérations si caractéristiques, les antécédents des malades, enfin en cas de doute l’action rapide du traitement spécifique permettront toujours d'établir assez vite le diagnostic. On ne pourrait Vailleurs guére les confondre qu'avec la variété de sarcome que caractérisent des tumeurs hypodermiques, car la coloration des téguments au niveau des tumeurs sarcomateuses intra-cutanées en fera reconnaître presque toujours d'emblée la nature.

4° et 5°. Rien dans la sarcomatose cutanée idiopathique généralisées ne rappelle ni les gommes scrofuleuses dont la localisation, l'aspect, la consistance, le mode d'ulcéfation sont si spéciaux, ni le {upustuberculeux,maladie de la face et qui y reste localisée dans immense majorité des cas. Insister plus longtemps sur des affections aussi dissemblables de celle quinous occupe,nous semble inutile.

6°, La lèpre tuberculeuse pourrait parfois embarrasser

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