‹ De La Sarcomatose CutanéeChapitre 23 sur 68 · PUS · texte numérisé non relu

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quelques tumeurs disséminées, qui après l’ablation de deux d’entre elles se multiplièrent. Ces productions cutanées se montrèrent deux ans après la constatation de la tumeur parotidienne primitive.

Dans le cas de Webber, la tumeur des ganglions axillaires fut opérée une première fois, récidiva, fut enlevée une seconde fois deux ans après, et 6 ans après cette dernière extirpation se montrèrent de nombreuses nodosités sur le corps.

D'après cette analyse des observations, on voit que le début des tumeurs cutanées paraît se faire de dix-huit mois à deux ans après l’apparition de la tumeur primitive.

L'âge de ces cinq malades varie de 40 à 45 ans, sauf le cas de Butlin, qui se rapporte à un enfant de 10 ans.

Dès que la néoplasie à envahi les téguments, elle y forme des tumeurs en nombre très variable; peu nombreuses au début, la pullulation continue à se faire et on finit par en compter de 40 à 86 et 100 et même davantage.

Elles siègent principalement sur le tronc, il y en a pas ou peu sur le cuir chevelu, la face et les membres, en ces points l’éruption est discrète ou manque totalement — dans le cas de Kürte, il y en avait sur les grandes lèvres.

Comme volume, elles varient de la grosseur d’un grain de chènevis à celui d’un pois, d’un œuf de pigeon, et même elles peuvent avoir ? pouces de circonférence (Butlin). Les petites sont plates, lenticulaires ou orbiculaires, les plus volumineuses sphéroïdales, toutes ont

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des bords arrondis (Millard); elles sont dures ou plutôt fermes rappelant la consistance des fibromes, celle-ci est uniforme,on n’observe nulle part de points plus mous (Millard).

Leur indolence est absolue, A leur niveau la peau est normale pour les petites, pour les plus grosses elle est rosée, rouge; elle est mobile, le plus souvent sur elles (Butlin).

Comme siège anatomique, elles sont situées les unes dans l'épaisseur de la peau, en se prolongeant en partie dans l’hypoderme, les autres plus profondément dans le tissu cellulaire sous-cutané.

Dans le premier cas, elles ne sont pas mobiles, mais quand elles sont sous la peau, celle-ci est libre en général d'adhérences et glisse facilement sur elles, elles sont elles-mêmes mobiles sur les parties sous-jacentes.

Au point de vue de leur structure, elles sont semblables à la tumeur primitive, pourtant Butlin (obs. XXX VIT), a constaté dans l'examen des dernières tuineurs apparues une plus grande quantité de tissu réti« forme que dans la tumeur parotidienne et dans les deux premiers nodules qui s'étaient montrés sur le front,

La coupe donnait plutôt l’idée d'un Iympho-sarcome que d’un sarcome à cellules rondes constaté dans les tumeurs du début.

Dans les trois cas où le sarcome était fuso-cellulaire (Millard, Kübner, Webber), on trouva le corps papillaire et le derme infiltrés de cellules conjonctives augmentées de volume ; dans quelques nodositès, l'augmentation et l’accroissement des cellules fusiformes s’étendait jusque

dans le tissu cellulo-adipeux, la prolifération cellulaire se présentait sous laspect d’amas cellulaires (Kôbner).

Le système ganglionnaire paraît avoir été sain dans les observations de Webber et de Millard, il est dit très nettement dans cette dernière observation qu'il n°y avait même pas de retentissement sur les ganglions des régions où se développaient les tumeurs. Dans les cas de Käübner, Kôrte, Butlin, il y avait des tuméfactions ganglionnaires indolentes soit dans les aisselles, soit dans les aines.

Dans aucun cas on n’a trouve de leucocythémie.

L'évolution des tumeurs cutanées est en rapport avec la marche de la maladie : ou bien elles restent stationnaires, ou leur pullulation rest pas arrêtée et à chaque nouvel examen on en découvre de nouvelles, ou bien enfin les plus anciennes diminuent de volume pendant que de nouvelles apparaissent. Quelquefois en même temps qne la maladie s'aggrave, il se fait une poussée douloureuse du côté de toutes les tumeurs. Mais rarement elles s’ulcèrent; cette complication n’a été signalée qu'une fois (Butlin), et n'est survenue que pour deux tumeurs apparues en dernier lieu, au moment où la cachexie était déjà avancée. Un symptôme que l’on retrouve au contraire mentionné dans les observations et qui montre bien la malignité de ces productions morbides c’est la récidive des tumeurs enlevées soit dans un but thérapeutique soit pour éclairer le diagnostic (Millard, Butlin, etc.). La terminaison fatale survient non par le fait de la présence des tumeurs cutanées, mais à la suite de la généralisation viscérale des tumeurs. Pen-

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dant la vie, d’après les phénomènes observés on peut prévoir dans quels organes ces productions seront trouvées à Pautopsie. C'est ainsi que dans le cas de Kôbner il y avait de l’exophtalmie et l’on trouva dans les ? orbites au-dessus et au-dessous des globes oculaires deux tumeurs situées dans le tissu cellulaire sousconjonctival, la cornée gauche était perforée, des lésions crâniennes déterminaient des douleurs frontales térébrantes, lancinantes ; les tumeurs développées dans l’estomac produisaient des troubles de la digestion, enfin, dans les testicules existaient des tumeurs plus ou moins nombreuses, dans les albuginées, plus considérables au niveau de l’épididyme. Le malade mourut avec des phénomènes d’ædème cérébral.

La malade de Millard présenta des troubles pulmonaires, digestifs, de la diarrhée, de l’ascite, et mourut dans la cachexie. À l’autopsie on trouva les poumons hérissés, farcis de noyaux sarcomateux, les plus superficiels pédiculés, les autres sessiles, dans la veine cave inférieure, de gros bourgeons sarcomateux.

Dans le cas de Kürte, la cachexie survint à la suite d’une fistule recto-vaginale et lautopsie fit découvrir des tumeurs sarcomateusesnonseulement dans le tissu cellulaire sous-cutané et dans les ganglions lymphatiques, mais aussi dans le foie, les reins, le pancréas et les ganglions mésentériques. Le point où les lésions étaient le plus avancées, étaient le rectum à quatre doigts au-dessus de l'anus où un abcès s'était formé et avait en s’ouvrant établi une communication entre le rectum et le vagin.

Dans l'observation de Webber, le malade succomba

après avoir souflert de violents accès de toux, d’anxiété respiratoire et d’orthopnée ; lautopsie fit constater des adhérences pleurales, et au sommet de la cavité pleurale gauche le long de la colonne vertébrale une masse néoplasique considérable. Le foie, les poumons, le pancrèas, les reins et la substance du cœur étaient criblés de petites nodosités, on retrouvait le même état sur la face inférieure de la dure-mère. Enfin dans le cas de L. Holden et Butlin (obs. XXX VIP), il n'y avait pas de tumeur viscérale mais une chaine de ganglions engorgés le long de la paroi pelvienne de chaque côté du sarcome; les parois du rectum et les testicules étaient envahis par la néoplasie.

La durée de la sarcomatose viscérale et cutanée varie entre six mois et deux ans après la constatation des tumeurs cutanées.

Quant au mode de généralisation de la maladie de l'organe primitivement atteint à la surface cutanée, il est admis, ainsi que nous l'avons dit, que la propagation ne se fait pas par le système lymphatique mais bien par le système sanguin.

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