ACTES
comme les tâches sont évidentes; dans le tiers moyen de la face interne du bras gauche, on note une masse d'infiltration qui envahit toute l'épaisseur de la peau, le tissu cellulaire sous-cutané et une partie des muscles.
Encore dignes d’être notés les nodules qui sont sur les parties latérales des doigts et sur leur face dorsale depuis le commencement jusqu'à l'extrémité de la phalange, dépassant la première phalange ils empiètent sur la deuxième et la déforment considérablement.
Dans la paume de la main droite apparaît une plaque infiltrée de la dimension d’une pièce de deux sous qui se prolonge jusqu'à la commissure, d’une coloration violette et se relève par un ourlet périphérique au-dessus de la peau saine.
Membres inférieurs. — Là se trouvent également dispersées les mêmes lésions sur toute leur étendue; sur le dos et la plante des pieds on note vers la partie moyenne de larges plaques oblongues ayant le même aspect qu'à la main,ayant six centi= mètres de long sur quatre de large. La peau des pieds et des jambes est tendue et légèrement œdémateuse ; empreinte par la pression du doigt.
Organes génitaux. — On observe des nodules, des infiltrations sur le pubis, sur la peau du pénis et du scrotum. Sur le pubis on rencontre deux infiltrations concaves de forme demi-lunaire qui embrassent par leur concavité la racine du pénis ; sur la face dorsale de celui-ci, on trouve de petits nodules qui vers le prépuce forment une couronne près de son orifice, et empêchent de l’attirer vers la couronne; si on cherche à découvrir le gland c'est à peine si le canal urinaire devient visible.
Sur le scrotum existent des nodules de la grosseur d’un petit pois et à sa partie postérieure ils se confondent avec d'autres semblables qui siègent au périnée.
La peau conserve cependant sa sensibilité, celle à la tempé= rature paraît plutôt exagérée.
Ganglions lymphatiques. — Les cervicaux, inguinaires, axil-
laires sont un peu durs, mais mobiles, parfaitement distincts de la grosseur d’un pois chiche à un petit pois.
Sur les muqueuses accessibles au regard, rien à noter.
Les organes internes examinés sont sains, pas de phénomènes cérébraux.
Diagnostic : Mélano-sarcome ‘multiple idiopathique de la peau.
L'enfant resta une semaine à la clinique. L’affection resta Stationnaire jusqu'à la fin de mars, à cette époque l’éruption cutanée est devenue plus confluente : L'enfant perdit l'appétit, avait soif, la diarrhée et se plaignait de douleurs abdominales, Fièvre élevée qui dura trois jours. Le troisième jour, il eut de l’affaiblissement, de la somnolence, du coma et trois jours après, mourut avec des phénomènes de dyspnée, le 3 août
Autopsie. — 26 heures après la mort. Toute la surface cutanée estrecouverte de tâches bleuâtres d’une couleur plus intense sur l’abdomen et le thorax, grosse bulle à contenu sérohématique sur le pubis et le scrotum, œdème des membres inférieurs, précoce putréfaction. Le cuir chevelu est très infiltré. Pas d’adhérence entre la dure-mère et le cerveau qui est très développé, pas de tumeurs dans le cerveau. Thorax. — Liquide roussâtre abondant dans la cavité pleurale; sur les côtes et lesespaces intercostaux nombreuses tâches bleuâtres infiltrées au nombre de 10 à 12 pour chaque côte. Même aspect sur le péricarde qui contient aussi un liquide abondant sem blable à celui de la plèvre. Poumons normaux. Hypostase pro= noncée vers les bases avec œdème.
Foie : nodules blanchâtres à la face inférieure et supérieure, résistants à la coupe.
Rate : augmentée de volume et ramollie.
On conserve des morceaux des divers viscères de la main et du tiers inférieur de l’avant-bras gauche. Putréfaction rapide de ces fragments qui sont jetés. La main est conservée dans l'alcool.
Examen histologique,au niveau de la main.
L’épiderme dans plusieurs coupes ne montre aucune altération ; dans d’autres, la partie inférieure du corps de Malpighi est fortement pigmentée. Le chorionest très vasculaire, cette vascularité commence à partir du stratum épithélial ; il y a là des vaisseaux sanguins très dilatés en forme de lacunes remplies de globules sanguins qui ont complètement transformé le tissu papillaire. Les lacunes n’ont pas de parois propres, mais sont délimitées par des cellules très allongées, nucléo fuso-cellulaires, c’est la forme en plusieurs points du sarcome furo-cellulaire télangiectasique. Sur d’autres points, c’est le parvi-cellulaire ;les pointsles plus nombreux présententla première forme.
Il est à noter que sur d’autres points éloignés des vaisseaux, des éléments ronds ovalaires deux ou trois fois plus grands que les corpuscules sanguins avec un ou deuxnoyaux.
Les conduits des glandes arrivés au niveau du corps papillaire se développent sous la forme d’ampoules ou de massues avant d'entrer dans le stratum épithélial, probablement cette forme est dûe à la lâcheté du tissu conjonctif modifié par la vascularité qu'il a subi et conséquemment, se montre moins résistant.
La majeure partie des éléments néoformés ronds épithéliaux fusiformes qui se trouvent dispersés dans l’épaisseur du tissu conjonctif cutané montrent une infiltration pigmentaire qui, ordinairement est constituée par de petites granulations jauhâtres.
Les conduits des glandes sudorifères se montrent plus gonflés, plus épaissis dans leur paroi jusqu'aux conduits excréteurs qui sont entourés d'éléments sarcomateux pigmentaires.
Cas intermédiaires, de passage entre le type Kaposi
et le type globo-cellulaire simple hypodermique.