‹ De La Sarcomatose CutanéeChapitre 62 sur 68 · OBSERVATION XXXVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXVI

Kôürte (Deutsch Klinik, n° 22, 1863).

Tumeur sarcomateuse primitive de l’anus, son ablation, suivie de tumeurs sarcomateuses secondaires, développées dans la peau et divers autres organes.

RÉSUMÉ

Une femme âgée de 40 ans, vint demander un traitement pour ce qu'elle appelait des hémorrhoïdes. L'une de ces tumeurs, situées sur le bord de l’anus fut enlevée avec l’écraseur. La plaie guérit rapidement et l'écoulement hémorrhoïdal cessa.

La tumeur, plate, fissurée et recouverte d’une membrane muqueuse, présenta à l’examen microscopique tous les caractères d’un sarcome.

Vers l’automne de 1863 (le temps écoulé depuis la première opération n’a pas été noté), une tuméfaction ganglionnaire indolente apparut dans l’aisselle au niveau de la troisième côte et ne diminua pas sous l'influence des frictions avec la pommade à l’iodure de potassium.

Quelques mois plus tard, des tumeurs se montrèrent d’abord sur le sein gauche, puis en différents points du corps si bien qu’elles atteignirent le nombre de 70 à 80 disséminées sur tout le corps, depuis les aînes jusqu'au cou.

Elles siégeaient sous la peau à laquelle elles n'étaient pas adhérentes et n’étaient pas douloureuses.

On en trouvait aussi sur les petites lèvres et l’on pouvait penser qu’il en existait d’autres dans l’intérieur du bassin, car il se forma une fistule recto-vaginale, consécutive probablement à la suppuration d’une de ces tumeurs, et la malade mourut après deux ou trois mois dans la cachexie.

L’autopsie faite par Recklinghausen fit découvrir des tumeurs sarcomateuses, non seulement dans le tissu cellulaire sous-cutané et dans les ganglions lymphatiques, mais aussi dans le foie, les reins, le pancréas et les ganglions mésentériques.

Le point où les lésions étaient le plus avancées, était le rectum à quatre doigts au-dessus de l'anus, où un abcès s'était formé, et avait en s’ouvrant établi une communication entre le rectum et le vagin.

Kürte ajoute que ce cas montre la possibilité dans quelques cas d’une évolution maligne du sarcome, analogue à celle du carcinome.

OBSsERvVATION XXX VII.

Sarcome multiple chez un enfant de 10 ans, par Luther Holden, (St-Bartholom. Hôpit. Reports, 1878.)

RÉSUMÉ

Charles L..., 10 ans, garçon chétif, est admis à l'hôpital, le 18 juin 1875.

Tumeur de la région parotidienne gauche du volume d’une grosse noix, n’est douloureuse ni spontanément, ni à la palpation. Sa consistance est cartilagineuse, elle est lisse et unie mais paraît s’enfoncer profondément dans les tissus sous-jacents.

Elle a été remarquée un an auparavant, elle augmente de volume lentement.

Ablation de la tumeur qui adhérait fortement aux tissus voisins et a dû être séparée de la glande par une dissection attentive.

Examen microscopique par Butlin : sarcome à cellules rondes.

Quatre mois après, l'enfant revient avec deux petites tu-

meurs apparues sur le front à gauche, l’une est noirâtre et semble appartenir à la peau, l’autre a des connexions avec les tissus sous-cutanés. Pas de récidive de la tumeur enlevée. |

Ablation des deux petites tumeurs. Même structure que la première : infiltration de cellules rondes dans le derme et le tissu cellulo-adipeux sous-jacent.

Un an après (août 1876), le malade revient pour des tumeurs des testicules (le gauche est le plus volumineux), indolents, de consistance cartilagineuse, scrotum normal. Ils ont commencé à être atteints il ya 2 ou 3 mois. Cordon sain, pas de ganglions. Le traitement: à l’iodure de potassium n'amène aucun résultat. Après un intervalle de 11 mois (août 1877), le malade est revu, il a grandi, il a bon aspect, mais les testicules ont augmenté de volume et il existe à la face postérieure de la cuisse une tumeur apparue depuis six mois, une autre tumeur siège à l’angle inférieur de l’omoplate droit survenue depuis # mois, elle a 2 pouces de circonférence, et est mobile, peau rouge à son niveau. Une autre apparaît dans la région trochantérienne droite. Quelques mois après une autre se montre au niveau du grand pectoral gauche. On enlève cette dernière et celle près de l’omoplate.

A partir de ce moment, on voit apparaître des tumeurs à l’'avant-bras droit, sur le front (récidive sur place), à la face interne du bras droit. Les ganglions axillaires s’engorgent, les deux dernières tumeurs s’ulcèrent,

Pas d'augmentation de globules blancs (Butlin), mais petits corps sphériques isolés ayant presque l'apparence des coccus de Billroth.

Enfin, le malade meurt en août 1878.

Autopsie. — 11 n'y avait aucune tumeur dans les viscères de la poitrine et de l'abdomen, mais une chaîne de ganglions s'étendant le long de la paroi pelvienne de chaque côté près du sacrum.

Ces ganglions offraient les mêmes caractères généraux que les tumeurs, mais ceux du côté droit étaient plus volumineux que ceux du côté gauche et se terminaient,par une masse assez volumineuse qui descendait profondément dans le bassin autour du rectum dont les parois étaient sur une assez grande étendue envahies par la maladie.

L'examen microscopique de la tumeur du bassin, des ganglions engorgés et des testicules donna exactement le mème résultat que précédemment, sauf qu’il y avait une plus grande quantité de tissu rétiforme que dans les premières et les secondes tumeurs, de sorte que la coupe donnait plutôt l’idée d’un lympho-sarcome que d’un sarcome à cellules rondes (Butlin).

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