LISTE PROPOSÉE DE VINGT MEMBRES
Le capitaine sir Robert-J. Le Mesurier Mac-Clure, de la marine royale anglaise , à Londres. — Découverte du passage du nordouest.
Le capitaine sir Francis-Léopold Mac-Clintock, de la marine royale anglaise, à Londres. — Découvertes dans les régions arctiques.
L'amiral Richard Collinson , de la marine royale anglaise, à Londres. — Découvertes dans les régions arctiques.
Le révérend David Livingstone, à Londres. — Découvertes dans le sud et dans le centre de l’Afrique. (Nommé le 15 février 1869.)
Le major J. -A. Grant, de l’armée de l’Inde, à Londres. — Voyage de Zanzibar à Gondokoro, en compagnie de feu le capitaine Speke.
Sir Samuel W. Baker, à Hedenham-Hall, Bungay, comte de Norfolk (Angleterre). — Exploration et découverte du lac ALbert N’Yanza, dans l’Afrique équatoriale.
Le capitaine Richard-F. Burton, de l’armée de l’Inde, à Londres. — Découvertes dans l’intérieur de l'Afriqüe orientale.
Gerhard Rohlfs, à Hambourg. — Explorations dans l’Afrique centrale.
Charles Darwin, à Londres. — Naturaliste du vaisseau de Sa Majesté Britannique le Beagle, dans son voyage autour du monde.
Le docteur, professeur Ferdinand von Hochstetter, à Vienne. — Naturaliste de la frégate autrichienne la Novarci, dans son voyage autour du monde.
L’ACADÉMIE DES SCIENCES
L’amiral Charles Wilkes, de la marine américaine, à Washington.
— Explorations et découvertes dans l'hémisphère méridional et dans les régions antarctiques.
L’amiral M.-F. Maury, de la marine américaine, à Washington. — Grands travaux hydrographiques et de géographie physique de la mer.
Le général John-C. Frémont, de l’armée des États-Unis, à Washington.— Explorations dans les Montagnes-Rocheuses, l’Orégon et la Californie.
Le docteur Isaac-I. Hayes, à Philadelphie. — Explorations et découvertes dans les régions arctiques. Ancien compagnon de voyage de feu le docteur Kane.
Le docteur, professeur A. -Th. von Middendorff, à Saint-Pétersbourg.
— Explorations et découvertes dans les parties septentrionales et orientales de la Sibérie.
Le comte P.-E de Strzelecki, à Londres. — Explorations et découvertes à la Terre de Van Diemen, dans la Nouvelle-Galles du Sud* et dans la province de Victoria.
Le docteur August Petermann, à Gotha. — Travaux géographiques.
Le baron Hermann von Schlagintweit, à Munich. — Explorations dans l’inde anglaise et au Thibet.
Le capitaine Sir James Anderson, du vapeur le Great-Eastern , à Londres. — Pose des câbles pour les télégraphes transatlantiques.
Le comte Francis de Castelnau, consul général, à Melbourne. — Exploration des parties centrales de l'Amérique du Sud.
Physique générale , neuf membres correspondants. Ce nombre devrait être porté à douze, et l’on devrait y voir figurer des hommes comme Morse, l’inventeur de la télégraphie électrique. Clausius aussi devrait être reporté dans cette section. Enfin, les météorologistes devraient y occuper une large place. Des savants, comme feu L. F. Kaemtz de Dorpat, comme H. W. Dove de Berlin, comme Glaisher de Londres, ont eu, ou ont une tout autre réputation que Babinet ou Edmond Becquerel. Puis il y a John Tyndall, l’auteur des Glaciers of the Alps et le successeur de Michael Faraday; le général J. H. Lefroy, ancien directeur de l’ob-
servatoire de Toronto et auteur des observations magnétiques et météorologiques au lac Athabasca ; Louis Blodget, l'auteur de Climatology of tlie United-States ; Joseph Henry, directeur du Smithsonian Institution; le professeur Louis Soret de Genève ; le professeur Louis Dufour de Lausanne ; le professeur Elias Loomis de Yale College. 11 n’y a que l’embarras du choix pour composer une section brillante de physiciens et de météorologistes, correspondants de l’Académie.
Chimie , neuf membres. Ici aussi le nombre des correspondants est beaucoup trop faible ; de grandes capacités et de grands inventeurs n’en font pas partie ; on n’y voit ni le nom de Kirchhoff, le collaborateur de Bunsen, dans la découverte de l’analyse spectrale; ni Grookes, qui a découvert le thallium ; ni Ritcher, ni Reich, qui ont découvert l’iridium. La chimie organique tend à prendre de si vastes développements, qu’il faut lui faire une large place aussi; et, en portant le nombre des correspondants dans la section de chimie à vingt-quatre, on peut dire que ce n’est pas exagérer l’importance de cette science et le rôle qu’elle joue aujourd’hui dans le monde savant.
La Minéralogie a huit membres correspondants. Après la modification profonde que j’ai proposée sur cette section, en réduisant à trois le nombre des membres ordinaires, il y aurait assez de six membres correspondants.
La Géologie , comme la chimie et la mécanique, devrait avoir vingt-quatre membres correspondants. Tous les peuples civilisés d’aujourd’hui reconnaissent la haute valeur de cette science moderne, la cultivent, l’encouragent, et il n’y a qu’en France où elle reste stationnaire, par la faute des entraves administratives et des corps privilégiés. L’Académie elle-
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même a des reproches sérieux et graves à s’adresser là-dessus, et si elle veut véritablement accomplir sa mission de grand centre et de foyer lumineux de la science, il lui faut réparer de trop longs oublis. Sur les listes des correspondants actuels de l’Académie, il n’y a pas un seul géologue de la Suisse, de l’Allemagne, de la Scandinavie, de la Russie, de l’Italie, des États-Unis, de l’Australie, de l’Inde, de l’Amérique méridionale. L’Académie ignore la géologie. C’est aussi triste que profondément humiliant pour l’honneur scientifique de la France. Les meilleurs géologues disparaissent sans avoir eu aucun témoignage de sympathie ou même une simple constatation de leur existence de la part de la science officielle française. C’est ainsi qu’ont disparu William Smith, de Charpentier, Thurmann, Oppel, Freiseleben, Forchhatnmer, de Collegno, Bronn, Édouard Forbes, Dumont, Leonhard, Pareto, Casiano de Prado, Emmons, Macclure, etc. Les savants les plus connus et les plus populaires de nos jours, sont des géologues, et rien ne serait plus facile que de remplir une liste de vingt-quatre correspondants des noms les plus honorables et les plus respectés. Je ne puis m’empêcher d’en établir une, convaincu de n’être désavoué par aucun de mes confrères du marteau des divers pays :
géologie (24 membres correspondants)
Pierre Mérian, à Bâle (Suisse).
Bernhard Studer, à Berne (Suisse).
Arnold Escher de la Linth, à Zurich (Suisse).
Alphonse Favre, à Genève (Suisse).
H. Bruno Geinitz, à Dresde (Saxe).
Oscar Fraas, à Stuttgard (Würtemberg) .
Carl-F. Naumann, à Leipsic (Saxè).
Ernst Beyrich, à Berlin (Prusse).
Théodore Kjérulf, à Christiania (Norwégè).