TRAITEMENTS DES ACADÉMICIENS
J’ai déjà dit que le traitement des académiciens devrait être augmenté et figurer sous son vrai nom de traitement au lieu d’être appelé « indemnité. » Quatre mille francs seraient un chiffre, qui assurément est bien modeste, lorsque l’on considère la vie matérielle à Paris, et qu’on pense qu’il y aura toujours plusieurs membres de l’Académie qui n’auront pas d’autres ressources pécuniaires. Les secrétaires auraient huit mille francs et les membres honoraires deux mille francs. Enfin il y aurait un jeton de présence de vingt-cinq francs par séance, pour les membres ordinaires seulement. Les secrétaires et les membres honoraires n’y auraient pas droit.
Toutes ces modifications dans le personnel et dans les traitements, entraîneraient une augmentation assez notable dans le budget de l’Académie; et le refrain perpétuel du manque d’argent sera invoqué, comme dernière raison, pour s’opposer à toute espèce de changement dans l’état actuel des choses. Quand une nation jette des milliards dans le gouffre de la guerre, que sans sourciller, et après les expériences les plus dures, les plus cruelles et les plus palpables, elle prodigue de nouveau sa force et sa richesse, pour
DE LÀ SCIENCE EN FRANCE faire moissonner la fleur de sa jeunesse et enregistrer dans ses annales l’évacuation de Mexico, elle a certainement mauvaise grâce de se rejeter sur le manque d’argent, et d’invoquer le non possnmus de sa bourse. Il serait beaucoup plus simple et plus honnête de dire qu’on ne veut pas donner d’argent pour la science, parce qu’on préfère le jeter par la fenêtre, et qu’ enfant prodigue, on en est au gaspillage et non à l’emploi utile des ressources.