‹ De la science en FranceChapitre 26 sur 39 · ZOOLOGIE, PALÉONTOLOGIE ET GÉOLOGIE · texte numérisé non relu

ZOOLOGIE, PALÉONTOLOGIE ET GÉOLOGIE

1829-31. — Selecta généra et species piscium, quos in itinere per BrasUtam annis MDCCCXVII-XX peracto collegit et pingendoseuravit. En collaboration avec Spix, 2 vol. in-folio, avec 55 pl. lithographiées et 46 pl. gravées. Munich (Bavière).

1833-43. — Recherches sur les Poissons fossiles , 5 vol. in-4 et 5 vol. de pl. in-folio. Soleure (Suisse).

1835. — Description de quelques espèces de Cyprins du lac de Neu~ châtel, qui sont encore inconnues aux naturalistes , in-4, 2 pl. Neuchâtel (Suisse).

1835. — Notice sur les fossiles du terrain crétacé du Jura neuchâtelois , in-4, avec une pl. Neuchâtel.

1836. — Prodrome d’une monographie des Radiaires ou Echino dermes , in-4. Neuchâtel.

1838. — Géologie und Minéralogie in Beziehung zur natürlichen Théologie, vom Rev. Dr. William Buckland , 2 vol. in-8, 69 pl. Neuchâtel.

1838- 42. — Monographies d’Echinodermes vivants et fossiles, 4 vol. in-4 avecpl. En collaboration avec MM. Desor et Valentin. Neuchâtel.

1839. — Notice sur quelques points de Inorganisation des Euryales, accompagnée de la description détaillée de l’espèce de la Méditerranée , in-4 avec 5 pl. Neuchâtel.

1839- 40. — Description des Echinodermes fossiles de la Suisse, 2 vol. in-4 avec pl. Soleure.

1839-40. — Histoire naturelle des poissons d’eau douce de l’Europe centrale, in-folio. Soleure.

1840. — Catalogus systematicus ectyporum Echinodermatum fossilium Musei Neocomensis, etc., in-4, Neuchâtel.

1839-42. — Mémoire sur les moules de Mollusques vivants et fossiles, 2 vol. in-4 avec pl. Neuchâtel.

1840. — Études sur les Glaciers, 1 vol. in-8, atlas de 32 feuilles in-folio. (Traduction allemande du même ouvrage.) Soleure.

1840-45. — Études critiques sur les Mollusques fossiles ( Trigonies et Myes ), 2 vol. in-4 avec pl. Neuchâtel.

1842-46. — Nomenclator zoologicus, continens nomina systematica generum animalium , tam viventium quant fossilium , in-4. Soleure.

1844-45. — Monographie des Poissons fossiles du système Dévonien, 4 vol. in-folio avec atlas. Soleure.

1845. — Iconographie des coquilles tertiaires , in-4 avec pl. Neuchâtel.

1846. — Nomenclatoris zoologici index univer salis, etc., in-4 et in-12. Soleure.

1846. — Anatomie des Salmones, in-4 et atlas de 14 pl. Eh collaboration avec K. Vogt. Neuchâtel.

1847. — Nouvelles études et expériences sur les glaciers actuels , leur structure , leur progression et leur action physique sur le sol, in-8, avec un atlas in-folio. Paris.

1847. — Catalogue raisonné des Echinides vivants et fossiles, in-8, avec pl. En collaboration avec E. Desor. Paris.

1847. — Introduction to the study of natural History, in-8. New- York.

1848-56. — Bibliographia zoologiæ et geologiæ, (publié dans le Ray-Society, en collaboration de H. E. Strickland,) 4 vol. in-8. London.

1848. — Principles of Zoology, in-8. En collaboration avec A.- A. Gould. Boston. (Traduction allemande et française; cette dernière sous presse.)

1849. — Contributions to the natural History of the Acalephœ of North- America, 2 parties, in-4 avec 16 pl. Boston.

1850. — Lake Sugerior : its physical character, végétation , and animais, compared with those of other and similar régions, in-8 avec pl. Boston.

1853. — On extraordinary Fishes from California, constituting a new family, in-8. New-Haven, États-Unis.

1854. — Notice of a collection of fishes from the Southern Bend of the Tennessee river , Alabama, in-8. New-Haven.

1854. — Sketch of the natural provinces of the animal world and their relation to the different types of man, in-8. Philadelphie.

1857-62. — Contributions to the natural History of the United - States of Am rica, 4 vol. in-4 avec pl. Boston.

1858. — Essay on classification, in-8. London. (Une traduction française vient de paraître chez G. Baillière.)

L’ACADÉMIE DES SCIENCES

1863. — Methods of study in natural IJisfory , in-12. Boston.

1860-67. — Report of the Director of the Muséum, of comparative Zoology , for the years 1859-60-61-62-63-64-65 et 1866, in-8. Boston.

1865. — Geologiral Sketches , in-8. Boston.

1866. — Conversacoes scientificas sobre o Amazonas feitas na sala do externato do collegio de Pedro II, in-8. Rio-Janeiro (Brésil).

1868. — Life and Travels in Brazil, in-8. Boston et London. (Une édition française est sous presse chez Hachette, à Paris, ainsi que des traductions portugaise et allemande.)

De pareils titres ont paru insuffisants aux auteurs du pblébaniérisme et du pentagone. Que M. de Beaumont ait regardé les travaux de M. Agassiz sur les glaciers et sur la paléontologie comme dangereux et indignes d’entrer en lice, cela se comprend. Mais M. Edwards qui, je pense, n’a pas de prétentions à être paléontologiste, ni géologue, ne pouvait pas avoir les mêmes répugnances que le secrétaire perpétuel ; et son opposition ne paraît pouvoir s’expliquer que par des considérations personnelles, qui semblent jouer toujours un si grand rôle dans tous les actes et dans toute la vie du directeur de la Ménagerie du Muséum. On a dit pour excuse, qu’il y avait déjà assez de zoologistes parmi les associés étrangers, et que l’on voulait y avoir un géologue. 11 y a quelques années qu’il n’y avait, presque pas d’autres savants que des géologues dans cette section ; savoir : de Buch, de La Bêche et de Humboldt. D’ailleurs, à la rigueur, Agassiz peut passer pour un géologue ; et si l’on voulait un géologue, il y en avait un tout prêt sous la main, qui valait infiniment mieux que Murcbison, et qui était indiqué par ses travaux des plus importants et même par son âge, puisqu’il a été notre maître à tous, y compris M. de Beaumont, qu’il a précédé dans la science en publiant la pre -

mière carte géologique de la France. C’est M. d’Omalius d’Halloy, de Belgique, correspondant de l’Académie, dès 1842. Mais non; on voulait de sir Roderick Murchison, correspondant de l’Académie depuis 1844, parce que depuis 1854, il écrivait lettre sur lettre à un grand nombre d’académiciens, pour briguer le titre d’associé étranger ; et que depuis longtemps, il avait su, par son influence à Londres, faire envoyer à plusieurs membres de l’Académie des sciences de Paris divers brevets^ et médailles. Ces deux dernières considérations l’emportèrent enfin; M. Edwards, de qui dépendait l’élection, n’hésita pas à mettre de côté Agassiz ; pour M. d’Omalius, on n’y pensa même pas, il est trop modeste; et feu Pouillet, abandonné, vit ses collègues de la commission passer avec armes et bagages dans le camp du roi Caradoc (chef des Silures). Six fois de suite, depuis 1855, année de l’élection d’Herschel, M. Pouillet avait pu écarter Murchison ; la septième fois il succomba, et enfin, l’auteur de Siluria a obtenu, en 1868, la très-haute faveur de pouvoir faire inscrire sur son cercueil, comme Robert Brown : Associé étranger de V Académie des sciences de Paris.

Il est presque inutile de dire que M. Agassiz n’a jamais écrit à aucun académicien, ni à personne, pour une place d’associé étranger; et que lorsqu’il a su que ses titres avaient été soutenus au sein de la commission par Pouillet , c’était longtemps après que l’élection avait eu lieu. Voici ce qu’il m’en écrivait au mois d’avril 1868 : « Je vous remercie infi- » niment de l’intérêt que vous portez à ma présentation '» pour une des places vacantes parmi les associés étrangers » de l’Académie des sciences. Vous savez combien je suis » peu ambitieux de ces distinctions, je puis même ajouter

L’ACADÉMIE DES SCIENCES

» que la pensée qu’on pourrait songer à moi, en cette occa- » sion, m’a empêché d’adresser à l’Académie deux Mémoires » que j’ai achevés l’été dernier, l’un sur l’embryologie d’un » poisson de l’Amazone, l’autre sur la copulation des raies, » par la seule crainte que je pourrais paraître briguer cet » honneur. Par la même raison , je me suis abstenu depuis » quelque temps d’écrire aux professeurs du Jardin des » Plantes avec'lesquels j’étais en correspondance. Que l’on » puisse solliciter soi-même de pareilles faveurs , c’est » ce que je ne comprends pas. » Avec de semblables idées, M. Agassiz , comme M. d’Omalius , comme William Smith, comme Morton, comme Darwin, etc., etc., mourra certainement sans la fameuse inscription de cercueil, si chère à sir Roderick Impey Murchison.

Probablement ce que je viens de dire sur l’élection d’un associé étranger, a dû déjà se répéter plusieurs fois, et si je suis entré dans tant de détails, que beaucoup de personnes regarderont sans doute comme indiscrets, c’est qu’il est important en pareilles matières de dire l’exacte vérité, et de parler avec certitude de ce qu’on a vu soi-même. D’ailleurs, puisque l’Académie est officielle et figure au budget, ses actes appartiennent au public et doivent être discutés et soumis au contrôle de l’opinion. Si même on faisait plus souvent une critique sévère de ses actes, en exposant franchement les mobiles auxquels elle cède beaucoup trop, cela exercerait une bonne influence, l’Académie et les académiciens y regarderaient de plus près avant de céder aux entraînements, aux considérations secondaires, au lieu de n’avoir en vue que l’intérêt de la science.

Les intrigues et les considérations personnelles ont pénétré à l’Académie, non-seulement pour la distribution des

prix, des médailles et des fonds, mais encore dans ce qui était regardé comme l’auréole, comme le couronnement de ce corps savant officiel. 11 faut briguer pour y arriver, et les académiciens engagés de plus en plus dans cette voie malsaine de la flatterie et de l’orgueil, se figurent de bonne foi, comme M. Delaunay, qu’ils forment le premier corps savant du monde.

SÉANCES DE l’aCADÉMIE

On a souvent parlé et décrit des séances de l’Académie. Cependant il faut assister à deux de ces séances pour s’en faire une idée exacte. Si c’est une séance ordinaire, sans élections ou comités secrets pour des élections, vous voyez entrer dans une salle sans ventilation et des plus mal éclairées, au Palais impérial de l’Institut, un certain nombre de vieillards, qui s’asseoient successivement sur des fauteuils placés devant des tables vertes ; ils vont, ils viennent, causent entr’eux, sans prêter la moindre attention, à ce qu’un secrétaire perpétuel est censé communiquer. Il y a ensuite des lectures faites par des académiciens, et qui n’obtiennent pas davantage l’attention de l’assemblée, qui au premier aspect représente une réunion d’hommes des plus ennuyés que l’on puisse imaginer. Pas de figures jeunes là-dedans ; la décrépitude partout ; au lieu d’être dans le sanctuaire de la science, vous pensez vous être trompé de porte et être entré dans une salle de vétérans. Même les plus jeunes académiciens — et quand on dit les plus jeunes, on parle d’hommes de quarante ans passés — sont ceux qui trop souvent présentent le triste spectacle le plus accentué de la

L’ACADÉMIE DES SCIENCES

décadence des forces physiques. Qui ne se rappelle Audouin, Foucault et Jobert de Lamballe, et aujourd’hui même, que l’on regarde Pasteur et Claude Bernard !

Le bureau, qui en général, dans toutes les Académies et Sociétés savantes, représente la partie active des assemblées, est ici au contraire ce qu’il y a de plus inerte et de plus compassé; immobiles et guindés, ses membres semblent remplir des rôles de commissaires de l’hôtel de la rue Drouot. Communications, lectures, correspondances sont remises aux mains des secrétaires, qui taillent, tranchent à leur fantaisie au milieu de tout cela; et l’on a, huit jours après, le Compte rendu imprimé de la séance, présentant le méli-mélo , le poudingue le plus hétérogène qu’il soit possible de rencontrer. Rarement un travail sérieux de quelque valeur ée trouve dans ces publications faites au pied levé; il n’y a guère là que des réclamations oiseuses, des discussions entre académiciens qui se détestent entr’eux, des sortes de petites affiches pour les candidats qui briguent un fauteuil ou une place de professeur.

Autour de la salle, se trouvent des banquettes pour le public, et quel public! Il faut l’analyser un peu pour le comprendre. D’abord, vers le milieu, des journalistes faisant le métier de reporters résumant ce qui se passe dans les séances ; puis des postulants à l’Académie, des candidats, des aspirants à la candidature, des inventeurs maniaques, des abbés défroqués ou qui devraient l'être, deux 'ou trois savants étrangers de passage à Paris, et qui sont venus se fourvoyer au milieu de ce mélange, qu’ils ont peine à comprendre. Ils ont plus de peine encore à entendre ce qui se lit et ce qui se dit.

Après une demi-heure ou une heure de ce brouhaha, on renvoie de la salle les spectateurs, et il lie reste que les aca-

démiciens. C’est alors ce que l’on nomme le comité secret ; où les savants français officiels s’occupent à déchirer à belles dents leurs adversaires, ou à louer leurs amis et leurs clients. Beaucoup de sciences n’étant pas ou peu représentées dans l’Académie, il faut entendre les énormités qui s’y disent. C’est là où le pentagone a dû éclore;

Les jours d’élection, l’Académie prend un air d’animation insolite; les va-et-vient se multiplient, les visages sont moins ennuyés que de coutume; on attend le scrutin avec impatience; enfin, on dirait que la vie va entrer dans l’assemblée; mais ce n’est qu’une illusion, qu’un feu de paille; l’élection achevée, tout rentre dans l’atmosphère lourde et soporifique habituelle.

Il n’y a jamais à l’Académie ce qu’on peut appeler un public de savants, par la bonne raison que des savants ne peuvent décemment aller dans une réunion dont ils ne font partie à aucun titre, et où on ne les reçoit que par une tolérance, une véritable faveur, qui d’ailleurs n’est pas de longue durée ; car souvent une demi-heure ou trois quarts d’heure après l’entrée , un huissier vient sans façon faire évacuer la salle, sous le prétexte que l’Académie se forme en comité secret. Cette manière un peu brutale, en usage parmi les corps politiques qui délibèrent, ne convient nullement à la science ; et si l’Académie a besoin de se réunir en comité secret, elle devrait choisir d’autres jours que ceux des séances publiques.

Tout cela est bien peu digne, bien peu édifiant ; et c’est avec un sentiment de tristesse que l’on quitte ce que l’on appelle les assises de la science officielle, pour aller chercher ailleurs s’il n’y a pas mieux, et si vraiment la science en France n’a pas d’autres sanctuaires.

L’ACADÉMIE DES SCIENCES

Page 1