‹ De la science en FranceChapitre 38 sur 39 · ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

ÉTATS-UNIS

En racontant les diverses tentatives faites pour réorganiser le Jardin des plantes, j’ai donné la liste des commissaires chargés à diverses reprises de faire des rapports, soit sur la réorganisation, soit sur le matériel ; et à l’exception delà commission de 1849, où l’on trouve deux ou trois simples citoyens, MM. de Verneuil, Passy et Corne, toutes les autres sont composées d’employés de l’Etat, tels que généraux, conseillers d’Etat, professeurs, conseillers de la Cour des comptes, bureaucrates du ministère de l’Instruction publique, ingénieurs du Corps impérial des mines, etc. En Amérique, on évite avec le plus grand soin de placer dans les commissions des employés de l’Etat, et lorsqu’il en entre, ce n’est qu’à titre consultatif. Du reste aux Etats-Unis, il n’y a pas de Conseil d’Etat, de Cour des comptes, de ministère de l’Instruction publique, de ministère des Travaux publics, de Corps des mines, etc. ; ce qui n’empêche pas le pays de s’administrer admirablement, et d’être un des pre-

miers dans la voie du progrès, de la richesse et de l'indépendance.

Je ne donnerai pas toute l’histoire de la création du Musée de zoologie comparée (Muséum of comparative zoology) de l’université de Cambridge, malgré le grand intérêt qu’il y aurait, je crois, pour beaucoup de mes compatriotes, de voir le grand nombre de personnes qui, par leur initiative et leurs efforts, concourent et prennent intérêt à tout ce qui touche à la prospérité de l’Union américaine; car là, on peut dire que toute la population prend vraiment une part active à la formation et au maintien des grandes institutions ; l’esprit public y a atteint un tel degré de développement, que non-seulement il contrôle tout sans que rien ne lui échappe, mais que même il imprime une direction, contre laquelle rien ne peut résister, quelque puissants que soient les obstacles.

En France, au contraire, nous sommes si novices encore dans le maniement de l’esprit public, l’initiative y est si rare, et lorsqu’elle existe elle y est si peu appréciée et si peu encouragée, que nous nous buttons constamment contre des obstacles de routines, de corps privilégiés, d’abus enracinés dans la bureaucratie, et surtout de personnalités embarrassantes qui se posent comme de véritables boulets rivés par une chaîne de fer, à toutes les institutions et à tous les établissements publics.

Fondé en 1859, le Musée de zoologie comparée, dirigé parM. Agassiz, a été organisé par une loi de la législature de l’État du Massachusetts; dès l’origine, l’administration en a été confiée à une corporation politique sous le nom de Gardiens ( Trustées ) du Muséum de zoologie comparée , ainsi composée :

Le Gouverneur de l’Etat,

Le Lieutenant-Gouverneur,

Le Président du Sénat,

Le Speaker de la Chambre des Représentants,

Le Secrétaire de la commission de l’éducation,

Le Juge en chef de la cour suprême de l’Etat.

Louis Agassiz, — William Gray.

J. Bigelow, N. Thayer,

J. Walker, S. Hooper,

G.Ticknor, S. G. Ward,

J. Lawrence.

Les membres de cette corporation, nommés d’office et qui en font partie forcément, tiennent directement ou peu s’en faut, leur mandat du peuple. Ainsi le Gouverneur, le Lieutenant-Gouverneur et le Secrétaire de la commission de l’instruction publique, sont élus chaque année par le suffrage universel ; le Président du Sénat et le Speaker des Représentants sont nommés par les votes de leurs pairs, élus tous, eux-mêmes, chaque année par le peuple. Il n’y a que le Juge en chef nommé à vie par le Gouverneur, sur l’avis de son conseil et avec la confirmation du Sénat.

MM. L. Agassiz et W. Gray, par suite de leurs positions particulières comme fondateurs et donateurs de capitaux considérables et de riches collections, occupent des places qui ne peuvent être remplies, en cas de mort ou de démission, que par une nomination directe du Sénat et de la Chambre des Représentants réunis. Pour les autres membres de la corporation, savoir: MM. J. Bigelow, J. Walker, G. Ticknor, N. Thayer, S. Hooper, S. G. Ward, J. Lawrence, s’ils meurent ou donnent leur démission, ils sont remplacés

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par un vote de la corporation elle-même, dont tous les membres convoqués à une réunion dans ce but spécial doivent être présents.

Je ferai remarquer que, quoique ce musée soit réuni à l’université de Cambridge, le Président de l’université ne fait à aucun titre partie de la corporation.

Cette corporation nomme elle-même, chaque année, des comités exécutifs, dont les membres sont désignés sous le nom d’officiers ( officers ) du Muséum. En 1867, ces officiers étaient :

Le Gouverneur de l’État, président.

W. Gray, secrétaire.

T. Lyman, trésorier.

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