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CHAPITRE DEUXIÈME

L’Académie des sciences de l’Institut impérial de France

L'Académie des sciences, après avoir été licenciée pendant les premiers temps de la République de 1792, fut rétablie, sous le nom d’institut national des sciences, par une loi en date du 22 août 1795. Son but était de recueillir les découvertes, de perfectionner les sciences et de suivre les travaux scientifiques, ayant pour objet l’utilité générale et la gloire de la République. Organisée sous le Directoire exécutif, elle fut très-modifiée et reçut son organisation finale par un décret du Premier Consul, daté du 23 janvier 1803. Depuis lors, l’Académie des sciences est restée complètement stationnaire; les découvertes ont eu beau s’accumuler, le monde se transformer, rien n’a changé dans son enceinte. Les savants y ont été remplacés par d’autres ; le niveau des intelligences, au lieu de s’élever, s’y est abaissé;

les travaux scientifiques ayant pour objet l’utilité et la gloire de la République y arrivent rarement; enfin une séance de l’Académie des sciences en 1869 diffère peu d’une séance de 1803. Il n’est pas jusqu’à l’éclairage qui ne date encore de la fondation : on y allume encore une bougie avec un abatjour devant chaque académicien. En présence d’une pareille indifférence pour l’éclairage au gaz, c’est à se demander à quoi bon les découvertes les plus utiles, si l’on ne s’en sert pas meme dans l’enceinte où l’on est chargé de les recueillir? *

La position d’académicien est très-désirable. D’abord on fait partie d’un des grands corps institués par l’État; le gouvernement ne reconnaît pas d’autres savants; tout le reste ne représente que des aspirants à la science, des espèces d’irréguliers, de corps francs, des hommes sans position, sans existence reconnue, légale et officielle. De plus, le titre d’académicien n’est pas seulement un honneur, c’est aussi une place avec un salaire. L’Académie des sciences figure au budget de 1868 pour la somme de 194,500 francs. Quoique très-modique, le traitement qui porte le titre curieux « d’indemnités et droits de présence » est quelquefois le seul et unique moyen d'existence de plus d’un académicien. Cette petite somme ne dépasse pas 2,000 francs. Il y a exception pour les deux secrétaires, dont le traitement est de 6,000 francs chacun, augmentation qui s’explique par les travaux considérables de l’emploi et la position des académiciens les plus mal partagés de la fortune, que l’on appelle habituellement à ces fonctions. Si en 1853 et en 1868 on n’a pas suivi avec rigueur ces traditions si louables, cette déviation de la règle n’a été que momentanée.

L’Académie des sciences se compose de onze sections, qui sont désignées et composées de la manière suivante :

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