I. DESCRIPTION GÉNÉRALE
1° Forme spinale.
Début. L'invasion des symptômes est brusque ou lente ; dans la majorité des cas, elle se fait d'une manière graduelle par un sentiment de pesanteur et d'engourdissement, par des fourmillements, par une faiblesse croissante dans l'un des membres inférieurs ou dans les deux.
Première période. — 1" phase. La faiblesse, la parésie, occupant d'abord l'un des membres inférieurs ou les deux à la fois, gagne consécutivement l'un des membres supérieurs, puis l'autre. Cet affaiblissement peut être le le phénomène initial; d'autres fois, il est précédé de fourmillements, d'élancements, d'engourdissement dans les jambes, à la plante des pieds. Cette parésie tantôt s'accroît progressivement, tantôt présente des rémissions, ou, au contraire, des exacerbations.
La marche devient alors de plus en plus pénible; le malade a besoin d'un aide; il titube à l'instar d'un individu ivre; il a de l'incertitude dans les mouvements.
Deuxième phase. Après un temps variable, on remarque dans les membres inférieurs et supérieurs des secousses rhythmiques qui n'apparaissent que dans les mouvements spontanés ou voulus; à l'état de repos, ces membres ne sont agités d'aucun tremblement; nous ne faisons que signaler ce symptôme, devant plus loin l'étudier avec détail.
Dans cette période, d'une façon générale, la sensibilité au contact, à la douleur et à la température est conservée : ce n'est qu'exceptionnellement que l'on trouveune légère diminution. On n'observe aucun trouble dans les fonctions de nutrition, de respiration, de circulation.
Deuxième période. A la parésie succède une paralysie devenant de plus en plus complète; tous les symptômes précédents s'aggravent et bientôt surviennent deux phénomènes nouveaux : 1» la rigidité ou contracture permanente s'empare des membres paralysés; 2» des convulsions toniques spontanées ou provoquées, revenant par accès, se surajoutent à la contracture ou la précèdent pendant un temps plus ou moins long.
Ces deux phénomènes, ordinairement tardifs, apparaissent quelquefois à une époque plus rapprochée du début, et cela dans les cas où la parésie, faisant suite à la faiblesse, se change très-vite en paralysie complète.
Les accès convulsifs, soit spontanés, soit provoqués, se montrent habituellement dans les membres inférieurs, plus rarement, et à un moindre degré, dans les supérieurs. Ces membres sont aussi le siège d'une roideur spasmodique empêchant tout mouvement dans un certain sens, pendant quelque temps, disparaissant à un autre moment, et rendant ces mêmes mouvements plus ou moins libres.
La contracture occupe de même les membres affectés les premiers de paralysie, c est-à-dire les membres inférieurs, puis les supérieurs, et dans quelques cas, les muscles du tronc : le malade est alors dans l'impossibilité de s'asseoir, on est forcé de le lever tout d'une pièce.
La contraclure amène une altitude particulière dans les membres : l'extension semble l'emporter sur la flexion dans les membres inférieurs, tandis que la flexion forcée a été vue ordinairement aux doigts.
Troisième période. La motilité, déplus en plus affaiblie, finit par disparaître complètement : tout mouvement spontané est aboli dans les membres inférieurs comme dans les supérieurs, le malade ne peut plus quitter son lit. La contracture finit par devenir permanente : les jambes sont fléchies assez fortement sur les cuisses, les cuisses sur le bassin; on voit les talons s'approcher progressivement des fesses. Il devient alors difficile d'étendre les membres, et les manœuvres faites dans ce but occasionnent de la douleur. La sensibilité, en général, reste intacte; on peut provoquer quelquefois les mouvements réflexes, parle pincement de la peau, le chatouillement de la plante des pieds, mais d'autres fois ces excitations n'aboutissent à aucun résultat. Enfin, au bout d'un temps variable, il survient des troubles dans diverses fonctions: la nutrition languit, l'assimilation est défectueuse, l'amaigrissement fait des progrès rapides, des eschares se forment au sacrum ; et le malade succombe, soit par la détérioration progressive de tout l'organisme, soit à une complication.
La première observation du mémoire de M. Vulpian, recueillie avec un soin minutieux vient à l'appui du tableau que nous venons de tracer.