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Deux centimètres ait-dessous de la coupe précédente

Toute la moelle est saine, à l'exception du faisceau antérieur du côté gauche, lequel est altéré dans toute son épaisseur, à partir du sillon médian jusqu'à la ligne d'implantation des racines antérieures.

13. Un centimètre plus bas. — Il n'y a d'altéré qu'un très-petit fascicule de moins de 2 millimètres de diamètre, au-dessous de la surface, vers la partie posléro-externe du faisceau latéral du côté gauche. Tout le reste de la moelle est dans l'état le plus normal.

lU. Trois centimètres plus bas. — Comme les précédentes coupes, celle-ci porte sur la région dorsale, mais se rapproche de la partie inférieure de cette région. Il y a une sclérose du faisceau antérieur (proprement dit) du côté droit et de tout le faisceau antérolatéral du côté gauche. Les faisceaux postérieurs et le faisceau latéral du côté droit sont sains.

15. Un centimètre plus bas. — Les parties sclérosées sont: 1° tout le faisceau latéral du côté gauche ; 2° tout le faisceau postérieur du même côté ; 3° la partie interne du faisceau postérieur du côté droit. Quelques millimètres plus haut, une autre coupe avait montré que l'altération avait envahi tout ce faisceau postérieur droit, à l'exception d'une très-petite bande de sa région externe. — Le reste de la moelle est dans l'état normal.

16. Deux centimètres et demi plus bas, vers la partie inférieure de la région dorsale. — Il n'y a plus d'altération que dans la partie antéro-interne du faisceau latéral du côté gauche, et sur une faible largeur. Le reste de la moelle est tout à fait sain.

17. Un centimètre plus bas, encore un peu au-dessus du renflement dorso-lombaire. — Les deux faisceaux antérieurs, proprement dits, sont les seules parties de la moelle qui soient sclérosées.

18. Un centimètre et demi plus bas ; région supérieure du renflement lombaire. — Sclérose de la moitié postérieure du faisceau latéral du côté droit ; le reste de la moelle est dans l'état normal.

19. Un centimètre et demi plus bas. — Sclérose du tiers postérieur du faisceau latéral du côté gauche; altération très-légère d'une très-petite partie du faisceau latéral droit, au voisinage du faisceau postérieur correspondant. — Le reste du renflement dorsolombaire n'offre plus aucune altération visible à l'œil nu. Une re-

marque générale que ces diverses coupes ont permis de faire, c'est que les parties sclérosées offraient toutes un degré plus ou moins marqué d'atrophie, leurs dimensions normales ayant subi une réduc lion plus ou moins considérable. L'examen microscopique de tranches minces, coupées au niveau des diverses régions que je viens d'énumérer, a montré que les fibres nerveuses avaient bien réellement disparu dans les points que j'ai indiqués comme ayant été frappés de sclérose. Dans les parties sclérosées, au voisinage des faisceaux restés sains, on reconnaissait encore assez bien les enveloppes des fibres nerveuses, mais ces enveloppes paraissaient un peu épaissies. L'aspect de la coupe dans ces points ressemblait un peu à celui d'une coupe de tissu vasculaire végétal, si ce n'est cependant que les lignes circonscrivant les aréoles étaient moins nettes que dans ce tissu. Ces enveloppes ne contenaient plus de gaîne médullaire, et, dans un grand nombre de points, il n'y avait évidemment plus de filaments axiles. Mais je dois dire que, dans d'autres points, les enveloppes névrilématiques manquent là d'ordinaire, on voyait de très-nombreux filaments axiles conservés, que l'on reconnaissait à ce qu'ils affectaient, dans des tranches un peu épaisses, des directions parallèles entre elles, et à ce que, sous l'influence des substances colorantes, de la fuchsine, par exemple, ils se coloraient plus vivement que le reste du tissu. La teinte prise par ces filaments axiles nus était même plus foncée que celle que présentaient les filaments axiles inclus dans leur gaîne médullaire.

Dans le tissu altéré, on trouvait d'assez nombreux corpuscules amyloïdes. Les cellules nerveuses offraient des caractères parfaitement normaux dans toutes les tranches qui ont été examinées, alors même que la sclérose des faisceaux corticaux était extrêmement étendue. Les vaisseaux que j'ai vus dans de nombreuses préparations ne m'ont pas paru avoir leurs parois chargées' de granulations graisseuses ; mais on avait constaté cette altération lorsque la moelle n'avait encore subi le contact d'aucun réactif, et il est probable que les granulations avaient disparu sous l'influence de la macération dans la solution aqueuse d'acide chromique et de la préparation par l'essence de térébenthine. On voyait très-bien autour de plusieurs

vaisseaux la gaîne lymphatique, que M. Ch. Robin a fait connaître pour les vaisseaux des centres nerveux, et que M. His a décrite plus tard d'une façon spéciale pour les vaisseaux de la moelle épinière.

' Sur certaines tranches de la moelle, on a pu voir que le tissu conjonctif, situé entre les fibres nerveuses des parties qui ne semblaient pas encore altérées, était déjà pourtant un peu moins rare que dans l'état normal. Ce tissu augmentait peu à peu, les tubes nerveux diminuant de diamètre, ou disparaissant même jusqu'aux endroits où les tubes avaient tous disparu. Parfois, au milieu du tissu sclérosé, ou voyait encore un groupe de quelques fibres nerveuses épargnées ; j'ai même vu dans quelques points un seul tube nerveux rester sain, bien qu'environné de toutes parts de tissu altéré. Souvent il n'y avait pas de passage progressif du tissu sain au tissu sclérosé; on passait au contraire, brusquement, dans un faisceau, d'une partie intacte à une partie scléreuse.

Variétés. — D'après la distribution qu'affectent les plaques de sclérose, selon qu'elles prédoQiinent plus dans certains cordons que dans d'autres, il serait peutêtre possible d'établir, dans la forme spinale, plusieurs variétés. Si, par exemple, les altérations occupent surtout les cordons postérieurs, on aura une forme que l'on pourrait désigner sous le nom de sclérose spinale en plaques disséminées, localisées principalement aux cordons postérieurs. Dans cette hypothèse, si les plaques ont envahi une hauteur assez considérable de ces cordons, on observera des phénomènes qui seront en partie ceux que l'on remarque dans l'ataxie locomotrice. D'un autre côté, si les lésions affectent à peu près uniquement les cordons antérieurs ou antéro-latéraux, on aura une seconde variété, — sclérose spinale en plaques dissèminéeSy locali-

sèes principalement aux cordons antérieurs ou antéro-latéraux. Cette division, qui ne répugne en rien au point de vue anatomique, trouve sa justification clinique dans le cas du docteur Pennock où les lésions siégeaient presque exclusivement dans les cordons anléro-latéraux. Le lecteur peui en juger lui-même.

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