‹ De la sclérose en plaques disséminéesChapitre 20 sur 39 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

SCLÉROSE EN PLAQUES DlSSÉMIINÉIiS (FORMIï CÉRÉBRO-SPINALE)

Début de la maladie par des douleurs dans les membres. — Affaiblissement progressif. — Contracture des membres inférieurs et du membre supérieur gauche. — Sclérose de la moelle épinière en plaques disséminées (obs. communiquée par M. Charcot.) (1).

R..., Zi6 ans, pianiste, admise à la Salpêtrière le 8 octobre 1863, entre à la salle Sainte-Rosalie, numéro 11 (service de M. Charcot) le 19 octobre 1863. On n'a pas pu prendre son observation d'une façon très-complète. Elle a eu peut-être autrefois des accidents sypbilitiques. — La maladie actuelle a débuté il y a quatre ans par des douleurs que cette femme désigne sous le nom de rhumatismales et qu'elle attribue à son séjour dans des maisons humides en Amérique ; les jointures toutefois n'auraient pas été gonflées, et ses douleurs consistaient surtout en des élancements dans les jambes et les cuisses. Il y a un an environ que les jambes ont commencé à

(1) Obs. H du Mémoire de M. Vulpian.

s'affaiblir. Depuis deux mois seulement, la malade ne peut plus

s'asseoir sur son lit.

Au moment où on l'examine, la malade se tient couchée, la tête appuyée sur son oreiller; et lorsqu'elle n'est pas bien soutenue, la tête retombe sur le côté de l'oreiller. Elle ne peut pas s'asseoir sur son lit, à cause de la faiblesse de ses reins, dit-elle. Lorsqu'on la place dans l'attitude assise, il lui est extrêment difficile de garder quelques moments cette attitude. Elle est comme en équilibre instable, et elle a de même de la peine à tenir sa tête dressée. — Incontinence de l'urine et des matières fécales. — Lorsqu'elle est couchée, les jambes sont fléchies sur les cuisses, les genoux sont ainsi élevés et rapprochés l'un de l'autre. Elle peut faire encore quelques mouvements spontanés des pieds, mais ces mouvements sont très-faibles. — Le bras gauche offre de la contracture. — Le bras droit peut exécuter presque tous les mouvements, mais il est très-faible. — La sensibilité est conservée dans les jambes et dans les cuisses. — Cette femme meurt le 3 janvier 1864.

Autopsie. — Examen de la moelle épinière : hypérémie des portions inférieures de la pie-mère rachidienne. — Plaques d'aspect cartilagineux dans le feuillet viscéral de l'arachnoïde. — Teinte grisâtre, demi-transparente, disséminée en traînées le long des cordons antéro-latéraux, s'étendant sur les cordons postérieurs dans une étendue longitudinale de cinq centimètres, vers le milieu de la région dorsale.

A la coupe, on trouve, au milieu du renflement cervico - brachial que les deux cordons antérieurs et le cordon latéral gauche ont subi la transformation scléreuse. — A la partie inférieure du renflement cervical, les deux cordons antérieurs sont sains; les deux cordons latéraux et le cordon postérieur droit ont une teinte scléreuse prononcée, mais qui l'est plus dans le cordon latéral gauche que dans celui du côté droit. — A la réunion du tiers supérieur avec le tiers moyen de la région dorsale, les deux cordons antérieurs sont sains ; les deux cordons latéraux sont seuls altérés. — A trois centimètres au-dessous de ce niveau, une coupe transversale de la moelle montre qu'elle est entièrement saine. — A la partie supérieure du renfle-

ment dorso-lombaire, les deux cordons latéraux sont scléreux - Le reste de la coupe a l'aspect normal. - Vers le milieu du renflement dorso-lombaire la moelle est entièrement saine. - V encéphale et les viscères thoraciques et abdominaux n'ont présenté aucune lésion notable.

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