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CHAPITRE IV

Marche. — Durée. — Complications.

D'après le tableau que nous venons de tracer des symptômes, on voit facilement que la marche de la sclérose en plaques est fatalement envahissante; que la maladie ait débuté par la tête, ou par l'un des membres supérieurs ou inférieurs, elle gagne bientôt successivement les membres demeurés indemnes.

Le tremblement devient plus intense, la paralysie plus complète, les accès de roideur plus communs, l'affaiblissement de plus en plus prononcé, amenant des troubles dans la nutrition, ouvrant la voie aux affections intercurrentes qui amènent la mort. Il est des cas cependant dans lesquels on a noté des rémissions ; mais en général ils sont très-rares.

Joséphine L..., (observation XV, empruntée à la thèse de M. Ordenstein), fournit un exemple assez frappant de cet amendement dans la marche des symptômes.

Chez l'étudiant en théologie, qui fait le sujet de l'observation de Léo, nous voyons que la paralysie siégeant à gauche, s'étendant ensuite à droite, disparaît au bout d'un certain temps, et permet au malade de reprendre son travail, d'écrire de nouveau. Dans la même observalion, nous trouvons! qu'après une série d'attaques apoplectiques (sept en quatre ans) chaque attaque était suivie d'une exacerbalion dans l'état général (obs. X, p. 95).

Chez une malade, il y eut un amendement notable sous l'influence de la strychnine : au bout de deux mois, la malade pouvait se tenir debout, sans appui (ce qu'il lui était impossible de faire auparavant), mais quelque temps après, des attaques cardialgiques suspendent l'amélioralion, et la maladieempire(oBs. deZenker,p.ll2).

C'est surtout au début de l'affection qu'on remarque un amendement des symptômes. Chez Baudoin, dont l'observation est rapportée plus haut (page 30), nous voyons d'abord une paraplégie avec paralysie des sphincters de l'anus et de la vessie disparaître, et au bout de trois mois la malade pouvait marcher sans aide ; six mois après, les mêmes accidents reparaissent, quoique moins intenses (il n'y a pas de paralysie des sphincters), et suivent alors une marche progressive.

Dans le deuxième cas de Valentiner, l'apparition des règles amena un amendement notable des symptômes ; mais, après la cessation de la menstruation, les accidents reparurent. Même particularité dans l'exemple de Zenker : les règles, en s'établissant, arrêtèrent la maladie; bientôt elles cessèrent et, à partir de là, la maladie devint graduellement envahissante.

L'observation suivante, que nous devons à l'obligeance de M. Vulpian, nous montre un exemple frappant des améliorations et aggravations alternatives que présente parfois la sclérose en plaques. Dans les premiers temps delà maladie, nous voyons survenir à la suite d'une variole, un rétablissement pour ainsi dire complet (1848). Cette amélioration persiste pendant trois ans. Alors les règles se suspendent (1851), des symptômes, légers d'ail-

leurs, se manifestent pour disparaître eux-mêmes avec le retour des menstrues (1852). En 1854, la malade à un ictère auquel succèdent de nouveaux accidents. Ceux-ci s'amendent; mais à l'occation d'une bronchite, laparésie des membres reparaît plus considérable et après des rémissions et des recrudescences successives, elle devient permanente (1858).

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