CHAPITRE VI
Étiologie.
Age. — Relativement à ce point, nous essaierons d'indiquer autant que possible l'âge des malades au moment de l'invasion de la sclérose. Avec les faits actuels, nous ne pouvons avoir que des notions approximatives. Plus tard, il est probable que l'époque de l'invasion sera indiquée plus exactement, la nature de la maladie, ses symptômes étant maintenant mieux connus.
En second lieu, nous consignerons l'âge des malades au moment de la mort; cette manière de procéder nous permettra ultérieurement d'établir la durée de la maladie d'une manière plus certaine.
Les 18 cas de sclérose en plaques sur lesquels repose noire travail se répartissent de la façon suivante :
Début probable de la maladie.
15 à 20 ans. 21-23. 26-30. 31-35. 36-40
Hommes : 1 0 10 0
Femmes : 1 2 G 3 3
Nous manquons de renseignements en ce qui concerne le cas du docteur Pennock. D'après ce tableau^ ce serait dans la période de la vie comprise entre vingt-six et trente-cinq ans que la sclérose se montrerait le plus fréquemment. Nous trouvons, en effet, treize cas.
Age des malades à la mort.
22 ans. 34 ans.
Hommes : 1 ^ ,^ „. „, k
Femmes: -i 4 4 2 2 ^
Ce serait donc entre trente-cinq et cinquante ans que la mort surviendrait le plus souvent. Pas de renseignements dans le cas de Pennock.
Sexe. — D'après les tableaux ci-dessus, sur nos dixhuit malades, nous avons 15 femmes et 3 hommes.
Au premier abord, et en se basant sur les faits publiés, les femmes seraient donc plus prédisposées à la sclérose en plaques que les hommes. Toutefois nous devons reconnaître que plusieurs des médecins qui se sont occupés de la sclérose en plaques sont, ou étaient attachés à des établissements réservés aux femmes. Dans l'avenir, cette proportion sera peut-être modifiée.
Professions. — Sous ce rapport, nous trouvons : un médecin, un étudiant en théologie, un instituteur, une institutrice, une pianiste, trois couturières, trois domestiques, une maraîchère, une marchande de fleurs. — Trois malades n'exerçaient aucun métier, et nous ne trouvons aucun détail sur deux malades. Inutile de dire que nous ne mentionnons la profession des malades qu'à titre de renseignement.
Tempérament. — Autant qu'on peut en juger par la lec-
ture des observations, plusieurs des malades avaient éprouvé durant leur existence des accidents névropalhiques (hystérie, mélancolie, migraines, etc.)
Causes morales. - C'est principalement lorsqu'il s'agit de l'influence des causes morales que les documents font défaut. Cette lacune est d'autant plus grande pour la sclérose en plaques que cette affection est de date récente. Amsi, dans onze cas, nous ne trouvons rien de précis • une fois, la maladie aurait débuté après une peur vive • trois fois, elle aurait été précédée de chagrins domestiques. Pennock, l'étudiant en théologie cité par le docteur Léo, sont tombés malades après un travail intellectuel prolongé.
Causes physiques.^ Les excès alcooliques ne paraissent avoir eu d'influence que dans une seule circonstance. La malade citée par M. Vulpian dans son mémoire éprouva les premiers symptômes consécutivement à utt'e chute. Quelquefois l'action des causes morales paraît avoir été accompagée de causes physiques (fatigues, habitation dans des lieux humides).
La grossesse semble également avoir joué un rôîe assez important (trois fois). Chez urié malade de M. Gharcot, aux fatigues de la grossesse, s'ajoutèrent des chagrins prolongés.
Hérédité. — Rien de positif sur l'hérédité directe; notons cependant que le père de l'une des malades Obs. XIX) fut pris de tremblement de la tête, à l'âge de cinquante ans.
Dans la famille de quelques autres malades, nous trou-
vons signalés des accidents hystériques, apoplectiques et paralytiques ; enfin, dans la majorité des cas, il n'y avait, d'après les observations, chez les ascendants, aucun accident nerveux.