‹ De la scoliose au point de vue obstétricalChapitre 11 sur 29 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Nous ne pouvons mieux faire pour le chapitre: Diagnostic que de reproduire, avant la lettre, ce qu'en ditàl'article^r/.w/ns du Traité d'accouchement, Tarnier et Rudi n (déjà cités) la voix de M. Bonnaire plus autorisée que la nôtre.

« Par un procédé de pelvimétrie externe très simple, on arrive à diagnostiquer l'existence et dans une certaine mesure à reconnaître le degré et la forme de l'asymétrie pelvienne, en examinant de près la conformation de la partie inférieure du

dos. Pour cela, on commence par déterminer avec toute la précision possible, la situation exacte de trois points de repère osseux, dont l'un est médian et les déu\ autres latéraux. Ces trois points de repère répondent respectivement aux saillies que forment l'apophyse épineuse de la cinquième lombaire et les deux épines iliaques postéro-supérieures, en arrière du bassin ; on relie ces points par trois lignes droites et on figure ainsi un triangle ; au lien d'être isocèle comme lorsque le bassin est symétrique, ce triangle affecte la forme d'un scalène dans le cas de bassin scoliotique : son plus petit côté formé par l'interligne lombo-iliaque droit, dans notre exemple choisi de scoliose lombaire gauche répond à la moitié élargie du détroit supérieur. Plus la différence de longueur entre les deux côtés du triangle est grande, plus l'asymétrie du bassin est accusée. On ne doit pas oublier cependant que dans le cas oii la cinquième vertèbre lombaire a subi, en même temps que le sacrum, les effets d'un ramollissement racliitique extrême, ces pièces osseuses peuvent se montrer tordues dans un sens opposé à celui que nous venons d'indiquer comme étant le plus commun ; alors l'apophyse épineuse de la dernière lombaire se trouve rapprochée non plus de la tubérosité iliaque attenant au côté large du bassin, mais de celle qui dépend de l'os coxal aplati, et l'on voit le plus petit côté du triangle scalène répondre à ce dernier côté du bassin.

Le toucher explorateur pelvien, donne comme toujours des renseignements beaucoup plus précis que la pelvimétrie externe, à condition qu'on ne se contente pas d'aller simplement à la recherche du promontoire. L'examen pelvimétriquô interne doit être pratiqué en plaçant la femme en attitude obstétricale. Un ou plusieurs doigts de chacune des deux mains sont successivement introduits dans le vagin , ceux de la main droite suivent la ligne innorainée de la paroi pel-

vienne droite, ceux de la main gauche explorent la moitié gauche du bassin.

A l'aide de l'une ou de l'autre des deux mains, suivant la direction qu'affecte la scoliose lombaire, on suit dans toute sa hauteur la face antérieur du sacrum et on reconnaît dans quel sens elle se trouve déviée ; avec la même main, en longeanten travers toute l'étendue du promontoire, on détermine le siège précis du point à partir duquel il convient de mesurer le diamètre promonto-pubien médian du détroit supérieur.

On calcule la longueur de ce diamètre en recueillant sur le doigt celle du diamètre sacro-sous-pubien oblique médian^, comme on le fait pour les rétrécissements symétriques du détroit supérieur. »

Nous avons cherché et mesuré sur les squelettes et bassins scoliotiques Técartement qui existait entre les épines iliaques postéro-supérieures : et, sur le ruban métrique qui les réunissait, nous avons vu très souvent le sommet de l'apophyse épineuse de la 5*^ lombaire occuper juste le milieu, à égale distance de l'une et de l'autre. Il nous a semblé que la torsion ordinaire de la 5" lombaire faisait occuper cette position médiane au sommet de son apophyse épineuse, et il fallait une torsion très marquée pour que le sommet de cette apophyse fut plus rapproi'hé de l'épine iliaque posléro-supérieure droite (dans le cas de scoliose lombaire gauche).

Nous croyons donc qu'il ne faut pas trop insister sur l'examen externe ; la différence de largeur des fesses ou des cuisses ne sert qu'à attirer l'attention dans des cas de bassin oblique ovalaire, mais ici, il n'en est plus de même, et la déformation rachidienne est assez visible pour qu'on songe tout de suite à un rétrécissement asymétrique du bassin.

La pelvimétrie externe souvent très difficile, doit indiquer aussi la déformation, par le peu de différence qui existe en-

tre les diamètres bi-cretes et bi-épineux ainsi que nous l'avons dit en étadianLle bassin.

Page 1