‹ De la scrofule, de ses formes, des affections diverses qui la caractérisentChapitre 2 sur 24 · CARACTÈRES DE LA PRÉDISPOSITION A LA SCROFULE · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DE LA PRÉDISPOSITION A LA SCROFULE

Avant !e développement de Ja scrofule, on observe souvent chez les sujets qui doivent en être atteints un aspect général particulier et comme un ensemble de signes caractéristiques de la prédisposition à ceUe maladie.

Il importe de ne pas confondre , comme on l'a fait si souvent, les signes de cette prédisposition : 1° avec certains symptômes de la maladie déjà en voie de développement , comme le gonflement du nez et de la lèvre supérieure; 2° avec les caractères du tempérament lymphatique qui appartiennent à un ordre de choses tout différent.

11 est encore une remarque importante à faire , c'est que chacun de ces signes, pris isolément, n'a aucune valeur: car on peut les trouver chacun en particulier chez des sujets qui ne sont nullement prédisposés à la scrofule. Mais leur réunion , leur concours, permet de porter un jugement certain.

La plupart des individus spécialement prédisposés à la scrofule présentent un cachet remarquable de faiblesse , de débilité. Il existe même chez ceux qui paraissent les plus robustes un défaut d'harmonie entre les parties du corps. La tête est relativement trop grosse, les membres sont trop longs ou trop courts par rapport au tronc; les articulalions son! volumineuses, La poitrine est étroite.

le thorax souvent déformé , le sternum fait saillie en avant et en haut; la colonne vertébrale est plus ou moins déviée; les extrémités épiphysaires des os sont grosses, le corps des os longs est mince et peu développé; les mains et les pieds sont quelquefois très-grands; le pubis, les ischions, le sacrum, très - développés chez les femmes; le ventre est gros; la saillie des os malaires et de la base du maxillaire inférieur donnent à la face un aspect particulier; le front est bas, les tempes aplaties, les mâchoires larges, le col court. L'accroissement est ordinairement retardé chez les enfants; ils sont petits , chétifs ; quelquefois ils grandissent démesurément , mais sans proportion et sans symétrie. La puberté est ordinairement retardée. Chez les jeunes filles, la menstruation commence par un état de dysménorrhée qui peut durer quelques années et même toute la vie. Les enfants paraissent plus vieux, et les adultes plus jeunes qu'ils ne sont. Presque tous sont nonchalants, apathiques , sujets à des lassitudes spontanées (I). Joignez à ces caractères la dilatation habituelle de la pupille, chez les jeunes enfants une abondante salivation, chez quelques individus une voracité contrastant avec la maigreur du corps , chez d'autres un état habituel d'anorexie ; chez les uns un développement extraordinaire de l'esprit , chez les autres une intelligence très-

(I) Ces signes sont parfaitement groupés par M. Lngol.

bornée ; chez ceux-ci une précocité et une intensité extrêmes des appétits vénériens, chez ceux-là l'indifférence la plus complète sous ce rapport.

Quelques-uns présentent une pâleur habituelle de la face, les yeux cernés, l'haleine fétide, des dents souvent noires et gâtées.

On s'accorde aujourd'hui généralement à ne plus confondre les attributs du tempérament lymphatique avec les caractères de la prédisposition scrofuleuse. Cependant un certain nombre d'individus , singulièrement prédisposés à cette maladie, présentent un aspect tout différent de celui que nous venons de décrire : ils ont le teint rose et frais, la peau blanche et fine, un certain embonpoint, les yeux humides, une physionomie aimable et gracieuse, et une beauté qui a souvent beaucoup d'éclat.

a La face est pleine et animée, les joues colorées , les yeux grands, bleus, clairs, vifs... L'aspect annonce une complexion lâche et faible, sans maigreur cependant ; le corps paraît plutôt comme plein et gonflé de sucs, la peau est lisse et unie.» (Kortum.)

Ces derniers caractères sont ceux que donnent d'une manière exclusive presque tous les auteurs; ils s'observent particulièrement chez les enfants, les adolescents , les jeunes femmes.

Ils ne sont très-tranchés que dans un âge peu avancé; plus tard, ils sont beaucoup plus obscurs et s'cflaccnl presque complètement.

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