‹ De la scrofule, de ses formes, des affections diverses qui la caractérisentChapitre 3 sur 24 · FORMES DE LA SCROFULE · texte numérisé non relu

FORMES DE LA SCROFULE

La scrofule, comme la plupart des maladies, peut se présenter sous différentes formes. 11 existe un certain nombre de distinctions traditionnelles qu'il faut apprécier, et parmi lesquelles c'est un devoir de conserver celles qui méritent de l'être. La division la plus ancienne est celle des scrofules bénignes et des scrofules malignes ; mais cette division trop restreinte ne s'appliquait qu'aux tumeurs écrouelleuses , suivant le plus ou moins de gravité , suivant le caractère plus ou moins rebelle de l'affection locale à laquelle on réduisait alors toute la maladie (1). C'était là cependant une distinction im-

(I) Aetius et Paul d'Égine divisent les tumeurs scrofuleuses en mansuetœ et en malignœ , suivant le caractère qu'elles présentent. Les premières sont aussi appelées légitima; simplices, et les secondes inflammatoriœ par Avicenne, et même cancerosce par d'autres. André Dulaurens admet des écrouelles bénignes et des écrouelles malignes. Les premières sont indolentes, sans changement de couleur à la peau; les autres s'enflamment, s'ulcèrent, prennent une couleur rouge ou livide.

Charmetton ( Prix de l ' Acad. de chir. ) désigne sous le nom à' écrouelles bénignes celles qui sont superficielles, égales, médiocrement dures, mobiles, fluctuantes, indolentes et non enflammées, suppurant d'une manière insensible et s'ulcérant facilement; il appelle malignes celles qui sont dures, inégales, à base profonde , adhérentes, qui

portante sur laquelle on peut établir deux formes très réelles, à la condition de lui donner plus d'extension et en l'appliquant aux différences d'ensemble que peut présenter la maladie.

Parmi les formes admises par Sauvages et qu'il désigne improprement sous le nom d'espèces (le nom d'espèce ne convenant qu'à la maladie), les unes doivent être conservées, les autres rejetées. Celles que l'on doit adopter comme très-naturelles sont la scrofule vulgaire ou commune et la scrojule fugace ou passagère. Quant à la scrofule mésentéiique, ce n'est pas là une forme, ce n'est qu'une affection, qu'une manifestation, fréquente il est vrai, mais non pas unique, de la forme maligne. La scrofule d Amérique est trop peu nettement caractérisée pour qu'on puisse en avoir une idée précise (1). Les ëcrouelles des Moluques paraissent un symptôme de la syphilis (2). Enfin, la scrofule farcineuse n'est autre

se multiplient el s'augmentent rapidement, qui envahissent Ions les tissus, sont douloureuses et enflammées, et dégénèrent en ulcères sanieux, d'un mauvais aspect, compliqués de fistules et de carie. Rierehen applique des divisions analogues aux variétés d'écrouelles.

(1) «Cette espèce ressemble à celle d'Europe par les tumeurs squirrheuses qui viennent au cou, mais elle en diffère par les excroissances fongueuses, noirâtres, qui sont enracinées dans le péricràne comme dans le pian.» (Sauvages, Nos. métlwd.)

(2) «Cette sale maladie a beaucoup d'affinité avec la syphilis. » Nos; méthad.

que le farcin (1). Cullen considère comme étrangères à la scrofule ces deux prétendues formes.

Mettant donc à profit les distinctions que nous trouvons dans la science, adoptant celles qui méritent de l'être, conservant jusqu'à leur nom, nous admettons trois formes de scrofules (2).

1° La scrofule commune {scrofnla vnigarïs);

2° La scrofule bénigne ou passagère [scrofnla fiifçàè)-

3° La scrofule maligne ou grave (scrofnla ma ligna).

iNous allons les décrire successivement.

Peut-être, avant d'entrer dans la description de chaque forme, pourrait-on tracer un tableau de la scrofule en général et des caractères communs à toutes les formes; mais comme la plupart des traits de ce tableau se retrouveraient dans la description de la scrofule commune, il vaut mieux faire tout d'abord l'histoire de cette forme.

Pour ne pas entraver la description d'ensemble des formes de la scrofule, nous indiquerons, sans nous y arrêter, les nombreuses affections qui les ca-

(t) C'est une maladie chronique, contagieuse et familière aux chevaux, etc. (Nos. méthod.)

(2) La scrofule endémique d'AHbert ( Monogr. des dermatoses, Dermat. scrof.) n'est autre chose que la forme commune dans les pays où la scrofule est endémique. Ce n'est pas là une forme véritable.

ractérisenl. l\ous reviendrons plus tard et en détail sur chacune de ces affections considérées à part.

La scrofule se manifeste par un grand nombre de symptômes et d'affections diverses; mais n'existet-il aucun ordre dans l'apparition de ces syrnptô mes si multiples et si variés, ou plutôt la scrofule n'est-elle pas soumise à une évolution régulière? Considérées trop longtemps comme des maladies, les affections symptomatiques de la scrofule ont été étudiées et décrites en particulier, et bien qu'on se soit beaucoup occupé de leur communauté d'origine, on a presque complètement négligé leurs rapports de simultanéité, de succession, l'ordre dans lequel elles apparaissent, se compliquent, se remplacent; ou du moins s'il existe sur ce point de la science quelques renseignements épars, aucun auteur n'a décrit la scrofule dans son ensemble, ne l'a suivie à travers ses différentes phases et n'a fait l'histoire de la maladie dans les diverses périodes qu'elle parcourt.

IS'est-il pas vrai cependant que la scrofule est une maladie chronique , à longues périodes , séparées souvent par des intervalles de temps pendant lesquels le mal semble guéri, tandis qu'il ne fait que sommeiller pour reparaître de nouveau? Mais combien y a-t-il de périodes? quelles sont-ellps? quels sont les symptômes el les affections qui se

rattachent à chacune d'elles et qui appartiennent plus proprement au début de la maladie, à la maladie confirmée ou à son déclin? Nous n'avons pas la prétention de combler ces lacunes; mais nous aborderons franchement la difficulté , dussions-nous n'obtenir d'autre résultat que de l'avoir signalée.

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