FORME BÉNIGNE
Cette forme s'observe assez fréquemment. Sauvages (1) l'avait déjà indiquée sous le nom de scrofule fugace. C'est, selon lui, une sorte de scrofule qui attaque les enfants de trois à cinq ans et qui se manifeste par quelques glandes au cou. Ces glandes
(1) Cette dénomination a été appliquée avant Sauvages, par Warthon. mais non pas à une forme de scrofules. C'était plutôt à une variété de tumeur glandulaire qui n'a pas de rapport à la maladie qui nous occupe, aux ganglions simplement enflammés.
Les distinctions admises plus anciennement ne correspondaient également qu'aux tumeurs scrofuleuses, struma, xoipa;, ou à celles qu'on pouvait confondre avec elles , glandula, a^Ev , puSuv a<hv, «id est glandula, sicca est conglobatio «carnosa vel carnosus globus. — Xoipa;, seu struma caro «sicca est que eegre dissolvi potest.»^Galen., in Defin. mecl.)
«Alio \oco (Meth. med., liv. 13, cap. 5, etiam in collo et "serus a lires sœpe glandula3 intumescnnt, nalis ulceribus'
ne sont pas en chapelets, et présentent un degré médiocre de tuméfaction et de dureté. Elles apparaissent le plus souvent à la suite de la répercussion de la teigne, de la diminution d'un écoulement par les oreilles , ou même simplement de l'impression du froid. Ces glandes disparaissent, reviennent, mais ne sont jamais accompagnées d'ophthalmie, de carie des os, etc.
Ce ne sont là que quelques traits d'un tableau qu'il faut chercher à rendre plus exact et plus coin plet 1 .
11 est très-vrai que, le plus souvent, la scrofule bénigne, après s'être déjà manifestée par quelquesunes de ces éruptions de la face et du cuir chevelu que nous avons mentionnées comme marquant le début de la scrofule commune , peut ne se caractériser ensuite que par quelques engorgements écrouelîeux qui ne s'ulcèrent point ou qui du moins
«circa caput, eollum ve| aliquam ex viciuis partibus; Domiciliant autem sic iulumeseenles glandulas bubones.» Ici il semble plus particulièrement désigner ces ganglions qui se Luméfîent sous l'influence de l'inflammation ou de l'ulcération de quelque pat Lie voisine. )«Quod si scirrhosior earum «partium phlegmone aliquando Fuerit struma (x°ip*î) di- " citur.»
I Ces caractères donnés par Sauvages sont insuffisants; aussi Kortum i. 1. p. 133 ne voit là que le premier degré de la scrofule et non pas une espèce. Le mot espèce est impropre, nous l'avons déjà dit; il ne convient qu'à la maladie ■ pu esi une espèce moi bide.
finissent par se cicatriser définitivement; mais cette forme présente souvent beaucoup d'autres symptômes.
Elle peut se manifester par la plupart des affections que nous avons énumérées à propos de la forme commune , avec ceci de particulier, que ces affections présentent alors un caractère remarquable de bénignité. Elles sont légères, peu nombreuses chez le même malade, cèdent assez facilement au traitement. La maladie a une durée ordinairement beaucoup moins longue ;la guérison en est le terme ordinaire , ou si elle se prolonge , les périodes sont plus éloignées. On observe surtout, dans la marche bénigne , les éruptions vésiculo-pustuleuses de la peau , les affections des muqueuses , catarrhes ou inflammations légères, quelques accès, quelques tumeurs écrouelleuses , mais jamais d'affections tuberculeuses, de caries graves, d'abcès par congestion , de tumeurs blanches.
Très-souvent les enfants affectés de scrofule bénigne, après avoir eu quelque éruption impétigineuse , quelque écoulement d'oreille , quelques glandes fugaces , appelées glandes de croissance, une ophthalmie peu intense , le plus souvent bornée à la conjonctive, sans ulcération à la cornée, voient tous les symptômes disparaître à la puberté. La maladie est entièrement guérie. C'est tout au plus si, chez quelques-uns, il reste une cicatrice d'écrouelle ulcérée. L'ophthalmie , quoi qu'en ait dit Sauvages , comme nous l'avons vu plus haut
n'est pas un symptôme rare de lu scrofule bénigne M. Baudelocque remarque quelle se lie à un degré peu intense de la maladie.
D'autres restent sujets toute leur vie à une série de petites affections, qui tantôt récidivent, tantôt se succèdent ou alternent les unes avec les autres.
Ils sont sujets aux coryzas, aux maux de gorge, aux éruptions impétigineuses qui se renouvellent si souvent au printemps, aux orgelets, aux érysipèles. Chez certains malades, cette forme ne se révèle pendant un certain temps que par des maux d'estomac, des digestions difficiles, de la diarrhée alternant avec de la constipation; puis ces symptômes disparaissent pendant quelques mois, quelques années. Ils sont remplacés alors par un écoulement leucor rhéique très-rebelle et très-abondant, quelquefois aussi, mais plus rarement, par un véritable catarrhe utérin. Chez d'autres sujets, on voit survenir une de ces angines chroniques désignées sous les noms d'angine herpétique, parce qu'elles alternent souvent avec des affections dartreuses, d'angine granuleuse, etc.
Les femmes qui sont affectées de cette forme présentent souvent, vers l'âge critique, des gonflements eczémateux derrière les oreilles, alternant avec de fréquents érysipèles au visage ou en d'autres points du corps.
Quelles que soient, du reste, les affections qu'on observe dans la scrofule bénigne, celte forme n'en présente pas moins, pendant toute sa durée, depuis son début jusqu'à sa terminaison, un cachet de l>r
nignité qui la fera toujours reconnaître et distinguer, pourvu qu'on soit prévenu de son existence.