‹ De la scrofule, de ses formes, des affections diverses qui la caractérisentChapitre 9 sur 24 · MARCHE · texte numérisé non relu

MARCHE

La marche de la scrofule est essentiellement chronique (I). C'est là un caractère qui n'appartient pas seulement à la maladie dans son ensemble, mais qu'elle imprime à chacune de ses affections svmptomatiques.

Cependant il est certains cas où la scrofule paraît marcher plus rapidement. La forme grave a quelquefois une remarquable acuité , par exemple,

en jour un caractère plus grave. A mesure qu'ils ont augmenté d'intensité , l'éruption a diminué ; on n'a plus observé de nouvelles poussées de bulles , les surfaces n'ont plus présenté d'exhalation, les croûtes se sout détachées sur presque tous les points. L'état cachectique et le marasme ont augmenté rapidement. La malade est morte le 18 octobre 1844, cinq mois après son entrée à l'hôpital.

Autopsie. — Épanchement assez considérable de sérosité dans le côté gauche de la poitrine. La surface des deux plèvres est parsemée de nombreux tubercules crus du volume d'une lentille ou un peu plus gros. Il n'y a point de tubercules dans le parenchyme des poumons. Le foie est volumineux et gras. Tous les autres organes sont exsangues et dans un état d'émacialion extrême. L'intestin est réduit à un très-petit calibre dans toute sa longueur; la muqueuse intestinale est blanchâtre, et ne présente ni ulcération, ni la moindre trace d'inflammation.

(1) On la caractériserait encore mieux par la dénomination de marche chronique à longues périodes.

quand elle se manifeste par une méningite tuberculeuse ou une phthisie aiguë. Quelques affections peuvent aussi dans la forme commune revêtir le même caractère: il est des ophthalmiesscrofuleuses qui se développent avec une rapidité et une intensité effrayantes; mais, même dans ces cas exceptionnels, les symptômes d'inflammation ne surviennent pas ordinairement d'emblée dès le début de l'affection; il existe communément quelques signes avant-coureurs et peu marqués d'une lésion qui ne prendra que plus tard un développement subit, ou bien cette lésion peut longtemps rester à l'état latent et ne se manifester tout à coup que par des phénomènes graves et promptement mortels. C'est ce qu'il n'est pas rare d'observer pour les tubercules du cerveau , pour ceux du péritoine et même du poumon. Enfin, une affection très-lente dans son évolution, telle que la carie du rocher, peut déterminer tout à coup une complication , comme une inflammation aiguë des méningites et du cerveau.

Il n'est pas moins vrai que la scrofule et les affections scrofuleuses ont, pour l'ordinaire et dans la grande majorité des cas, une marche chronique; mais la chronicité n'est pas le seul caractère de la marche de cette maladie. La scrofule parcourt plusieurs périodes, du moins dans sa forme commune; ces périodes sont, chez un certain nombre de sujets, séparés par des intervalles plus ou moins longs, pendant lesquels la maladie ne se révèle par aucun symptôme : c'est ainsi qu'après la puberté on observe

un temps d'arrêt, les malades paraissent guéris; puis, quelques années après, sous l'influence d'une cause quelconque, du mariage, d'un premier ou d'un second accouchement, chez les femmes, une nouvelle série d'affections se manifeste, les mêmes symptômes qui s'étaient déjà montrés reparaissent ; enfin, si la mort n'arrive pas alors, une nouvelle amélioration peut survenir. On peut encore observer une disparition plus ou moins complète des phénomènes morbides, qui ne se reproduisent sous la même forme ou sous un autre aspect que vers l'âge critique de quarante à cinquante ans.

Ainsi que nous l'avons vu , la forme grave parcourt généralement plus vite ses périodes; elles sont plus rapprochées, plus confondues. Il n'en est pas de même que dans la forme commune , où les affections les plus légères, celles de la peau et des muqueuses, marquent le début et ne cèdent la place que successivement à des lésions plus graves , aux tumeurs écrouelleuses, aux abcès, aux caries, aux tubercules* des viscères, etc. Dans la forme maligne, cette gradation n'existe souvent pas ; les affections les plus graves peuvent s'observer presque dès le commencement. Les caractères opposés appartiennent à la forme bénigne, c'est-à-dire la lenteur avec laquelle la maladie traverse ses différentes phases, la persistance des symptômes les plus légers, la longueur de ces intervalles de temps où la santé paraît parfaite, quoique la maladie ne soit pas définitivement guérie et puisse se manifester encore.

Du reste, quelle que soit la forme à laquelle on ait affaire, la plupart des affections scrofuleuses éprouvent delà part des saisons une modification remarquable et parcourent une sorte de révolution annuelle. Presque toutes s'aggravent pendant l'hiver et s'améliorent pendant l'été, particulièrement les ophthalmies, les coryzas, les bronchites, les écoulements muqueux. Les affections cutanées prennent ordinairement plus d'intensité au printemps. « Les tumeurs et les ulcères particuliers aux écrouelles, dit Cullen (1), paraissent d'abord au printemps, et se guérissent fréquemment dans le cours de l'été suivant. Ils ne reparaissent de nouveau qu'au retour du printemps et suivent encore avec la saison le même cours qu'avant. »

On a remarqué que la scrofule qui se développe à la suite des lièvres éruptives, de la variole en particulier, présente une marche plus rapide que celle qui survient dans d'autres circonstances.

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