‹ De la sculpture antique et moderne (volume 2)Chapitre 28 sur 122 · Bibliophile Jacob, Histoire de l' orfèvrerie · texte numérisé non relu

Bibliophile Jacob, Histoire de l' orfèvrerie

LE MOYEN AGE

que chose dans le mouvement de la renaissance, qu’ils ont contribué plus que tous les autres à accélérer. Les rigoristes leur reprochaient de consacrer à la lecture des auteurs profanes un temps qui eût été mieux employé à la prière ou aux lectures pieuses ; mais leurs abbés répondaient que c’était honorer Dieu que d’apprendre quelles sont les erreurs des hommes pour pouvoir les réfuter. Les partisans de l’antique ascétisme, parmi lesquels étaient saint Bernard, Abailard et plusieurs hommes des plus illustres du moyen âge, se plaignaient qu’en multipliant les images outre mesure, .on répandît un goût vain et coupable; mais les moines de Cluny répondaient que les images avaient l’approbation des conciles et que c’était ne pas honorer Dieu que de laisser ses églises dépourvues d’ornement. C’est ainsi que l’activité devenait générale, que la controverse se produisait partout, et comme l’opinion publique, qui commençait à se former, donnait gain de cause au mouvement, les villes se couvraient d’édifices et les édifices de statues.

Les ouvrages d’art furent confiés à des laïques qui faisaient concurrence aux monastères. La foi était égale de part et d’autre, mais il y a, dans le principe

même du monachisme, un élément d’humilité qui, en tuant l’émulation, devait tôt ou tard assurer la prépondérance aux laïques. « Les moines, dit M. de Montalemhert1, travaillaient en chantant les psaumes et ne quittaient leurs outils que pour aller à l’autel ou au chœur. Ils entreprenaient les tâches les plus dures et les plus prolongées, et s’exposaient à toutes les fatigues et à tous les dangers du métier de maçon. Les supérieurs aussi ne se bornaient pas à tracer des plans et à surveiller les travaux; ils donnaient personnellement l’exemple du courage et de l’humilité, et ne reculaient devant aucune corvée. Tandis que de simples moines étaient souvent les architectes en chef des constructions, les abbés se

réduisaient volontiers au rôle d’ouvriers » 11 est

aisé de comprendre l’admiration que peuvent causer à un catholique de pareilles associations; mais elles avaient, au point de vue de l’art, l’immense inconvénient de le rendre complètement immuable en laissant absolument en dehors ces laïques, qui forment toujours l’élément actif, vivant, et par conséquent progressif, de la population.

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