VIII INTRODUCTION
les légendes qui se rapportenf à ses origines, ni d'introduire des discussions archéologiques sur les points obscurs de son histoire. Il suffisait de résumer les foits acquis à l.i science de l'antiquité depuis les savants travaux qu'ont publiés successivement Winckelmann , Visconti, Ottfried Millier, Quatremère de Quincy, Raoul Rochette, et récemment encore M. Beulé. Parmi les monuments de la sculpture grecque, ceux qui se rapportent à la religion sont les plus nombreux. Pour en comprendre le véritable caractère, il ne faut jamais perdre de vue la destination qu'ils avaient dans le milieu oii ils se sont produits. La religion grecque a trouvé son expression dans la poésie d'abord, plus tard dans la sculpture. Les poètes et les sculpteurs ont été les véritables théologiens de la Grèce. Ce fait, extraordinaire pour nous et unique dans l'histoire des religions, nous oblige à étudier la sculpture grecque d'un point de vue particulier, à placer en première ligne dans
IM'HODUCTION. IX
cette étude des considérations d'un ordre trèsélevé, qu'autrefois on négligeait absolument. Ces innombrables statues de Dieux et de Déesses (|ui ornent aujourd'hui nos musées, ont représenté la vie morale de tout un peuple. Sous ces formes que nous admirons, il y avait l'âme de la Grèce. Comment comprendre de pareilles œuvres si l'on ne sait pas quelle signification elles avaient pour les artistes qui les ont faites, et surtout pour le peuple qui les regardait, non pas seulement avec l'admiration qu'on a pour les belles choses, mais avec le respect qu'on doit aux choses saintes? Dans ces types divins créés par la sculpture, quelle était la part de la poésie, quelle était celle de la nation tout entière? La tradition religieuse a-t-elle arrêté en Grèce, comme elle l'a souvent fait chez d'autres peuples, le libre développement de l'arl, ou bien a-t-elle été là seulement, par une exception singulière, un guide et un secours pour les artistes au lieu d'être une entrave?