‹ De la section des artères dans l'intervalle de deux ligatures comme méthodeChapitre 5 sur 8 · G. FACILITÉ PLUS GRANDE DE REMÉDIER AUX HÉMORRHAGIES CONSÉCUTIVES · texte numérisé non relu

G. FACILITÉ PLUS GRANDE DE REMÉDIER AUX HÉMORRHAGIES CONSÉCUTIVES

Quoique la méthode dont nous nous sommes déclaré partisan ait pour principal avantage de moins exposer aux bémorrbagies consécutives , cette dernière complication a été quelquefois observée. S. Cooper(vov. Lisfranc, t. II, p. 809) fut témoin à Londres d'une hémorrhagie secondaire, et, d'après lui , M. Normann de Bath ayant placé en 1807 deux ligatures sur l'artère crurale qui fut divisée entre elles, le malade perdit 500 grammes de sang le seizième jour de l'opération, mais la compression avec un mouohoir mouillé et une bande arrêta définitivement l'écoulement du liquide.

Scarpa rapporte que deux célèbres chirurgiens italiens virent survenir chacun, sur un de leurs malades, une hémorrhagie consécutive , dont il n'a pas indiqué les résultats *.

i Je dois à l'extrême obligeance de M. le docteur Rognetta quelques détails d'un grand intérêt sur l'opinion des chirurgiens italiens , au sujet de la méthode de la double ligature avec section intervallaire des artères. Af . Rognetta m'a fait connaître l'opinion toute favorable de Petrunti (voy. l'ouvrage de ce savant sur les opérations chirurgicales. Naples 1822. 2 vot.) sur la méthode de Gblsb ; le jugement également laudatif du professeur Ghiari , de Naples, sur le même sujet. M. Rognetta remarque en outre que dans le midi de l'Italie l'opération de l'anévrisme spontané échoue huit fois sur dix,

J'ai cité un exemple semblable après une violente traction d'une des ligatures placées sur la carotide primitive, et dans ce cas l'hémorrhagie s'est arrêtée facilement par la compression pratiquée avec les doigts.

La théorie et l'expérience nous autorisent donc à soutenir que notre méthode ne présente pas seulement l'avantage de rendre les bémorrhagies moins fréquentes , mais qu'elle permet de remédier plus sûrement à ces accidents lorsqu'on n'est pas parvenu à les prévenir.

L'histoire des plaies des artères montre que le pronostic est beaucoup plus grave dans le cas où les vaisseaux sont incomplètement divisés qu'après leur section complète. Déjà les anciens avaient recommandé , comme nous l'avons vu , pour suspendre les bémorrhagies traumatiques , de porter le bistouri dans la plate , afin d'achever la division des artères. Les recherches de Jones, de Béciard, de Manec, les faits rapportés par le baron Larrey ont confirmé la justesse de ce précepte.

Une artère partiellement ouverte offre une solution de continuité que maintiennent béante la rétraction des lèvres de la plaie et la tension des portions de parois vasculaires restées intactes. Cette disposition frappe d'une inefficacité presqu'absolue toutes les tentatives de compression. Il ne peut y avoir, dans ce cas, d'oblitération définitive, et aucun travail d'adhésion ne se produit, de sorte qu'au moment ou la compression cesse ou diminue, l'hémorrhagie reparait.

Les suites de la division complète d'une artère sont beaucoup moins dangereuses. Le vaisseau se rétracte dans la gaine celluleuse et augmente d'épaisseur aux dépens de sa capacité. Les membranes internes occupent un niveau un peu plus élevé que

quel que soit le procédé employé , en raison de l'arlérite lente , si bien décrite par Tommasini , et qui devient la cause des complications les plus fâcheuses.

Nous verrons plus loin, en parlant des contre-iudica' ions de notre méthode , qu'elle ne saurait être d'une utilité supérieure dans le cas où les artères sont incrustées de dépôts calcaires ; les membranes en sont alors profondément altérées et ont perdu toute leur rétractilité.

la tunique externe et se laissent pénétrer et entourer par un véritable dépôt de sang et de plasma; aussi , dans ces conditions, l'hémorrhagie peut-elle s'arrêter spontanément ou être parfaitement suspendue par une compression qu'il n'est pas même, en général, nécessaire de continuer pour longtemps.

Ces faits notoires font comprendre la grande supériorité de notre méthode contre les bémorrhagies consécutives* Avec les procédés ordinaires, la continuité du vaisseau rend les effets de la compression très-incertains, et on est ordinairement obligé de lier l'artère une seconde fois au fond de la plaie ou sur un point plus élevé, pratique également périlleuse; car, dans le premier cas, on opère sur des tissus enflammés et friables, et dans le se>» cond, on n'est jamais sûr d'arrêter l'écoulement du sang qui peut persister par le bout inférieur de l'artère.

Avec notre méthode, la compression suffit au salut des malades, puisqu'on agit sur des vaisseaux complètement divisés , entourés de leur gaine cellulaire, dans laquelle nous les avons vus se rétracter; le caillot et les adhérences se forment aisément, et de nouvelles bémorrhagies sont ainsi prévenues.

Nous donnons le conseil de retirer la ligature de la portion de l'artère d'où s'écoule le sang. La présence du fil n'est plus d'aucune utilité et devient une source d'accidents inflammatoires et uloératifs dont il est important de se préserver.

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