CHAPITRE VII
ACCIDENTS DE l'opÉRATION.
Les accidents de la névrotomie optico-ciliaire [sont peu nombreux, si nous en jug'eons d'après le résultat des opérations qui se trouve consig'né dans nos nombreuses observations.
Les accidenta peuvent se montrer :
1° Pendant l'opération ;
2» Après l'opération.
1° Pendant lopératmi. — On peut éprouver une certaine difficulté à séparer la conjonctive du globe oculaire dans les cas où des inflammations intenses ont amené des adhérences entre la conjonctive et la capsule de Ténon. Dans deux observations du D' Abadie, on a eu une certaine difficulté à pratiquer cette dissection. L'opération a dans ce cas été plus long-ue, mais a pu s'effectuer sans accidents,
La perforation de la sclérotique peut être observée. Cet accident que nous ne trouvons sig'nalé dans aucune de nos observations doit être à craindre dans le cas où le g-lobe est mou, atrophié. Les ciseaux pointus doivent être absolument proscrits.
Si cet accident se produisait, il faudrait sans retard pratiquer l'énucléation de l'oeil.
La section du nerf optique peut quelquefois être difficile. Nous attachons une très-grande importance à l'emploi de ciseaux à courbure spéciale. Les ciseaux spéciaux que nous avons fait construire par M. Collin permettent la section facile du nerf optique et dans un temps très-court.
On doit éviter de sectionner les muscles voisins, le petit oblique, le g'rand oblitjue, le droit supérieur, etc., et les ciseaux ne doivent pas plong-er trop piofondément dans l'orbite, car on aurait à redouter dans ces cas la lésion de parties vasculaires ou nerveuses importantes.
2' Après r opération. ' — Sig*nalons avant tout Vhémorrhagie. Cet accident assez souvent observé ne s'est pas montré dans nos observations avec un caractère sérieux.
Dans une seule observation, celle de M. le D' Boucheron, l'hémorrhag-ie a amené des accidents très-g-raves. Le sang* s'est infiltré dans le tissu cellulaire retro-oculaire, l'œil a été repoussé en dehors et pressé d'un côlé en avant par les paupières, en arrière parle sang" s'épanchant dans une cavité inextensible, s'est sphacélé.
Nous redouterions fort ces accidents d'hémorrhag'ie et d'infiltration dans les cas où l'on se fraye une voie insuffisante pour aller à la recherche du nerf optique; nous ne les redoutons pins, lorsque, à l'exemple de MM. Schoeler, Abadie, Meyer, nousfaisons la section d'un muscle qui nous crée une large voie (voir Procédé opératoire. L'hémorrhag-ie survient-elle, rien n'est plus facile que de permettre l'évacuation du sang" au dehors en attendant un certain temps avant de replacer le g^lobe oculaire dans la cavité orbitaire. Pour nous, ainsi que nous l'avons établi plus haut, le procédé de névroto-
mie avec section musculaire présente l'avantage énorme de se mettre à l'abri des conséquences désastreuses dans le cas particulier de conservation du bulbe, de l'hémorrhag-ie.
Dans aucune de nos observations, nous ne voyons des accidents sérieux d'hémorrhag-ie ; à peine sig-nale-t-on dans quelques-unes d'entre elles un lég-er écoulement sanguin, un peu d'exophthalmie (observation I et II de Schœler), mais ces accident cèdent très-rapidement à l'emploi d'une douce compression et de l'emploi de la g-lace.
\J ecchymose des paupières^ l'infiltration sous-conjonctivale de sang* sont des accidents fréquents, mais sans gravité et qui disparaissent promptement.
Les accidents inflammatoires sont g-énéralement peu marqués; le bandeau compressif avec les compresses d'eau g-lacée que le D"" Abadie recommande vivement les font g-énéralement disparaître.
Les accidents du côté de la cornée sont g-énéralement peu intenses et c'est avec un profond étonnement que l'on voit la cornée g-arder sa transparence. Dans quelques-unes de nos observations, nous trouvons noté une lég-ère opacité, des menaces d'ulcération, mais jamais d'accidents g-raves de fonte de l'œil.
Le phlegmon de Tœil n'a élé noté dans aucune de nos observations; si cet accident survenait, il faudrait sans hésitation pratiquer l'énucléation.
Dans certains cas (obs. Schœler), on a observé des ulcérations de la cornée succédant à des irritations produites sur l'œil anesthésié par un œil artificiel. La privation de l'œil artificiel pendant quelques jours, la suture des paupières amènent une g"uérison prompte de ces accidents.
U incapacité motrice ne s'observe que lorsque l'opération a été pratiquée sans règle et dans les cas où l'on a
coupé maladi'oiteinent un trop grand nombre de muscles.
Le strabisme doil être évilé et pour cela on doit suturer très-soig'iieusement le muscle sectionné.
Quant à V atrophie du globe, si nous en jug-eons d'a[)rès nos observations et nos expériences, nous devons admettre que l'œil conserve, à la suite de la section du nert optique et des nerfs ciliaires, pendant très-long'temps son volume. Une très-lég-ère atrophie est du reste une chose très-désirable dans les cas d'augmentation de volufne du g-lobe oculaire (voiries observations de Schœler).
Nous dirons enfin que certains malades peuvent conserver pendant très- long-temps de la roug-eur de la conjonctive avec une Iég*ère sécrétion. Cet accident sans gravité cède g'énéralement assez rapidement aux lotions d'acide borique ou de sous-acétate de plomb liquide.
Redard.