OBSERVATION III
(Nous la devons à l’obligeance de M. le Docteur Rousset, de Lyon)
Mme X... vient consulter en avril 1931 pour céphalées rebelles ne cédant à aucun traitement.
Antécédents héréditaires et collatérauxr. — C'est
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une femme d’une trentaine d'années dont le père et la mère sont bien portants. Elle a des frères et sœurs en bonne santé.
Antécédents personnels. — Aucune maladie d’enfance, si ce n’est une fracture du poignet droit qui a laissé une déformation très apparente de l’avant-bras avec limitation des mouvements. Elle a été mariée et est divorcée. Elle n’a eu que deux grossesses terminées toutes les deux par la naissance à terme de deux filles actuellement bien portantes et âgées de 11 et 9 ans.
Histoire de l'affection actuelle. — La malade est, depuis deux ans, la maîtresse d’un de nos clients que nous avons vu pour un accident primitif une huitaine de jours après les premières relations sexuelles avec la malade, relations qu'il nous a cachées. Au bout de quelques mois, sa maîtresse accusant des céphalées très vives, il nous l’amène. Nous pratiquons une prise de sang pour B.-W. Le résultat en est très nettement positif, quoique nous n’ayons retrouvé aucune histoire d'accidents spécifiques dans l’interrogatoire de la malade, si ce n’est une chute abondante de cheveux et aucun signe clinique à l’examen.
Pas d’albumine ni de sucre dans les urines. Pas de lésions cardiaques. Aucune intoxication. Examen clinique négatif. Pas de troubles digestifs.
Les céphalées sont surtout nocturnes, souvent occipitales. Elles ne cessent à aucun traitement, elles sont atroces, dit la malade.
Par suite de circonstances particulières, les résultats du B.-W, ne peuvent être communiqués à la malade.
Nous la revoyons seulement un an après: les céphalées ont continué. Elle a vu de nombreux médecins. Aucun traitement ne l’a soulagée.
D'accord avec son amant, nous lui communiquons alors les résultats du B.-W. Le jour même nous lui faisons un nouveau B.-W. qui est également très positif (Hecht et Vernes très positifs) et une injection d’hydroxyde de bismuth (muthanol 3 cc.). La malade, revue cinq jours après, déclare que dès le lendemain de la piqûre les céphalées ont cessé et que depuis, si elles ont réapparu, elles sont moins vives. Après la seconde injection, elle est complètement soulagée, et depuis six mois elle n’a plus jamais souffert. Nous lui continuons régulièrement le traitement spécifique, son B.-W. reste maintenant négatif.