PRÉPARATION DES PEAUX
Ceux qui n'ont ni le temps ni les ingrédients nécessaires pour faire subir à la peau une préparation complète se contentent de la frotter avec du beurre fortement salé; lùise ensuite dans la terre humide, elle y séjourne huit jours, après lesquels, le poil ayant disparu, elle sert à divers usages grossiers.
Mais si on veut que la peau soit d'une qualité supérieure, si surtout elle est destinée à recevoir une couleur , les préparatifs sont plus longs et plus compliqués.
L'ouvrier, dans ce oas, la fait tremper jusqu'à ce que le poil puisse en être facilement détaché ; la peau est ensuite plongée dans une dissolution composée d'eau et denebneb, fruit du babela^ séché et réduit en poudre; elle y séjourne pendant quatre ou cinq jours. Lorsqu'elle a acquis une teinte lie de vin, elle est étendue à l'ombre. Après dessiccation, il faut la ramollir de nouveau ; pour cela on la laisse un jour dans un mélange d'eau, de son et de sel;
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à ce moment elle se trouve convenal)lcmcnl disposée pour être soumise à la teinture.
Les gens du Cayor ne connaissent que trois couleurs, noir, rouge et jaune.
Pour composer la couleur noire on jette le sala^ if il , résidu du fer forgé, dans une quantité d'eau déterminée ( « celle qui a servi à laver les mains au a moment du repas est bien préférable à toute au- « tre »); on. ajoute une petite quantité de farine de mil. La peau plongée dans cette dissolution se teint en noir; la couleur est inaltérable.
Quand l'ouvrier vent teindre en rouge, il réduit en poudre l'écorce de la canne du mil rigne; cette poudre ^ délayée dans une quantité suffisante d'eau ordinaire, à laquelle on a soin d'ajouter une certaine dose de l'eau alcaline qui. sert à la fabrication du savon, donne la couleur rouge.
La racine d'un arbre appelé /a/ar sert à faire la teinture jaune : la racine la plus tendre est préférable. Le teinturier mâche cette racine, et la rejette ensuite, humectée et broyée, sur la partie qu'il veut colorer; il étend la matière après l'avoir arrosée de quelques gouttes d'eau alcaline.
Les étoffes de coton reçoivent aussi une teinture bleue ou jaune.
Le bleu se fait avec des feuilles d'indigofère .-cette couleur est peu estimée.
Le jaune est au contraire la couleur des princes et des guerriers. Pour se procurer celte teinture, l'ouvrier doit prendre l'écorce de trois arbres, savoir : le ratty le kreule et Vaurô, On laisse ces écorces macérer pendant trois jours; on introduit dans le mélange un peu de la liqueur contenue dans le nebneh et une quantité convenable d'eau alcaline. L'étoffe plongée dans cette dissolution y séjourne un jour et une nuit; retirée, elle est légèrement lavée dans une eau fraîche, et séchée à Tombre; puis elle est plongée de nouveau dans la composition. Lorsque cette opération a été renouvelée trois fois , l'étoffe a acquis une couleur d'un jaune éclatant ; « mais celui qui , en premier lieu , met le tissu en <c contact avec son corps, doit avoir la précaution c( de s'enduire de beurre ; sinon il contracte infail- « liblement une affreuse maladie de peau. »