OK LA SÉNÉGAMBIE
été ailministrée par dix^neuf gous^erneurs j titulaires ou inléri maires, on s* explique l'abseDce de tout système , de tout esprit de suite, et les conséquences déplorables qui en sont résultées.
Sans doute il a passé parmi nous ^ dans cette période, des hommes capables : tous étaient animés des meilleures intentions ; mais la connaissance des afTaires et des mœurs locales ne saurait s'improviser. Après des débuts nécessairement pleins d'hésitation, lorsque les gouverneurs commençaient à s'initier aux hommes et aux choses du pays, leur remplacement ou un intérim plongeait tout dans rincertitude; aussi, de tâtonnements en hésitations, en sommes-nous venus à perdre Tinfluence que notre position, notre nom, nos ressources, devaient maintenir entre nos mains.
Nous avons dit que le traité du août 1835 stipulait qu'^^ et sa descendance seraient perpétuellement exclus de la souveraineté du Wàlo. Cette convention, solennellement jurée, n'a pas empêché le roi des Trarzas de forcer, tout en se disant notre ami, surtout dans ces derniers temps, Monboye Fanta^ hrio^ à se retirer, et à céder sa place à Ély.
Celui-ci , investi du titre de brio^ se croit donc héritier présomptif du Irak. Usant de l'influence de sa tante D^the. Jalla et de celle de son père, il
exerce déjà les pouvoirs souverains, et habitue, au mépris des traités, les malheureux habitants de ces contrées désolées à le considérer comme leur futur roi et à le traiter en conséquence.
La justice s'administre au Wauo d'après les mêmes règles que dans le Cayor ; mais il est vrai de dire que l'anarchie et la tyrannie des Maures ont détruit toutes leâ garanties.
Autrefois, quand le Walo, régi par la coutume nationale, formait un Etat indépendant , les villages avaient à leur tête des séôeùrwrs ; mais aujourd'hui les Maures ont fait déposséder ces chefs , qu*ils ont remplacés par des captifs de la couronne, entièrement a leur discrétion.
Les grands chefs des sébébaors^ au nombre de trois , portent le titre , le premier, de diawdine , le deuxièrtie, de diogomaye^ et le troisième, de mdlo.
Ces hommes et leurs subordonnés , quoique plies sous le joug des Maures , aiment leur indépendance. Ils nous servirent d'utiles auxiliaires pendant la guerre de 18«33 et 1834; mais, abandonnés en 1835, ils furent écrasés en détail; et s'ils hésitent aujourd'hui à se joindre a nous, à contribuer à la régénération de leur pays; c'est qu'ils craignent, à tort sans nul doute , d'être exposés, à la suite d'un nouvel abandon, à toute la vengeance des Manres. Cependant, lorsqu'il y a quelques mois le gouver-
neur parcourut le Walo, et que DélhéJalluy s' étant déclarée pour les Tra^zas^ fut forcée, avec; ses partisans et ceux des Maures, à se réfugier dans le Cayor, les sébéhaors ont refusé de la suivre.