‹ De la Sénégambie françaiseChapitre 23 sur 59 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

nèctipii et eeuronnemeiit du br»l&.

Lorsqu'il y a lieu de procéder à l'élection d'un braà^ le diawdine^ le diogoma/e et le mdto convoquent les sébébaors. Ceux-ci, en principe, doivent délibérer sur le choix à faire; mais, comme le prétendant a eu soin de s'entendre d'avance avec les trois grands chefs , son élection est certaine. C'est le bouquénégue diourourbel^ ou chef des captife de la couronne, qui sert ordinairement d'intermédiaire entre le prétendant et les électeurs.

Les promesses réalisées, les trois chefs proclament rélu,'et le peuple, plein de respect pour ses T^résentants , ratifie toujours leur choix de ses acclaÉiations.

Une fois nommé , le brak doit offrir à ses électeurs, comme cadeau avoué, dix de tout.

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Au jour fixé pour le couronnement , le nouveau brak, suivi du peuple, se rend à Dgiangué. sur la rive gauche : de ce point on aperçoit le Ronier^ qui marque, sur l'autre rive, la place où futDiouRouR- BEL, ancienne capitale du Walo.

Le chef d'un village placé sur le bord du fleuve prend le titre de montel : ce mot signifie maître du passage ou maître passeur. Le chef de Bagame, village voisin de Dgiangué, a seul le droit de conduire le hrak sur la rive droite. Dans cette circonstance solennelle il dirige lui-même sa pirogue.

Tout le monde avant traversé le fleuve, on se dirige vers la plaine de Diourourbel, où s'élèvent les tertt'es des braks. Le nouveau roi prend place au sommet de celui qui a été construit pour la cérémonie. C'est alors que le diawdine s'avance, tenant dans une main un épi des mils souna et dgiarnat, et de l'autre une calebasse qui renferme des semences de tous les végétaux du pays. II. met à la bouche du brak l'épi de souna, dans sa main droite celui de dgiamat y et dans la main gauche la calebasse. Après cette cérémonie symbolique, le roi est placé sur une sorte de litière ; il va , suivi de tout le peuple , au marigot de Kamm ; . les quatre captifs qui l'ont porté , le montel de Bagame et les hommes de sa pirogue , entrent dans le lit du marigot et y plongent le brak. Il est maintenu dans l'eau

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jusqu'à ce qu'il ait saisi un poisson. Cette sorte de supplice pourrait, on le voit, durer trop longtemps si un ami complaisant n'avait soin de lui glisser dans la main l'objet qui doit terminer la scène. Le but dé cette cérémonie «st, sans nul doute, de rappeler fortement au hrak toute la protection qui est due à l'industrie des pécheurs. La prise est annoncée au peuple; il fait de grandes acclamations lorsque le poisson est à écailles, car c'est un heureux présage.

Le brak transporté de nouveau sur le tertre, le diawdine couvre le roi de linges secs, et le couronne au moyen d'un bonnet orné de nombreux grigris. Ce. bonnet sert de génératioq en génération, et on le conserve avec un respect religieux.

La première partie du programme est remplie. Le flieuve est traversé de nouveau ; le cortège retourne à Dgiangué, où une case isolée a été construite pour le brak. Ici commence une scène singulière^ qui ne se produit que dans le Walo. On a réuni toutes les femmes; le brak les passe en revue et en désigne une. Celle sur laquelle tombe son choix doit passer huit jours enfermée avec lui. Personne ne peut, en cette circonstance, mettre obstacle au désir du roi : tous les droits s'abaissent devant sa volonté. Les huit jours écoulés , le brak prend possession du pouvoir. La femme qui a partagé sa retraite se retire

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chez ses parents; elle n'est pas devenue l'épouse du rpi, et la coutume lui défend de se marier pendant la vie du souverain qui Ta honorée d'un caprice.

Un chef s'est maintenu seul, au Walo, dans une sorte d'indépendance vis-à-vis des Ms^ures : c'est Béthio, qui signa avec le hrak Amarboye le traité de 1819. Il a été marié à Déthé Jalla^ dont il a eu un fils qui se nomme Sidiyeu. Cet enfant , si Élj était écarté, comme il doit l'être, pourrait, par les con^ ditions de sa naissance, devenir un jour brak.

béthio est bien disposé pour le Sénégal ; il se souvient avec reconnaissance des bons traitements qui lui furent prodigués à Richard Toll, lorsque, en l'année 1 830, les Maures prirent et saccagèrent DiMBe, lieu de sa résidence. Il habite aujourd'hui Ross , à mi-cbemin de Lampsar, fort français à PTdbb, capitale du Walo. Il se déclarerait sans doute pour nous s'il ne redoutait les Maures et leurs avanies, dans le cas, ce qu'à Dieu ne plaise, où nous viendrions à abandonner dès projets dont la réalisation est une question vitale pour l'avenir de notre colonie.

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