CHAPITRE XXVII
An sud et au sud-ouest du Galàm on trouve le B011DOU9 autrefois dépendant des Bakiris du Goye.
H ne sera pas sans intérêt de raconter ici la légende accréditée au Sénégal sur la manière dont le BoMdou fiit détaché du Galam , et soumis à la domination particulière d'un chef dont les descendants exercent encore en ce moment l'autorité souveraine.
Le BoiiDOu était jadis désert.
Malik-Si^ marabout célèbre, Puelh de race, s'y était retiré avec quelques élèves (almoiihé ^w Puelh j taliba en Wolofj). Établi au lieu où se trouve aujourd'hui BouLÉBANÉ, il le quittait parfois pour parcourir les pays voisins. 11 était partout l'objet d'un accueil empretssé, à cause, tout à la fois, de sa
réputation de sainteté et des grigris excellents qu'il fabriquait.
Le tounka de Tuabo Tavait pris en grande affection, car il en avait reçu un grigri dont la vertu infaillible devait le rendre, lui et sa race, victorieux en tout temps.
Un jour il exposa au tounka qu'il lui serait agréable d'avoir la propriété d'un canton du Bondou, parce que ce pays, couvert de baobabs et de tamariniers , fournirait à ses élèves une nourriture abondante. Le tounka y consentit volontiers et lui dit : a Allez au lieu où sont vos élèves. Demain , au jour, « nous partirons, moi de Tuabo , vous de votre vil- (( lage; le point où se fera notre rencontre servira, « à l'avenir, de limite à nos terres. »
Malik'Sij se levant de grand matin, marcha rapidement vers Tuabo. Cependant le tounka^ beaucoup moins diligent, parti plus tard, se dirigeait len^ tement vers Boulébané , lorsqu'il se trouva en face du marabout, non loin de Tuabo. Étonné il lui dit: « Vous autres Puelhsj vous avez plus d'esprit que X nous. Vous venez de m'enlever une partie de ma « terre; mais j'ai donné ma parole, je saurai la le- « nir : ici sera à l'avenir la ligne de démarcation « entre votre pays et le mien. »
C'est ainsi que commença la souveraineté de Malik'Si. Ses descendants ont souvent fait la guerre aux
FRANÇAISE. i6l
Bakirisj tnais ils n'ont jamais eu de succès sérieux, Car , « le grigri donné par Malik'Si au tounkd de « TuABO a conservé sa vertu protectrice. »
MaUksi^ maître du Bondou , en fit un lieu d'asile. Le pays fut bientôt peuplé de Torodos ^ de Puelhs nomades et pasteurs, d'émigrés du Dgioloff, de Sàrcucolets et de DiawaraSy chassés du Kaarta. Le
BoiiDOu , dès lors , ne tarda pas à s'agrandir aux dépens de ses voisins, et surtout du Bambouk. En repoussant les bamboukains au delà de la Falbmé, il s'empara même de la rive droite de ce cours d'eau, ou il établit des villages. En 1841 , il a, sur cette rive^ conquis Kagniéba, village situé à une journée et demie de marche de Sbnnoudebou, sur le territoire duquel se trouvent les seules mines d'or qui nous soient un peu connues.
Maliksi ^\.\^ souche d'une nombreuse race, qui, de son nom, s'appelle 5m/é^'. La dignité A'al mami appartient toujours au plus âgé des Sissibés.
Les Sissibés habitent deux grands villages , Boulébahé^ à une demi-journée de marche de Sennou- DÉBOu , et KoussANG , à une bonne journée de cheval du même point. Le siège du gouvernement se déplace selon qu'à la mort d'un al mami le plus vieux des Sissibés réside à Boulébamé ou à Kous-