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gré tous les chefs de village ; sa volonté est la loi «nique du pays. II a partout des agents qui font la police et lui rendent compte des moindres événe* ments; la plus légère contravention est punie d'ui^e pçine très-sévère. Tous les châtiments consistent en coups de corde, dont on peut se racheter ; mais le tprif des compensations est fort élevé : dixL coups de fouet valent un bœuf. Le produit de ces eoaverç^ons appartient à ai mamiy qui a bientôt assis pae fortune considérable sur la ruine de ses sujets.
A la différence du Fouta, où l'exécuteur doit administrer les coups par une simple flexion de r avant-bras ^ sans que le coude appliqué au corps puisse s'en détacher, dans le Bondou on frappe à tour de bras; aussi les patients s'imposent-ils , pour échapper à la fustigation , les sacrifices les plus oqéreux.
M mami a droit aux premiers fruits parvjenus à maturité; celui qui oserait se dispenser d'offrir qes préinices serait bien certain de se voir bientôt ruiné par une multitude de condamnations à dee coups de corde.
Âl mami possède de nombreux captifs, dont le \r9vail assure sa subsistance et celle de sa famillç.
Le BoNDOu produit du mil, des pistaches, du riz en abondance, le sésame, le fognio, l'indigo, du coton, du miel, de la cire, de la gomme, des
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peaux, du morphil, apporté par des caravanes venanl de l'intérieur, enfin des bestiaux , mais de petite taille. Il achète les mêmes marchandises que le Galam , et en première ligne le sel .
On le voit, le Bondou méritait Tattention du commerce. On devait raisonnablement espérer qu'en s'établissant à proximité du producteur les matières d'échange se multiplieraient : c'est ce qui détermina rétablissement, en 1845, d'un comptoir à Sennou- DÉBou, sur la Falemé.
On pensait que , sans négliger les échanges ordinaires^ il serait possible de créer sur ce point un atelier pour y manipuler la terre aurifère que les indigènes auraient apportée de Kagniéba. Si cet essai avait été tenté et avait réussi , il est hors de doute que nous aurions facilement habitué les naturels à nous fournir abondamment une matière qu'ils traitent par des procédés si imparfaits; mais cette pensée a été négligée. Le Sénégal ne brille pas par reprit de suite, et ce qui avait frappé un gouverneur est bientôt dédaigné ou oublié par un autre.
Lorsque rétablissement d'un poste fortifié à Sennoudébou eut été résolu, il fallut s'entendre avec al mami pour régler les conditions de notre prise de possession. Sada, alors al mami, était bien disposé (il s'est montré, toute sa vie, grand ami des Français); cependant, avant de conclure le traité, il
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crut nécessaire de consulter les Sissihés : le reste du peuple ne compte pas. Il les réunit à Sewnoudé- Bou même. Là, en présence de la commission française, présidée par M. Parent j officier du génie, homme d'un grand dévouement à ses devoirs et infatigable pour leur accomplissement, et composée de MM. Menu-Dessablesj PauL Holle^ commandant du fort de Bakel , et Polin-Pattersorij agent de la compagnie de Galam, l'affaire fut mise en délibération- Les Sissihés de Koussang s'opposèrent fortement à la création du fort. « Si vous permettez, « dirent-ils à al mami Sada , que les blancs se « fixent dans le Bondou , bientôt nous ne serons a plus maîtres ni de nos femmes , ni de nos captifs, « ni de nos terres. Nous voulons bien commercer <c avec eux , parce que nous comprenons que ces « relations seront avantageuses à notre pays; mais « il ne faut pas qu'ils deviennent nos maîtres. Gère pendant, vous êtes notre souverain; faites à votre « guise; quelle que soit votre décision, nous nous « y soumettrons. »
Jl mami leur répondit : « Le Bondou est à moi ; « à moi donc le droit de décider, et je veux que « les blancs s'établissent dans le pays. »
Le fort fut bâti ; mais , quand Sada vit qu'on l'avait muni de canons, il fit des objections. « J'a- «vais permis, dit-il, l'établissement d'un comptoir.
« nou d'uD fort armé » Sa résistaucc dura jusqu'en 1847. Au moisd*août de cette année, M. le gouverneur de Gramonl^ de bien regrettable mémoire, qui a succombé la même année à Saint- Louis, victime de son dévouement aux intérêts du pays, se rendit à Senjsoudébol ; il eut avec al nmmi une entrevue dans laquelle celui-ci renouvela ses instances pour l'enlèvement des canons. Alors M. Paul HoUe^ présent à l'entrevue, qui, depuis longtemps, était lié d'amitié avec Sada^ et en qui celui-ci avait la plus grande confiance, lui dit : « Sada^ vous avez vous-même à Boulébaiïé deux « canons que vous a donnés Duranthon ; ils ser*- « vent à préserver vos biens de tout pillage. Pourff quoi ne voulez vous pas que nous protégions, « par les mêmes moyens, les grandes valeurs que « nous allons déposer dans notre comptoir? Si nous « n^ avons rien pour intimider les voleurs, ils vien- « dront enlever nos marchandises, et cela fera une « mauvaise réputation à votre pays. »
Ces paroles et un cadeau persuadèrent al nhami; et les canons sont restés.
A la mort de Sada^ qui arriva à la fin de 18S1, le BowDOu est tombé en guerre civile.
Amadou si^ le plus âgé des Sissibés, appelé à succéder à al mami Sada, était de Koussang , village dont les habitants nourrissaient depuis long-