DE LA SÉNÉ6AMB1E
temps des senliinents de jalousie contre les Sissibés de BouLEBANÉ. Son grand âge, son peu d'intelligence rendaient Amadou si incapable de bien gouverner le pays , et d'y maintenir cette police exacte qu'avait établie Sada; aussi ceux de Koussang, s'abritant derrière l'autorité d'à/ marrd^ se mirent-ils à piller les malheureux, surtout ceux connus par leur dévouement à la famille 5â//». Les enfants de celui-ci et leurs parents usèrent de représailles; de sorte que, les querelles s'envenimant, le pays tomba dans l'anarchie et la confusion.
Amadou si ne tarda pas à mourir. Son successeur se trouvait à Boulébane : c'était Amadjr Gajre^ cousin de Sada.
Les Sissibés de Koussakg, voyant que l'influence allait revenir avec l'autorité à ceux de Boulébané, proposèrent à Oumar-Sané , frère de Sada, de le reconnaître pour al mami. 11 accepta ; mais cette violation de la coutume, la présence de deux al mami^ firent éclater de suite la guerre civile ; elle se continua jusqu'à l'année dernière, époque où arriva sur les lieux al aguy Oumar. Celui-ci interposa son influence, et, ayant réuni les différents partis à Farabana, dans leBambouk, il leur ordonna de laisser là leurs querelles et de le suivre à la recherche des infidèles, qu'il fallait avant tout convertir. 11 fut obéi. Depuis , Amadjr Gaye est mort,
et le BoNDOu se trouve sous la pression à! al agujr. Lorsque le Bondou sera sorti de la crise qu'il subit en ce moment , que les échanges auront repris leur cours, les Sénégalais , s'ils veulent entretenir des relations fructueuses, devront, avant tout, se ménager l'appui des Sissibés de Boulébané , et surtout des membres de la famille Soda, toujours trèsinfluente. Ceux-ci n'hésiteront pas à diriger sur nos comptoirs les caravanes qui traversent leur pays , tandis que les Sissibés de Koussang préfèrent se mettre en relation avec les Anglais de la Gambie , dont ils reçoivent souvent les émissaires et les cadeaux.