DU CAYOR
De la fMMyie.
Au Cator, le père est le chef souverain de la famille; les enfants mâles lui doivent respect en tout temps, obéissance tant qu'ils ne sont pas mariés. Lesfillesy avant leur mariage, sont soumises à l'autorité du chef de la famille quel qu'il soit; veuves ou divorcées y elles retombent sous sa puissance. La femme est donc tenue, toute sa vie, en état de subordination : le mari a sur elle un droit de correction même corporelle , renfermé toutefois dans certaines limites. En effet, s'il a poussé la brutalité jusqu'à la rupture d'un membre ou d'une dentj la femme fait un appel à ses parents, et le
mari, traduit en justice, est condamné à un certain nombre de coups de fouet; mais il peut éviter le châtiment par une compensation pécuniaire. Dans ce cas, la somme appartient à celui qui a rendu la sentence.
La polygamie existe en principe dans toute la Sénégambie : c'est la loi de Mahomet. Au Cayor, un homme libre peut épouser trois femmes de sa condition; il lui est loisible, ensuite, de prendre, parmi ses esclaves, autant de concubines qu'il luiplait. La femme avec laquelle il a contracté sa première union a le titre d'eiw/id : c'est la maltresse de la maison. Elle a droit à des égards et à des privilèges définis par la coutume; son autorité dans le ménage, sa prépondérance sur les autres femmes sOùt certaines et incontestées. Vnwhô habite la plus belle case; chaque femme a la sienne. Le mari se réserve, dans la cour commune, un appartement où les femmes n'ont pas accès; c'est là qu'il reçoit les visiteurs. Toutes jes constructions sont en paille.
I-iC mari est tenu de passer deux ou trois nuits de suite dans la case de chacune de ses femmes; s'il néglige ce devoir et que la femme ou ses parents s'en plaignent, il peut ôtre condamné, pour la première fois, à une réparation pécuniaire ; le renouvellement de l'offense est un cas de divorce.
La femme qui a été honorée de la visite du mari doit préparer la nourriture de toute la famille.
Le repas servi, la famille est appelée; le.mari lave sa main droite, les autres Timitent. L'eau quia servi à cet usage est conservée avec soin , nous dirons bientôt dans quel but. La ménagère fait la dégustation des aliments; rien ne saurait l'exempter de ce devoir, dont T accomplissement est considéré comme une sauvegarde; puis le chef delà famille invoque le nom de Dieu en disant : Bissimildi^ et le repas commence.
Les convives sont assis en cercle ; le plat de couscouss occupe le centre; le mari y porte le premier la main droite: la gauche est considérée comme impure. Il saisit une portion d'aliment, la pétrit dans la même main, et, lorsqu'il lui a donné la forme d'une boule, il l'introduit dans sa bouche. \2awhô se sert après le mari. L'opération continue ainsi jusqu'à la fin du repas.
Si le mari a pour hôte un ami de sa condition , celui-ci mange avec la famille. Lorscjue le visiteur est élevé en dignité , le mari , servi à part , partage son repas avec lui. Si le visiteur estiin inconnu, il mange seul.
Le mari doit pourvoir à la nourriture et à l'entretien de la famille ; outre les distributions de mil , de viande et autres provisfons qu'il est tenu de
Faire à chaque femme, il ne doit pas négliger les cadeaux, cet aliment de T amitié sous toutes les latitudes. Il lui est cependant interdit de faire luimême le partage de ce qu'il donne : c^est le droit de Vawhô. A cet effet, les objets sont apportés dans la case de celle-ci ; elle y appelle les autres femmes. La seconde femme forme , en présence des autres , autant de lots qu'il y a de parties prenantes ; les lots établis, Yawhô choisit celui qui est à sa convenance, les autres prennent au hasard.
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