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CHAPITRE XXVlll

Du ItoailiaiilfL.

Le BâVBOUK^ contrée peu coanue, est un vaste pays qui touche au Kassô, au Bondou, au Dgia- LONKÉ et au Wasselou. De vastes forêts inhabitées le séparent du Ségou.

n vit en république, et dans la plus complète anarchie. Si quelques villages se réunissent sous la direction d'un même chef, c'est accidentellement, et pour faire une guerre acharnée aux habitants d'un canton voisin!

Chaque village y et ils sont nombreux , mais peu coiisidérables j s'administre par un chef. Ils ont peu de. relations de village à village , car la nature montagneuse du sol rend les communications trèâ-difficiles. Les caravanes ne traversent ce pays qu'au moyen de sacrifices qui doivent se renouveler à

chaque station. Après avoir acheté leur sécurité par un cadeau , elles sont conduites jusqu'aux limites d'un village voisin, où Topération recommence : heureuses quand elles ne rencontrent pas quelque bande de pillards apostés souvent par celui dont elles ont acheté la protection.

Les Bamboukains j farouches et méchants, tuent les voyageurs et pillent leurs marchandises sous le moindre prétexte. Ceux d'entre eux qui habitent à proximité du Bondou sont souvent , à cause de leurs méfaits, très-rigoureusement châtiés par a/ mami.

Ils n'aiment pas le travail de la terre. Leur gradde passion est la chasse : elle les nourrit ^ car le pays , couvert de forêts , contient par troupes innoioi^rablés des animaux de toute espèce. L'extractioà def l'ôr les occupe pendant toute la saison sèche , d'octobre à mai. Ils n'ont pas même Tindui^trié d^ se tisser des véteiùents, et ils l6s tirent du Bo^dod 61 dé Gàlàm, qui fabriquent, nous T avons dit^ une grande quantité d'étoffes de coton .

L'or se rencontre partout dans le Bambouk; Chaque canton a ëes mines, exploitées libfémëdl par toutes les familles des villages (](ui le composeat. Vèrd l'extrême frontière, dii côté du Ségotf, 9é trouve le pays dé Boiiré, ou , si on en croît les t^ cits des dgiolos (marchands colpoHeurs), l'or est si

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abondant qu'on le voit mêlé à la poussière produite par le balayage des cases.

Les mines les plus voisines de Sennoudébou sont celles de Kagiéba, de Gniorkola et de Tamba. Si, plus tard, nous voulions nous mettre sérieusement à portée des gttes aurifères , il nous serait facile d'établir des comptoirs à Toumbara et à Sinsanding, sur la rive gauche de la Falemé, dans le Bocodou par conséquent; delà, d'atteindre les mines qui sontle plus à notre portée, et d'entretenir, d'abord par des courtiers indigènes, plus tard par nous-mêmes, des relations avec le Bouré.

Les Bamboukains ne suivent pas la religion musulmane ; ils ont cependant quelques notions , quoique grossières, de l'immortalité de l'àme. Les cérémonies qu'ils pratiquent avant de se livrer au travail des mines révèlent, à cet égard, leurs croyances.

Dans chaque canton se trouve un lieu sacré, objet de la vénération publique. « C'est là qu'ha- « bitent, disent-ils, les âmes des parents. Elles « choisissent de préférence un arbre grand et touffu, « ou un lumulus fait par les termites. »

Avant d'entreprendre quelque affaire sérieuse, chacun doit se rendre en cérémonie à la demeure des ancêtres 9 et , par un sacrifice , les disposer favorablement. Si on négligeait ce culte, les ancêtres

irrités ne manqueraient pas de faire descendre les plus affreux malheurs sur leur ingrate postérité.

Quand on doit ouvrir une mine, ces pratiques sont rigoureusement observées. « L'expérience leur « a démontré qu'ils ne sauraient prendre trop de « précautions pour satisfaire les âmes. »

l^s éboulements fréquents qui engloutissent les travailleurs trouvent , selon eux, leur cause dans la vengeance des ancêtres, irrités de l'omission de quelque cérémonie propitiatoire.

Si un mineur a été surpris par un éboulement , la fosse est comblée. Le lieu appartient à la famille du décédé : personne n'a le droit d'y porter la main. Ce n'est qu'après sept ans que les parents peuvent déterrer le cadavre. On prétend qu'alors les pores des os se sont remplis de paillettes d'or.

Ils se contentent de laver la terre extraite de la mine; mais leurs procédés très-imparfaits leur font perdre en grande partie le produit d'un travail pénible. La poudre d'or ainsi recueillie est mise dans une corne de gazelle que chaque travailleur porte toujours suspendue à sa ceinture.

Il arrive quelquefois qu'en détachant un fragment de roche , mais cela est rare à cause de la mauvaise qualité de leurs instruments, les mineurs mettent à découvert un lingot d'une valeur plus ou moins considérable. Dans ce cas, l'inventeur, selon l'im-

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portance de sa trouvaille , abandonne la mine et se livre à la chasse ou à l'oisiveté pendant le reste de Tannée.

Les Bamboukains^ quoique bien plus sauvages que ceux du Kassô et du Bondou, désirent cepen* dant nouer des relations avec nous; ils comprennent que, partout où il s'établit y notre commerce améliore les conditions d'existence des habitants; aussi les gens de Farabaha nous sollicitent-ils de nous fixer, en le reconstruisant, dans le fort que nous possédions anciennement sur leur territoire.

Il ne sera pas sans intérêt de donner ici quelques notions sur Farabana, visité dans ces dernières années par feu M. Rey jeune, alors commandant du fort de Bakel.

A une bonne journée de marche de Sennoudébod et de Médine se trouve, dépendant nominalement du Bambouk , un canton dont le chef-lieu est Fara- BANA. Pour arriver à ce village il faut , de quelque point qu'on soit parti, traverser une forêt trèsépaisse, complètement inhabitée , mais peuplée d'éléphants, d'animaux féroces et de gibier de toute espèce.

Le marigot de Sa^nnourrolé , qui commence en face de Naé, village sur la Falemé, conduit à Farabana; mais cette route est plus longue et tout aussi difficile que la voie de terre.

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Ce cours d'eau pourrait cependani devenir unq voie commode^ si son lit était débarrassé des troncs d'arbres et des amas d'herbes qui l'obstruent. Les gens de Farabana avaient promis de le faire, et déjà, animés du désir très-vif et très-sincère de nous ouvrir un accès facile dans leur pays, ils avaient entrepris ce travail, lorsque les Zénagas^ race de Maures dont nous parlerons, qui rôdent sans cesse sur ces terres et y exercent les plus odieux brigandages, les surprirent et les massacrèrent. Il nous a été impossible, jusqu'à ce jour, de tirer vengeance de cette scélératesse.

Il existe à FARAi|i«(A les restes d'un fort français. On trouve dans ses ruines un canon et une grande chaudière en fonte.

Le territoire de Farabana jouit d'un privilège singulier : maintenu intact par la bravoure des habitants , Farabana sert d'asile aux captifs des contrées voisines. Quand un esclave fugitif est parvenu à mettre le pied sur cette terre, il devient hbre ; jamais il n'est rendu à ses m^^fes : les démarches les plus vives , les menaces ont été jusqu'à ce jour im^ puissantes à modifier, à cet égard , les dispositions des habitants. Le Bondoc, le reste du Bambouk, le Kaarta, le GuiDiAGA, le Kassô, singulièrement gênés par ce foyer de liberté, qui attire hors de leurs mains les hommes les plus déterminés parmi leurs

esclaves y ont cherché plusieurs fois à le détruire; mais leurs efforts ont toujours échoué.

Al aguy Oumary seul , a pu y pénétrer dans ces derniers temps; seul il est parvenu, par ses prédications et par la ruse , à dompter ces natures vigoureuses. Il a fait de Fababana le centre de ses opérations dans le haut pays. Nous avons vu qu'il avait réuni sur ce point les Sissibés du Bondou. Quand al aguj aura passé , qu'il aura disparu dans ce tourbillon de peuples qu'il soulève par sa parole, d'intérêts qu'il froisse par son ambition, il sera temps pour nous de porter les yeux sur Fababana , et de jeter, au moyen de l'ancien fort, un jalon de plus, point de départ, mais non le seul, de la route qui nous ouvrira l'Afrique centrale.

Du Unarla et du S^snu.

Le Kaarta est ua grand pays situé sur la rive droite du Sénégal; il est très-peuplé. La race bambara qui l'habite parle une langue sans analogie avec celle des peuples voisins. Cette race se distingue, entre les noirs, par une pratique singulière. Les enfants, en naissant, sont marqués de trois ou quatre lignes disposées parallèlement, faites avec un instrument tranchant, et qui encadrent la figure depuis les parties latérales du front jusqu'au menton; ces cicatrices sont indélébiles Les personnes libres en ont învariabk'ment tTois; les captifs, quatre. Ainsi tout Bamliani porte sur son visage un certificat d'origine.

Ils ne suivent, à vrai dire, aucune religion, l.i-

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