‹ De la Sénégambie françaiseChapitre 35 sur 59 · DF LA SÉNÉ6AMBIE · texte numérisé non relu

DF LA SÉNÉ6AMBIE

discussion ni délai; d'autres, moins entraînés, et soupçonnant en lui des vues terrestres, refusaient d'obtempérer à un ordre qui les mettait à sa merci.

Cependant le parti A' al aguy l'emporta, et ses adversaires, redoutant sa vengeance, quittèrent Farabana, et se répandirent dans le Kassô, IcGalam^ et chez les Guidimakras .

Les autres détruisirent le tata:

' Le but d'al aguy était atteint : il avait acquis, sans coup férir, une place d'armes qui, tout en le plaçant au milieu d'un pays et de partis nouveaux, le mettait à proximité de nos établissements... Il se rendit à Farabana, dont il fit reconstruire le tata sur un pian nouveau.

C'est là que, commençant à se poser en arbitre souverain de la Sénégambie, il convoqua solennellement les chefs des divers pays.

Ils. accoururent tous : les A»j/A^'j de Boulébané et de Koussi^G, dont nous avons parlé en traitant du BoNDOu. , les chefs de Goy e et du Kaméra , ceux du Kassô et des Guidimakras.

De pauvret familles entières abandonnaient leurs

villages ; des troupes de marabouts entreprenaient

de longs voyages pour contempler le prophète.-:

c'était un entraînement, un enthousiasme inouïs,...

En ce temps , nous étions en difficultés graves avec le Fouta. Àmadou-Hamat^ un des chefs du pays,

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tua sans provocation, par pur caprice , N'cHahmalis^oii^^ traitant de Saint-Louis; M. Protêt, alors gouverneur, demandait justice de ce lâche assassinat. Les princes voulaient nous satisfaire , mais al mami Hamadouj beau-frère du meurtrier, mettait tout en œuvre pour le soustraire au châtiment qu'il avait si bien mérité.

Al mami Hamadou , les princes , et, entre autres, Alfa Jly Sidjy Élimann Bolo, Elimann Donajre^ et le fils de Boubacar Aly Doundé^ celui-là même qui avait voulu faire tuer al aguy en 1847, prirent le prétexte de faire ce dernier juge de leur différend pour se rendre auprès de lui. Seul, Élimarin Rindîaw y chef des Bossjabés, l'homme vrai-

ment influent du Fouta, refusa de les suivre.

Arrivés à Farabana , ils exposèrent à al aguj ij^ HamadoU' Hamat avait méchamment mis à mort un homme du Sénégal; que, leurs enfants étant en otage à Saint-Louis , les blancs auraient eu le droit de les tuer, puisqu'a/ mAimi refusait de livrer le meurtrier... «Jugez entre al Aw«/w/etnous, diren^ils. Ne devons-nous pas donner satisfaction aux blancs?»

Al agujr leur répondit : « Je vous avais prédit que bientôt vous viendriez à moi. Votre affaire m'est connue; mais je ne puis la décider en ce moment : il sera temps de le faire quand je me rendrai au Fouta. Il est bien plus urgent de travailler à la con-

versiou des infidèles... Vous allez donc me suivre dans la guerre que j'entreprends contre le Kaartà. A mon retour le Fouta me verra et connaîtra ma volonté. Hamacbuj que vous appelez al mami^ se rendra dans votre pays. Il n est plus ai mamiy mais bien mon alpka (lieutenant). Qu'il administre le Fouta jusqu'à la fin de la guerre ; il aura pour auxiliaire Elimann Bo/Of chargé , en qualité d!ai^ kaUj de recevoir la coutume payée par les blancs. ffamculouj maintenant mon alpha, pendant mon absence, vous vous abstiendrez de viande et vous ne sortirez pas de votre case »

Tout le monde obéit ; mais Élimnnn Rindiaw, sans lequel rien de sérieux ne se fait au Fouta, apprenant ce qui s'était passé à Farabama, ^a chassé ai ma/ni Hamadou et l'a remplacé par al mami Racine.

Ces choses s'accomplissaient vers le mois d'octo** bre de l'année dernière. A cette époque , M. le gouverneur Protêt se rendit à Bakel ; al aguy envoya pour le saluer un ancien maçon de Saint-Louis , nommé John Bambaray devenu son ardent prosélyte.

Ce messager demanda au gouverneur de la poudre , des fusils j et même des canons ; demande qui fut repottssée , comme on le pense bien.

Alaguy s'était vanté, jusqu'à ce moment, de la protection et d6 l'assentiment des blancs. Compre*

nant que rinsuccès de sa démarché pouvait le compromettre aux yeux de ses partisans et donner à ses ennemis des idées de résistance, il résolut de détourner, par quelque action d'éclat, l'attention de chacun. Redoublant d'audace, il fit réclamer ceux qui, préférant l'exil à sa domination, avaient abandonné Farabana. Le Kassô obéit; mais le fils de Sambayacine, Barka^ tounka de Marrana, déclara que ces hommes étaient ses captifs ou les descendants des captifs de sa famille, qu'en les reprenant il avait usé d'un droit légitime, que lui, un Bakirij ne se soumettrait jamais aux volontés arbitraires d'un aventurier.

A cette réponse al aguj dirigea sur Makrana un corps commandé par deux hommes du Fouta , Élimann Donajre et Hamadou-Haniat. Il donna sans doute à ses lieutenants des instructions secrètes; car, parvenus à proximité de la résidence de fiarA-a, ils ne firent entendre que des paroles de paix.

Les Bakirisj complètement abusés, consentirent à entrer en palabre. Là on parut s'entendre, et uo grand festin réunit les deux partis ; mais , dans la nuit, les hommes d'à/ aguy- massacrèrent tous ceux de Makrana ; Barka et deux de ses frères furent égorgés. Cette troupe de bandits réduisit en esclavage les femmes et les enfants, et, après avoir pillé le village, le livra aux flammes. Elle reprit

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