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CHAPITRE XXXI

Des Haiires et de leurs trlbutoiifeti.

 l'ouest du Kaarta se trouve le Bakhouna, ha bité par les Maures de la race Oulad rC harrik^ naitioQ jadis puissante, dont les gens du Kaarta et du S^ou achetaient la protection au moyen d'un triibut annuel.

La division s' étant mise entre les diverses races do Bakroun A , les Oulad-Koïssis et leurs partisans, refoulés peu à peu vers Test, finirent par gagner les contrées que baigne le Sénégal, et s'y établirent^

La fusion d^s Oulad-Roïssis avec les Zénagas du

pays DowjGH a rendu ces derniers assez puissants

.pouF leur permettre de dominer les communications

avec l'intérieur; aussi toute caravane qui parait

sur leur territoire doit-elle payer une redevance.

Ces races, que les guerres civiles ont profonde* ment agitées, farouches, fières, n'ont qu'un désir, qu'un mobile, le pillage de tout ce qu'elles peuvent atteindre dans leurs courses vagaboudes sur la rive gauche.

Nos escales de Makrana et de Médine sont sur la rive gauche; cependant il a fallu, pour que les gommes du haut pays pussent y arriver , payer, nous aussi, un tribut aux Oulad-Kàîssis.

Mais nous reviendrons plus tard sur cet abus vraiment effrayant ^^ la coutume.

En face du Guidiaga, dont nous avons parlé plus haut , est le pays habité par les Guidimakras^ de race saracolaise; ils occupent, sur la rive droite, une lisière qui s'étend de Diarra n'Dapé, vis-à-Vis de Kégnou , jusqu'à Diaguila , en face de Kouir-

GCJEL.

Les Guidimakras w'iwexii en état de confédération; chaque village s'administre par un chef, mais aucun ne reconnaît une autorité centrale et diredfrice. Le peuple est turbulent , et se distingue par une .grande bravoure; il ne se livre au pillage qu'à la suite d'une guerre régulière.

S'il s'éloigne, en ce point, des habitudes des Maures, il est certain cependant que, soit par goût, soit par contrainte, il sert de receleur à ces derniers. Cette pratique désastreuse est la cause des inces-

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çaates difticiiltés qui s'élèvent entre nous et les Guidimakras.

Ils observent le mahométisme avec une certaine ferveur : c'est toujours un marabout qu'ils choisissent pour chef de village et pour juge de leurs différends.

La culture de la terre est en grand honneur chet le& Gaiftimafcras. Le pays, très-fertile, donnerait abondamment des denrées semblables à celles du Boifi>ou,du Ki«sô, du Kaméra et du Goyb; mais, foulé par les Zénagas^ dont nous parlerons bientôt, il reste stationnaire.

Les Guidimakms aiment passionnément la profession commerciale ; les voyages les plus longs , les plus pénibles, ne les effrayent en rien, quand ils voient une chance de gain au retour.

T^ur zèle et leur industrie, comme courtiers, pourraient être facilement et fructueusement utilisés.

Bien disposés pour les Français, ils n'hésiteraient pas à nous servir d'intermédiaires et de pionniers vers l'intérieur, où ils répandraient rapidement le goût de nos marchandises.

Riches de leurs bestiaux et de leurs cultures, ils

habitent des villages dont les principaux sont Dia?-

GuiLA etSoLOu, sur une roche; Moulésimon et Diogou-

TouRÉ, en plaine, tous entourés d'un fort tata.

Cette race , isolée au milieu de peuples hostiles,

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n'a pu maintenir complètement son indépendance; quoiqu'elle ait souvent résisté avec succès aux attaques du BoNDOu et du Fouta , elle a été obligée d'acheter sa tranquillité en payant tribut aux Bam-barasj aux Oulad^Koissis et aux Zénagas.

Si on les soutenait contre ces derniers, qui les écrasent périodiquement , ils se bâteraient de nous seconder; car ils sont plus braves que ceux du Gui- DiAGA, et bientôt leur pays donnerait à nos échanges un aliment nouveau et d'une abondance extrême.

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