CHAPITRE XXXIV
Mert de n'INalà IHtictAr.
Nous avons parlé plus haut du ministre à! Homedou^ jiDiak Moctar^ qui joua, pendant la vie du roi des Braknas , un rôle très-actif. Sa mort tragique causa y il y a quelques années , une profonde sensation, tant à Saint-Louis que dans toute la basse Sénégambie. Nous allons en raconter les circonstances; elles donneront un reflet curieux des mœurs locales.
N'Diak était né à Podor.
Son père, Moctar Bouba^ ministre, lui aussi, dUHamedou et du père de ce roi , avait eu , de la même femme, vH Diak^ Samba n'Dar et Bourika, qui devint femme de nDiaye^ ancien tamsir (grand prêtre) de Saint-Louis, et mère A'Hamat nDiaje , tamsir en ce moment.
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D'une autre femme lui étaienl nés Abdoulaje, brahïni et Meuhamba,
Lorsque Mohamet Sidy fut nommé roi en remplacement de Mambdoul Ragel^ il nourrissait contre n'Diak une haine profonde ; mais celui-ci, pour en conjurer lés effets , avait fait mystérieusement répandre un bruit qui arrêtait le roi dans ses ressentiments. « N'Diak seul, disait-on, connaissait a le lieu où Hamedou avait enfoui ses richesses ; il « ne dévoilerait ce secret qu'au roi qui lui garanti- « rait la vie , ses biens et sa place. »
Mohamet Sidj, alléché par l'espoir de mettre la main sur ce trésor, garda riDiak pour ministre.
Mais le roi eut , à cause de ce maintien , de rudes assauts à soutenir de la part de ses partisans et de ses amis. Brahîm surtout, frère consanguin de n*Diak , qui avait été de tout temps dévoué à Mohamet Sidy y portait à son frère une haine profonde, avivée surtout par l'enlèvement et la mort au Gabon di Abdoidayey ^on frère germain; il ne négligeait aucune occasion pour reprocher sa faiblesse à Mohamet Sidy et l'exciter à se débarrasser de n*Diak.
Voyant que Je roi hésitait, Brahïm^ ses frères et ses neveux se mirent à dresser des embûches à nDiak. Leur but était de l'assassiner; voici comment ils s'y prirent pour parvenir à leurs fins.
Un des neveux de rCDiak avait jusqu'alors suivi le parti de Brahîm; d'accord avec celui-ci, il l'abandonna avec éclat et implora le pardon de son oncle.
Pour mieux gagner sa confiance, il lui dévoila les projets de Brahîm; pendant ce temps, on dressait le plan de l'assassinat.
N^Diak^ en sa qualité de chef de Podor, était un homme du Fouta; les conjurés avaient lieu de craindre que les habitants de ce pays ne fissent justice du meurtrier, s'ils venaient à le saisir sur leur territoire. On.pressentit secrètement leurs intentions; ils promirent de fermer les yeux, tout en conseillatat à l'assassin de se réfugier après le meurtre à Dialmathj capitale du Dimar, sorte de lieu d'asile pour les malfaiteurs. Dès lors l'entreprise fut définie tivement résolue, et on n'attendit plus qu'une occasion favorable , dût-on la faire naître, pour accomplir cette œuvre de vengeance.
A ce moment n'Diak se trouvait jà l'escale de Donate; il avait envoyé ce neveu dont nous avons parlé, son ami de fraîche date, à Guédé , sur la rive gauche , le chargeant de percevoir en son nom certaines redevances.
Celui-ci, qui connaissait l'avidité soupçonneuse de son oncle, se doutait bien qu'il se mettrait à sa recherche s'il ne le voyait pas revenir à l'escale le
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jour même ; comme son inteotion était de l'assassiner sur la rive gauche, afin de pouvoir, le crime une fois consommé, gagner plus facilement Dialmath, il resta à Guédé. Là, s'étant confirmé dans sa funeste résolution , il attendit- l'arrivée de rCDiak.
En effet, celui-ci, inquiet de l'absence de son neveu, se transporta à Guedé, où il passa la nuit.
Le lendemain ils se mirent en marche pour revenir à Tescale.. N'Diak était à cheval, ainsi que son neveu , qui était accompagné d'un pauvre tçhiouhalo (pêcheur) cheminant à pied à côté de i^on chçval. L'oncle, selon le cérémonial africain, marchait le premier.
Arrivé à un certain lieu situé entre le marigot dé KoTALA et l'escale, Abdoulaye (c'est le nom de Tas-* sassin) dit au tchioubalo : ^ Je vais tuer mon oncle. « Pas un mot, pas un geste, ou tu es mort, v
Le tchioubah s'arrêta tout tremblant, et Abdpur laje^ se rapprochant vivement de rUDiak^ lui tira par derrière un coup de fusil à une distante tellement courte que les vêtements de la victime s'enflammèrent. DTDiak tomba; sa mort avait été instan-, tanée.....
Au moment de l'assassinat, des cavaliers du FouTA , venant de Podor , débouchaient sur le lieu théâtre du crime; l'un d'eux courut après le meurtrier, qui s'enfuyait de toute la vitesse de son che-
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val dans la direction de Dialmath ; il ne tarda pas à Tatteindre; mais Tassassin, faisant volte-face, lui dit : a Ce que j'ai fait ne vous regarde pas. Il « est vrai que je viens de tuer nDiak; mais c'est a pour venger ma famille. Laissez-moi continuer « mon chemin : il vous en coûterait de vous mêler « de nos affaires. » Celui-ci se le tint pour dit, revint auprès de ses compagnons, et les aida à transporter à PoDOR les restes de rH Diak,
Cependant Mohamet Sidy, apprenant ce meurtre, manifesta un grand ressentiment , et, déterminé soit par la crainte des amis de n'Diak^ soit par le désir de posséder l'introuvable trésor, donna.au fils de la victime la place de ministre.
Mais peu de temps après celui-ci fut chassé et remplacé par Brahîm, l'instigateur connu du meurtre : on vit bien alors quelles avaient toujours, été les pensées secrètes du roi .