‹ De la Sénégambie françaiseChapitre 5 sur 59 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Du «liirorce.

Les causes du divorce sont : l"" le consentement mutuel, qui est suivi d'une séparation instantanée ; 2^ Tabsence du mari , laissant sa femme sans moyens d'existence ; en vain aurait-il , en s'éloignant , pourvu aux besoins de la famille : si son absence a duré cinq ans, la femme a le droit de demander le di* vorce ; 3^ les violences du mari envers la femme, poussées jusqu'à la rupture d'un membre, ainsi que nous l'avons dit plus haut ; 4° l'adultère de la femme prouvé par sept témoins honorables, qui doivent témoigner de visu; quand le mari succombe dans cette instance, la femme peut à son tour, à titre d'injure, demander le divorce; si elle l'obtient, elle garde la dot; 5^ le défaut ou l'insuf&sance d'entretien de la femme, le mari étant présent; 6^ le refus réitéré du

mari d'accomplir le devoir conjugal ; 7*^ Tiiupuissance du mari : elle se prouve par le serment de la femme, sauf la preuve matérielle du contraire fournie par le mari ; 8** une injure grave; si, par exemple, le mari dit à sa femme ; Baïna sa Oattj je laisse votre col {je romps le tak)^ et qu'un seul témoin ait entendu ce propos, c'est ira cas de divorce. Celui des deux qui obtient le divorce ^e fait restituer ou emporte la dot. Le divorce est toujours prononcé par un marabout.

Un homme et une femme divorcés peuvent contracter ensemble un nouveau mariage; mais la coutume vBut que la femme se soit, dans l'intervalle, remariée à un antre. Cette loi morale, qui sert de coutre-poids au divorce par consentement mutuel, est facilement éludée; en «f(et, }e mari charge un de ses amis de faire le tak avec la femme qu!il veut reprendre ; on y procède, et aussitôt la femme demande le divorce^ le prête-nom ayant acquiescé, la femme contracte un nouveau mariage avec soh: ancien mari.

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