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DfTers métiers des Maiires.
Il existe chez les Maures des ouvriers en métaux, des cordonniers et des griots.
Le nom des ouvriers en métaux, connus au Sénégal sous le nom de forgerons, est addatt.
Parmi ceux qui se livrent à cette industrie, il en est d'une habileté remarquable. Ils travaillent tour à tour le fer, l'acier, l'ôr et l'argent; ainsi, ils réparent les armes, font des poignards, des étriei-s, des mors, des haches, des chaînes et des chapelets. Ils passent du travail le plus grossier à des œuvres d'une délicatesse qui produit vraiment l'admiration quand on voit les instruments qu'ils emploient; certains ouvrages en filigrane témoignent de leur patience et de la délicatesse de leur touche.
liCs femmes de ces sortes d'artistes ont le monopole du travail des cuirs; de sorte que, chez les Maures, il n'existe en réalité que des cordonnières ; leur nom est addadiia : seules elles peuvent tanner,
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préparer et colorer les peaux, confecUonner les tapis assez précieux [tiougou) faits des dépouilles des moutons morts-nés, et ces intérieurs de cases {fa^ rowà) dont nous avons parlé.
Au lieu de psalmodier, comme les noirs, d'une voix plus ou moins enrouée par T alcool, des paroles dont le sens est très-difficile à saisir, leurs griots sont de véritables artistes: hommes (Jiiguwè) et femmes {yérékané) de cette caste composent, en improvisant et en s' accompagnant d'un violon, des chants rimes auxquels leurs compatriotes sont trèssensibles. .
On a vu des Maures tellement enthousiasmés par ces chants que, les yeux remplis de larmes.» ils se dépouillaient de leurs vêtements et ornements pour récompenser un talent qui les électrisàit.
Il est avéré qu'au moment de la bataille les chants des griots excitent et entretiennent l'ardeur des combattants ; certains traits d'audace n'ont souvent été déterminés que par l'espoir de voir un poëte prendre le fait et son auteur pour sujet de ses improvisations.
Quelques-uns de ces griots ont laissé, chez les Trarzas surtout, un nom célèbre ; ainsi Ely Ould Boîkay doué d'une belle voix, d'une riche imagination et d'un talent poétique réel, jouissait d'une considération universelle; il avait su acquérir une
liberté d'allures qui lui permettait de parcourir le pays et d'être bien reçu partout. Passionné pour son art, plein de dédain pour la politique, il ne se gênait pas pour venir, quoique attaché à Arnar Ould Moctar, dans le Walo, auprès de Mohamet Elikauri; celui-ci lui faisait des présents considérables.
Les griots mènent une vie heureuse ; leurs chants sont toujours libéralement rémunérés; vêtus d'habits magnifiques, chacun les caresse, et personne n'oserait les maltraiter.
Les princes eux-mêmes se piquent d'aimer et de cultiver la poésie ; c'est ainsi que Moctar, celui qui fut mis à mort au Sénégal, avait la réputation d'un poëte de talent. Lorsqu'il habitait Fàff avec son père, il composa plusieurs chants; un, entre autres, où il exprimait sa passion pour Boërika^ dont nous avons parlé, revenait souvent sur ses lèvres; il avait pour refrain ces deux vers que nous sommes forcé d'écrire avec l'orthographe française :
Li mashi gall Ely ould Boïka Kan y gueudre enfant fi Boërika»
toi qui pars, dis à Ely ould Boïka î
S^il le peut, qu'il m^aide auprès de Boërika.
Les individus des castes dont nous venons de
parler ne se marient qu'entre eux; ils sont toujours
considérés comme d'un rang subalterne. En effet, ils comptent tous parmi les tributaires; ainsi chaque famille de griots ou de forgerons vit en état de vasselage sous la protection d'un prince..
Les griots et les forgerons,ies premiers surtout, ne sont occupés qu'à voyager de tribu en tribu; la guerre n'arrête pas leur ardeur de pérégrination. Ils sont bien reçus partout : il est vrai qu'ils chantent avec le même entrain pour tous les partis... Les poètes ont l'imagination si riche!....
Les Maures comptent des^ hommes qui s'occupent de l'art degu^rir. La médecine n'est pas pour ceux-ci une profession habituelle ; mais celui qui a quelque réputation n'a guère en réalité le temps de s'occu* per d'autre chose, car les malades affluent autour de lui. Ils emploient des procédés et appliquent des formules qui se sont transmises de génération en génération. Quoiqu'ils ne pratiquent jamais d^opérations chirurgicales, on prétend qu'ils traitent les blessures avec succès.